lundi 28 septembre 2015

Jean-Yves Ossonce quitte l'opéra de Tours

 Une bien belle page se tourne à l'opéra de Tours, avec la démission de Jean-Yves Ossonce.
Après le départ contraint de Gilles Bouillon du CDRT il y a une grosse année, le paysage culturel de la ville continue son renouvellement...

Je garderai d'excellents souvenirs de ces années, c'est grâce à cet orchestre que j'ai découvert et aimé l'opéra, c'est grâce aux journées portes-ouvertes que j'en ai appris, année après année, un peu plus sur le monde des coulisses et de l’artisanat autour de ses grosses productions, des moments d'émotions, des rires, il en restera beaucoup en mémoire...



Article Nouvelle république

Le directeur de l'opéra de Tours, Jean-Yves Ossonce, a annoncé son intention de quitter ses fonctions à la fin de la saison 2015-2016. Une décision mûrement réfléchie.
La lettre date du 25 septembre. La décision, elle, doit remonter à plus longtemps. Dans ce courrier, Jean-Yves Ossonce, le directeur du Grand Théâtre de Tours, annonce son intention de quitter ses fonctions :
"J'ai proposé, à Monsieur le maire de Tours, de le faire à l'issue de cette saison 2015-2016, afin de ménager aux autorités compétentes un temps suffisant pour la recherche puis la nomination d'un successeur, sans mettre en péril la bonne marche de l'établissement et de sa programmation dans les mois à venir."
Jean-Yves Ossonce assure depuis seize ans la direction du Grand Théâtre lyrique et symphonique et depuis vingt ans la direction de l'orchestre symphonique Tours Centre Val de Loire. Le grand musicien et découvreur de talents qu'est Jean-Yves Ossonce a tenu, dans sa lettre, à remercier "l'ensemble des personnels du Grand Théâtre" et il "mesure l'ampleur du travail accompli durant toutes ces années. Grâce à ce travail, cet enthousiasme, la place de l'établissement a évolué, tant localement que nationalement, dans un contexte budgétaire toujours contraint (...)"

Depuis plusieurs mois, j'ai eu l'intuition puis la certitude personnelle que la Ville (de Tours) souhaitait finalement, sans toutefois l'exprimer vraiment de manière claire, définir de nouvelles orientations", a-t-il écrit. Cela, remarque-t-il, "est d'ailleurs tout à fait légitime pour des élus, a fortiori pour une nouvelle équipe", issue des dernières élections municipales gagnées par la liste conduite par Serge Babary (LR) face au maire socialiste sortant Jean Germain.

"En toute honnêteté, je ne pense pas être la personne adéquate pour piloter cette nouvelle période", fait valoir M. Ossonce en soulignant que "personne ne (lui) a demandé de partir".

Il a proposé de ne quitter ses fonctions qu'à l'issue de la saison 2015/2016 "afin de ménager aux autorités compétentes un temps suffisant pour la recherche puis la nomination d'un successeur, sans mettre en péril la bonne marche de l'établissement et de sa programmation dans les mois à venir".

Changer d'air de Marion Guillot

éditions de Minuit

Un incident survenu le jour de la rentrée des classes conduit Paul à quitter son poste de professeur, Aude – qu'il aime beaucoup –, et leurs deux enfants.
 C'est l'occasion pour lui de changer d'air, de revoir Rodolphe, de rencontrer Simon, aussi. D'acheter un poisson rouge, pour son nouvel appartement. C'est essayer de tout recommencer.





Mon petit mot

Un événement, apparemment anodin,  un matin de rentrée et tout bascule.

Rupture professionnelle et familiale, le héros envoie tout balader, métier, femme  et enfants,  et se retrouve à s'installer seul dans un petit appartement...
C'est cette installation qui nous est ici racontée, de la baignoire au bar de la cuisine, à l'arrivée du poisson rouge.. et à sa disparition tragique...!

