samedi 31 octobre 2015

exposition Sienne, aux origines de la Renaissance

une exposition vue au musée des Beaux-Arts de Rouen cet été, et dont je n'avais pas encore eu l'occasion de parler, ce mois italien est le bienvenu pour ne pousser à rédiger cet article!

J'avais de grandes attentes avant cette expo, je n'avais pu passer qu'une demi-journée à Sienne lors de mon séjour en Toscane, j'avais été charmée par cette ville et son patrimoine, et frustrée de ne pas avoir pu en voir plus, attentes comblées!


Une exposition très riche, de nombreuses peintures provenant de la pinacothèque nationale de Sienne que je n'avais pas pu visiter, et une reconstitution de la fameuse fresque du bon et du mauvais gouvernement du  palais communal.

Le Mauvais Gouvernement est dominé par la vanité, l’orgueil et l’avarice. Le Bon Gouvernement met en valeur les principes de  bienveillance, d’équilibre et de justice.

Les symboles foisonnent,  tout comme les détails de l'architecture de la ville ou de la campagne environnante, ou encore des costumes des personnages, une richesse passionnante à explorer!




De Duccio, à Simone Martini ou les frères Lorenzetti , une belle leçon d'histoire de l'art : l'évolution des techniques, des thèmes, les relations avec les autres villes (la rivalité avec Florence), des parallèles avec l'histoire de la ville de Rouen à la même époque, une exposition très bien construite, et très complète.

 La reconstitution de la fresque


Pour rester avec le même peintre :
Vierge à l'enfant - Ambroggio Lorenzetti : une oeuvre de transitions, le fond doré la rattache à une représentation symbolique et à la tradition byzantine, mais l'artiste insiste sur le lien affectif entre la mère et l'enfant. C'est aussi une des premières utilisations du chardonneret comme symbole de la passion.


Et en dehors de cette exposition temporaire, le Musée des Beaux-arts de Rouen propose une collection permanente très variée, un musée passionnant!




Voilà qui conclut le mois italien, il fut, grâce aux nombreux participants d'une richesse et d'une variété que je n'imaginais pas, un grand merci à tous, de nombreuses nouvelles envies de lectures et de voyage sont nées...

Bilan à venir, ainsi que le résultat du concours!

Et le voyage ne s'arrête pas puisque le challenge il viaggio reprend le relai, avec en prime un thème mensuel, les trois prochains sont déjà définis, si vous avez des idées pour les suivants, n'hésitez pas!

- novembre : Venise
- décembre : l'antiquité
- janvier : l'Italie contemporaine.

A vos lectures, vos recettes, vos films et vos récits de voyages! 


vendredi 30 octobre 2015

Florence, Portraits à la cour des Médicis. Bronzino, Salviati, Pontormo Musée Jacquemart-André


Présentation du musée
Au XVIe siècle, l’art du portrait devient de plus en plus répandu parmi les élites florentines qui trouvent là un moyen de porter les traits de leur visage et leur statut social à la postérité. Ils recourent pour cela à des figures littéraires telles que Pétrarque, à des références musicales ou à une mise en scène riche en symboles pour décrire la vie du modèle, sous ses multiples facettes.
Outre la présentation des chefs-d’œuvre de Pontormo, élève d’Andrea del Sarto et maître du maniérisme, ce sera l’occasion d’apprécier les traits raffinés et gracieux, typiques des portraits de Bronzino ou ceux de Salviati témoignant d’un sens achevé de la sophistication.
De grands peintres tels que Rosso Fiorentino, Andrea del Sarto, Alessandro Allori, Francesco Salviati, Pontormo et Bronzino, seront les figures emblématiques de cette histoire du portrait à travers une quarantaine de peintures.
http://florence-portraits.com/


Mon petit mot

Une escapade à Paris en cette fin octobre... le prétexte du mois italien était idéal pour aller voir cette (petite, je m'attendais à plus, mais elle n'en reste pas moins très intéressante)  exposition présentée en plusieurs sections :
- tout d'abord  les portraits "officiels", sévères, des hommes de guerre, des condottieres en armes... mais où l'arrière plan se révèle parfois tout aussi passionnant que le modèle :

Détails de l'arrière plan du tableau : la ville de Florence
 Portrait d Alexandre de Médicis devant la ville de Florence. Giorgio Vasari

On passe ensuite au portrait de cour, monde du luxe, de l’élégance, des étoffes précieuses et bijoux délicats, avec Bronzino en particulier.


Portrait d'une dame en rouge Bronzino vers 1525-1530
avec un épagneul adorable!

D'autres chiens, qui font partie des codes de la noblesse,
Michele Tosini, Portrait d'un homme au chien


On continue avec des portraits qui mettent en avant la poésie et la musique : 

Portrait d’une jeune femme au recueil de Pétrarque par Andrea del Sarto , vers 1528, avec des sonnets extraits du célèbre recueil du Canzoniere de Pétrarque, dédié à son amour intemporel pour sa bien-aimée, Laure.

