mercredi 30 août 2017

La fille du van de Ludovic Ninet #RL2017

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Sonja, jeune femme à la chevelure rousse, fuit son passé militaire en Afghanistan et lutte contre ses cauchemars. Elle se déplace et dort dans un van. Tout en enchaînant des petits boulots, elle erre dans le sud de la France.
Échouée à Mèze, dans l’Hérault, elle rencontre Pierre, ancien champion olympique de saut à la perche, homme aux rêves brisés. Puis se lie d’amitié avec Sabine qui la fait embaucher dans un supermarché, et Abbes, fils de harki au casier judiciaire bien rempli.
Entre Mèze, Sète et Balaruc-les-Bains, sur les bords de l’étang de Thau, tous les quatre vont tenter, chacun et ensemble, de s’inventer de nouveaux horizons, un nouvel avenir.


La Fille du van est le  premier roman de Ludovic Ninet.




Mon petit mot


Un nouvel auteur à suivre!

Cela commence à un rythme d'enfer, à vous  couper la respiration tant vous voulez en savoir plus sur ces personnages plus que cabossés et surtout sur cette "fille du van" qui porte tant de douleur en elle.

De l'infirmière de retour d'Afghanistan à l'ancien médaillé olympique, les points communs ne semblent pas évident, et pourtant, ils sont aussi fragiles l'un que l'autre.

J'ai beaucoup pensé au spectacle  CLOUÉE AU SOL 
vu à Avignon cet été, qui explorait d'une autre manière les répercussions d'une guerre sur une militaire.
Ludovic Ninet sait faire ressentir les angoisses, les cauchemars, le gouffre qui s'est ouvert d'une façon marquante. Point de pathos, mais une grande force d'écriture qui ne s’embarrasse pas de fioritures et va droit au but.

Et puis ces personnages se croisent, s'apprivoisent, prennent des décisions qui ne seraient pas forcément celles que l'on aurait souhaité pour eux et l'on referme le livre en sachant qu'ils ne vont pas s'évanouir si tôt de notre mémoire.    



mardi 29 août 2017

Vienne Le Belvédère, Klimt

 Un musée qui mérite une bonne demi-journée de visite (uniquement pour le belvédère supérieur!)
Construit au début du XVIIIème siècle, le palais du Belvédère est l'un des plus grands palais baroques de Vienne.
La partie surélevée au-dessus du jardin à la française est le Belvédère supérieur, destiné à l’époque aux réceptions.











Il abrite aujourd’hui une superbe collection d’art autrichien, avec les œuvres phares de Gustav Klimt parmi lesquelles "le Baiser" et "Judith".



Mais on découvre aussi d'autres tableaux moins connus du peintre, habile à saisir la psychologie de ses modèles, ainsi, le portrait de Sonja Knips, dont le frère est mort d'une chute causée par le cheval qu'elle lui avait offert, représenté par le peintre dans l'ombre de la peinture, à gauche. 


sa période de portraits quasi photographiques
Frauenbildnis, 1893
Ou beaucoup plus sombre:  Mutter mit zwei Kindern (Familie)

 les « têtes de caractère » de Franz Xaver Messerschmidt
 
La collection de peinture est également très riche, de quoi par exemple s'intéresser à l'industrie du châle viennois, présent dans de nombreux tableaux.

Ainsi: Rudolf von Arthaber, riche marchand qui lança la mode du châle de Vienne, dont on voit un exemple sur le sofa. Veuf, il est représenté avec ses enfants, regardant un médaillon de leur mère défunte, également représentée sur le portrait au mur.

Un châle que l'on retrouve dans la Familie Fries, vers 1805 par François Pascal Simon Gérard

 Le petit clin d'oeil "lectrices dans l'art"!

Châle présent également dans le tableau Le prince Esterházy avec sa femme et sa fille de Ferdinand Georg Waldmüller en 1835


1832 La baronne Marie Freifrau von Vesque-Püttlingen par Friedrich Amerling
 Josef Danhauser, La partie d'échecs, 1839,mérite une attention toute particulière, j'y reviendrai!

Le cuisinier, Monet, 1882
Anton Romako, L'impératrice Elisabeth (1883)


Rudolf von Arthaber et ses enfants Emilie et Gustav– Friedrich Von Amerling – 1837

le tout dans des salles superbes!


Vues sur Vienne depuis les étages





Le Belvédère inférieur est l’ancienne résidence du prince Eugène de Savoie

dimanche 27 août 2017

La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens #RL2017

Stock

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien  connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette  à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou
Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son  âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà  un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les  années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris,
et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un  rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a  été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur  en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait  un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous  gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa  famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou  des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »



Mon petit mot

 Quelle bonne idée que ce livre!
Cette sculpture, je fais partie des nombreux à l'avoir regardée au musée d'Orsay, attirée par ce curieux mélange de vêtements, de sculpture... mais comme beaucoup aussi j'imagine, sans m'être questionnée sur l'identité de la jeune fille qui avait servi de modèle à Degas.


 Camille Laurens a mené l'enquête pour retrouver sa trace et retracer le double parcours du sculpteur et de la danseuse, au destin tout sauf rose.

Elle nous plonge dans le quotidien des petits rats de l'opéra, des mères, des protecteurs, des conditions de travail des enfants, de la frontière bien mince avec la prostitution.
Ce quotidien de labeur et de douleur que Degas sait montrer, loin des paillettes et des rêves des étoiles de la scène.
Et dans la grande histoire, il y a Marie Geneviève van Goethem et sa famille. 

On s'attache à cette danseuse qui ne deviendra pas étoile, on prend parfois en grippe Degas qui semble peu se soucier de l'avenir de celle qui fut renvoyée de l'opéra, sans doute à cause de son activité de modèle. 
On s'interroge également sur le pourquoi de cette création qui a suscité bien des critiques. Pourquoi la cire, pourquoi ce visage (des pages très intéressantes sur les physionomistes), pourquoi cette attitude, pourquoi cet enlaidissement peut-être ... pas de réponse fermée, mais une chose est sûre, une sculpture que j'irai revoir et que je regarderai d'un oeil beaucoup plus attentif!

Et puis l'on a envie de compléter la lecture par des recherches d'autres images, d'autres oeuvres de Degas qui auraient eu également Marie comme modèle en particulier L'écolière: 



 Une petite danseuse qui n'a pas fini de questionner et de fasciner... 
Marilyn Monroe


 Bref, une lecture que j'ai beaucoup appréciée! 





 

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