Bref, on rit, en assistant à la mue et aux remises en question de Paul,  une tentation que l'on a peut-être tous eu un jour ou l'autre, faire le grand saut, repartir à zéro... mais voilà que la concrétisation n'est pas simple... et au fil de son questionnement, de ses errances, de sa solitude, on réfléchit aussi à nos propres choix.
Je n'ai pas éprouvé beaucoup d'empathie pour le personnage, je suis restée en dehors, comme à regarder ce fameux poisson rouge tourner dans son bocal...
C'est léger, absurde parfois, mais cela met en valeur quelques travers du quotidien et de notre société.



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samedi 26 septembre 2015

Petits plats de résistance de Pascale Pujol

Au coeur de Montmartre, une foule de personnages poursuivent des objectifs très personnels à coups de petites magouilles, de manipulations, d'esbroufe et d'une bonne dose de mauvaise foi...

Tout tient au ventre, chez l'homme, chacun le sait. Dis-moi ce que tu mitonnes je te dirai ce que tu mijotes, confie-moi ce que tu goûtes, je te dirai quoi tu guignes. C'est forte de pareilles maximes que Pascale Pujol nous convie à la dégustation de ses Petits plats de résistance, un premier roman à la carte en forme de comédie urbaine tressautante, de pochade érotique et de sociodrame papillaire où chaque chapitre est mis sous l'invocation d'un plat ou d'une denrée.



Mon petit mot

Que de personnages dans cette histoire!
Si l'ensemble du récit m'a plu et m'a souvent fait sourire, je me suis parfois un peu perdue, ou ai déploré que certains personnages soient finalement peu présents, bref, peut-être qu'une petite réduction de la sauce aurait pu lui faire gagner encore en saveur!

Nous avons donc une employée de Pôle-Emploi (où l'envers du décor se révèle assez comique) qui rêve de monter son restaurant, et autour d'elle, une multitude de personnages plus ou moins excentriques, d'une ado surdouée à des chômeurs en passant par un groupe de presse ou un tribunal, j'en passe et des meilleurs, qui permettent de toucher à une multitude de thèmes au fil de leurs interactions, et qui m'ont offert un agréable moment de détente entre deux lectures plus denses. 

A travers cette galerie de portraits, et sous le couvert du rire, pas mal de petits (ou gros) travers de notre société se trouvent épinglés, la dénonciation n'est jamais loin derrière la farce! 


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jeudi 24 septembre 2015

L'empire en héritage Serge Hayat

24 septembre 2015
Allary Eds

  Et si François, fils de Napoléon Ier, petit-fils de l’empereur d’Autriche, s’était affranchi de la tutelle de sa famille pour essayer de conquérir le trône de France ?
Dans ce grand roman d’aventures, l’Aiglon entreprend un voyage initiatique imaginaire. Il s’enfuit de sa prison dorée de Vienne et gagne Paris. Malgré sa mère Marie-Louise, son cousin Napoléon III, Talleyrand, Metternich et d’innombrables courtisans et séductrices, l’adolescent se bat pour donner un sens à sa vie.
Avec une écriture très cinématographique, servie par une restitution minutieuse du contexte historique, Serge Hayat invente un destin trépidant au plus célèbre des héritiers, et transforme la quête du père en épopée.

Mon petit mot

Un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire!

Et si l'on refaisait l'histoire?

Ce roman  historique , véritable page-turner, nous entraîne de Vienne à Paris et Sainte-Hélène, et de rebondissements en manipulations, pas de temps mort!

J'aurais peut-être aimé une annexe à ce roman, qui mette en parallèle vérité historique et part romanesque ici, j'avoue que mes connaissances sur l'Aiglon s’arrêtent essentiellement à Edmond Rostand et  Sarah Bernhardt et à une superbe représentation avec Carine Séchaye dans le rôle titre :pour le reste, cette lecture m'a entrainé vers des recherches complémentaires pour en savoir plus sur le véritable destin tragique de ce personnage.