Un texte que l'on retrouve dans un autre portrait : 

 réalisé par Bronzino, qui représente Laura Battiferri, présentée avec un profil à la Dante.
Encouragée et conseillée par Benedetto Varchi, elle écrit une première œuvre, un recueil de poèmes publié en 1560 et intitulé Le Premier Livre des œuvres toscanes (Il primo libro delle opere toscane), s'inscrivant dans le pétrarquisme. Cette publication lui ouvre la porte de l'Accademia degli Intronati de Sienne. Ses poèmes sont largement diffusés en Italie et à l'étranger. Ses œuvres sont notamment traduites en espagnol et bien accueillies à la cour d'Espagne. En 1564, elle transpose en vers les psaumes pénitentiels.
Ne pas oublier de visionner le très intéressant film qui complète l'expo autour des mains dans ces portraits... passionnant! Entre les doigts en escalier ou leur longueur, comment reconnaître un artiste à partir des mains de ces tableaux!

on peut le voir aussi ici

D'autres oeuvres remarquables de cette exposition :

Portrait de Marie de Médicis

Santi di Tito 1600
Portrait de propagande à la gloire des Médicis,  réalisé entre la signature du contrat de mariage en 1600 avec Henri IV et la célébration des noces. Ce portrait d’apparat se devait donc d’afficher l’envergure princière de la cour des Médicis, tout en confirmant la stature de reine de la jeune femme : un somptueux costumes, des fleurs de lys, des œillets, référence explicite au mariage, des grenades mûres, symbole de fécondité, la nouvelle reine de France ayant pour mission principale d’assurer une descendance au souverain français.

 Portrait d’Eléonore de Tolède par Bronzino / 1560



L'épouse de Cosme Ier de Médicis contribue à introduire le raffinement de la cour espagnole à Florence.
Vêtements et bijoux somptueux... une richesse du détail ! 


Dans le cadre du




jeudi 29 octobre 2015

Frédéric - Leo Lionni

Place à la littérature de jeunesse italienne aujourd'hui et à un auteur que j'apprécie beaucoup : Léo Lionni.

Vous connaissez sans doute son Petit-Bleu et Petit-Jaune, mais il est l'auteur de bien autre titre, dont certains, tels Frédéric (mais je pense aussi à Théodore et le champignon parlant ou encore Tillie et le mur ou Le Rêve d'Albert  ) ont une vraie portée philosophique et peuvent être des supports de discussions passionnantes avec les petits... ou les grands!


Pendant que les autres mulots font provision de maïs et de noisettes pour l'hiver, Frédéric, lui, fait provision de soleil, de couleurs et de mots.

La différence.
L'importance des mots. La poésie.
L'imagination, la création. 

Une belle histoire pour déculpabiliser tous les rêveurs...
Nous voici dans une fable bien différente de "La Cigale et la fourmi", une société qui a besoin de tous, de nourritures terrestres et spirituelles.

Et nous aussi, n'oublions pas de faire provisions de bonheur...

Federico dans le texte italien...

 une bonne façon de lire en VO, sans trop peiner!




 

mardi 27 octobre 2015

L'Art de la joie de Goliarda Sapienza

ed V. Hamy 2005 Traducteur : Nathalie Castagné

Il était une fois une enfant, Modesta, née le 1er janvier 1900, dans un monde frustre et rapidement englouti... Non, L'Art de la joie résiste à toute présentation. Roman d'apprentissage, il foisonne d'une multitude de vies. Roman des sens et de la sensualité, il ressuscite les élans politiques qui ont crevé le XXe siècle. Ancré dans une Sicile à la fois sombre et solaire, il se tend vers l'horizon des mers et des grandes villes européennes... " 

Pourquoi faut-il lire ce livre ? Parce qu'il est un hymne à la joie. A la joie la plus simple qui soit, celle qui émane de la conscience et de l'acceptation sereine de sa propre existence et de celle des autres, personnes et choses, sans lesquelles le bonheur serait absolument impossible.
 Le XXe siècle, époque de tragédies horribles et d'esprits brillantissimes, se révèle sous un angle différent et les événements qui le caractérisent - guerres et révolutions, sciences et techniques, art et philosophie - portent les stigmates d'une seule femme, Modesta, qui assume les espoirs et la volonté de toutes les autres. " Luca Orsenigo, Corriere della sera.



Mon petit mot

Enfin lu!
Il fallait bien le challenge du mois italien pour me pousser à sortir enfin ce gros pavé de ma PAL!

A travers la vie de cette Modesta, née le 1er janvier 1900, c'est l’histoire d'un siècle de mutations, de bouleversements, de guerres, d'émancipations des femmes, de conflits de classes sociales, de la naissance du socialisme, de la conquête des libertés...  qui nous est contée.
Et elle est riche cette histoire de la Sicile!