Et si l'Aiglon était parti sur les traces de son père?

Une quête passionnante, des personnages hauts en couleur, un roman historique aux allures de voyage initiatique pour ce jeune homme qui cherche sa place, et à l'entourage pas toujours très sympathique.

De trahisons en revirements, d'espoirs déçus en changements de lignes de mire, on s'attache au personnage... et l'on aurait presque aimé que la vérité se rapproche du roman...

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mardi 22 septembre 2015

Camille, mon envolée Sophie Daull

éditions Philippe Rey
Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.

Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.

Loin d’être l’épanchement d’une mère endeuillée ou un mausolée – puisque l’humour n’y perd pas ses droits –, ce texte est le roman d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie : « la fabrication d’un belvédère d’où Camille et moi pouvons encore,
radieuses, contempler le monde ».

 Mon petit mot

Voilà un livre que je n'aurais peut-être pas eu la force d'ouvrir sans le projet "68 premières fois".
La perte d'un enfant. Quoi de plus terrible?

Alors j'y suis allée par toutes petites touches, par peur d'être submergée, quelques pages à la fois, tout doucement... et puis Camille m'a happée... et j'ai finalement lu d'une traite les derniers chapitres.

Sophie Daull a merveilleusement réussi. Camille est là, avec nous, elle m'a accompagnée pendant toutes les journées sur lesquelles j'ai étalé cette lecture... et elle a même réussi à me faire rire parfois...
Si, si, entre les absurdités de l'après, des pompes funèbres, il y a des rires jaunes, mais il y en a des vrais aussi.
Des réactions de l'entourage aux préparatifs de la cérémonie funéraire, en pleine période de fêtes de fin d'année,  jamais larmoyant, le ton trouvé est juste.

De l'amour, de la vie, un bel hommage à cette jeune fille partie bien trop tôt, et un vrai talent d'écriture.
Un travail de deuil et de mémoire qui passe par les mots, une écriture thérapeutique, mais tournée vers les autres.
Écrire. Continuer à vivre. Ne pas oublier. 
Je connaissais la Sophie Daull comédienne, je n'oublierai pas ce texte, et je n'oublierai pas Camille.

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dimanche 20 septembre 2015

Mademoiselle Julie de August Strindberg

écrite en 1888
La raison du plus fort, l'emprise du vulgaire sur l'esprit supérieur est un thème cher à Strindberg. À cette proposition récurrente, l'auteur ajoute bien souvent un drame de l'amour. Une passion qui lie deux êtres en tous points différents, l'un animé de nobles valeurs, l'autre dénué de tout scrupule, et qui donnent naissance à une liaison contre-nature. 
Avec un espoir mêlé de crédulité, Mademoiselle Julie se laisse prendre dans les filets de l'amour. Une fois conquise et sans défense, le piège se referme. Elle s'est donnée à son valet de chambre, Jean, qui, profitant de l'ascendant qu'il exerce désormais sur elle, la pousse à voler son père pour assouvir ses viles ambitions. Un fait divers somme toute banal s'il n'y avait cette noirceur tragique qui s'amplifie et qui opère comme une spirale d'où l'on ne réchappe pas. 
Reconnue comme l'une des plus grandes pièces de Strindberg, Mademoiselle Julie est un drame où toute la dimension ténébreuse et pessimiste de l'auteur suédois s'exprime magistralement.
Traduit du suédois par Terje Sinding

 Mon petit mot 

Après Claudel en août, je continue à m’atteler à des auteurs qui me faisaient un peu "peur"!

Une pièce aux confrontations multiples, entre hommes et femmes, entre classes sociales, entre conceptions de la vie et de valeur, rapport à la religion, entre éducation et idée faite de la condition de la femme...

Ce qui a pu faire scandale à sa création (on y parle de règles par exemple, ou encore de mixture destinée à provoquer un avortement chez une chienne), ne choque certes plus guère aujourd'hui, mais la violence et le cynisme de certaines répliques continuent de faire mouche! 