De Catane à l'ombre du "continent", de la masure du village aux palais, de la prison au bord de mer, un livre foisonnant!
Et je l'avoue, face à tant de thèmes et de personnages, j'ai eu parfois des moments de décrochages.

Le début m'a beaucoup plu, cette enfance tragique, les drames, puis le couvent, son entrée "dans le monde", son parcours pour arriver jusqu'au mariage, ses rencontres, son machiavélisme parfois,  la découverte de la sexualité, la place de la femme, son éducation...  un roman d'apprentissage passionnant, j'étais totalement conquise par le sujet et par l'écriture.

J'ai eu ensuite quelques passages à vide, mais je ne regrette pas de l'avoir enfin lu, un superbe personnage à découvrir.. l'art de la Liberté... sociale, intellectuelle, sexuelle... de quoi en effet provoquer des remous à l'époque de sa publication!





Dans le cadre des challenges







dimanche 25 octobre 2015

La locandiera Carlo Goldoni

Dans l'Italie du XVIIIe siècle, la jolie Mirandoline séduit par sa joie de vivre tous les voyageurs qui s'arrêtent dans son auberge - tous, sauf le sombre Chevalier de Ripafratta qui semble indifférent à ses charmes. Mais Mirandoline n'a pas dit son dernier mot...
 Elle fut jouée pour la première fois en janvier 1753.


Mon petit mot

Aujourd'hui, pour le mois italien, c'est théâtre!

  Une comédie au premier abord, de l'humour, de la vivacité, je n'ai jamais vu cette pièce sur scène, mais on imagine aisément une Mirandoline virevoltante dans ce petit monde d'hommes de l'auberge de Florence.

De caricatures en rebondissements, de clichés en mensonges, avec des personnages tous aussi fourbes les uns que les autres, on passe un bon moment! 

Et puis il y a l'arrière plan, la misogynie, les rapports hommes - femmes et entre classes sociales.
Conflit entre la passion et la raison, les désirs et la réalité, les plaisirs et la sécurité.

Une leçon de morale destinée aux hommes contre les dangers des terribles séductrices qui rôdent?
Une femme peut elle vivre seule, s'assurer une liberté économique et sociale?
Émancipation, autonomie...  le dénouement (et un traitement des personnages féminins pas toujours à leur avantage) montre que le chemin était encore long.
comme souvent au théâtre, plusieurs niveaux de lecture possibles! 








vendredi 23 octobre 2015

Plus haut que la mer Francesca Melandri

Trad. de l'italien par Danièle Valin
Gallimard
Parution : 05-02-2015

Dans le cadre du




mercredi 21 octobre 2015

Où étiez-vous tous Paolo Di Paolo

Belfond, septembre 2015

Lauréat du prix Mondello et du Superpremio Vittorini, un roman de formation, plein de légèreté et de sérieux, de fraîcheur et de maturité, assorti d'une radiographie des années Berlusconi, vues à travers les yeux d'un étudiant italien.
Un jour, l'adolescence prenait fin. Nous ne nous étions pas réveillés vieux ; moins impétueux, pourtant. Et d'accord, c'est normal. Mais nous étions aussi quelque peu défaitistes. Nous avions fait l'amour, passé des examens, laissé derrière nous quelques ambitions démesurées et stupides. Les choses pouvaient s'en aller, légères ou désespérées. On n'avait pas le temps de s'apercevoir (une minute de concentration aurait suffi) qu'en réalité nous n'avions jamais cru en rien. Jamais jusqu'au bout. Ne pas avoir expérimenté l'aveuglement pur et violent de l'idéologie avait-il été une bonne chose ? Peut-être.
Où étions-nous tous ? Quand avons-nous renoncé ?
Recenser, compiler, archiver coupures de journaux, photographies, souvenirs de famille ; retenir le temps ; figer les belles choses avant qu'elles disparaissent ; vivre, aimer, être soi-même.
Et, qui sait, participer à la marche du monde.

Mon petit mot 

Paolo di Paolo nous entraîne au coeur de l'Italie de Berlusconi, par le regard d'un jeune homme qui souhaite faire une thèse sur le sujet, autour des années zéro (2000, 2001...) et peine à trouver un professeur.



Sa famille est en proie à de nombreux bouleversements, entre son père, ancien professeur accusé d'avoir volontairement renversé un élève, les amours de sa soeur, les siens peu glorieux, les tensions entre ses parents, la fin de vie du grand-père... des questions d'héritages intellectuels, de transmission...
 Bref, à travers ses trois générations, et une petite histoire familiale, c'est un peu de l'histoire générale de l'Italie qui nous est racontée... et comment la Grande Histoire interfère dans les vies de chacun.

Je l'avoue, j'ai trouvé certaines parties un peu longues, et je referme ce roman avec un avis assez mitigé. Il m'a manqué un  petit quelque chose pour accrocher vraiment.
A vous de vous faire votre opinion! 





Un livre lu grâce à l'opération Dialogues croisés, dans le cadre des

RL2015



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