Et reste tout particulièrement le personnage "noir" du valet manipulateur, ambivalent, ambitieux, monstrueux.
Orgueil, séduction, domination, répulsion, la fin sera tragique, pas d'issue possible...il est dangereux de jouer avec le feu.



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vendredi 18 septembre 2015

La petite femelle Philippe JAENADA

Julliard
 Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beauté ravageuse dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands, a été tondue, avant d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n'est-elle, au contraire, qu'une jeune fille libre qui revendique avant l'heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ? Personne n'a jamais voulu écouter ce qu'elle avait à dire, elle que les soubresauts de l'Histoire ont pourtant broyée sans pitié.
Telle une enquête policière, La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à Pauline Dubuisson en éclairant sa personnalité d'un nouveau jour. À son sujet, il a tout lu, tout écouté, soulevé toutes les pierres. Il nous livre ici un roman minutieux et passionnant, auquel, avec un sens de l'équilibre digne des meilleurs funambules, il parvient à greffer son humour irrésistible, son inimitable autodérision et ses cascades de digressions. Un récit palpitant, qui défie toutes les règles romanesques.


 Mon petit mot

Après de nombreux livres très courts (cela semblait la règle de cette rentrée littéraire, 100/120 pages maxi!), un pavé!
Et une belle réussite de l'auteur, l'attention n'a pas décroché, de l'humour, des petites anecdotes sur la vie de l'auteur, et une plume alerte, de quoi relancer l'intérêt sans cesse pour le destin tragique de Pauline Dubuisson. 

Un personnage qui a déjà fait couler beaucoup d'encre (P. Jaenada revient d'ailleurs sur les ouvrages de ces prédécesseurs) , parfois à charge, parfois dans une tonalité totalement romanesque, l'idée ici est de se rapprocher de la vérité, de croiser les témoignages et de réhabiliter un peu la mémoire de la jeune femme. Une phrase modifiée par ci, un événement tronqué, un témoin oublié... il en faut peu pour que le procès tourne au lynchage.

On en vient à éprouver beaucoup de sympathie (trop?) pour la meurtrière, à expliquer, à comprendre son geste par les tragédies qu'elle a déjà vécu, son milieu familial, son éducation, la façon dont elle a traversé la guerre... et l'acharnement de certains contre elles renforcent la sympathie que l'on éprouve pour elle. On la plaint, on regrette qu'elle ne soit pas née plus tard, dans une société où la place des femmes serait différente.

Les rouages de la justice, les journalistes, le procès, la détention,  l'impossible vie après la prison, les réactions de l'entourage... un monde qui fait assez froid dans le dos et dans lequel il y a bien peu de place pour une deuxième chance une fois la peine purgée. 

En tout cas, c'est un très beau portrait de femme, contextualisé, et qui ne laisse pas insensible. 





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mercredi 16 septembre 2015

Broken de Karin Slaughter


traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bernard Ferry

Le corps d'une jeune femme assassinée de manière atroce est découvert dans un lac du Comté de Grant.
Quelques heures plus tard, Tommy Braham, l'assassin présumé, un attardé mental, est arrêté après avoir grièvement un policier lancé à ses trousses. Incarcéré, il passe aux aveux et se suicide dans sa cellule. Sur les murs, son ultime message, comme un appel au secours : « Pas moi ».

Sara Linton, l'ancien médecin légiste du Comté de Grant, retourne pour la première fois dans la ville où son mari policier a été tué. Rongée par la culpabilité car Tommy a été l'un de ses patients, Sara se lance dans une enquête désespérée, persuadée que les enquêteurs locaux cachent la vérité.
Elle demande l'aide de Will Trent, l'agent fédéral du Georgia Bureau of Investigation : les deux enquêteurs vont devoir se confronter à des policiers corrompus et impitoyables.
Ainsi qu'à un redoutable tueur...

Avec Broken, Karin Slaughter nous plonge au cœur d'un thriller psychologique et d'un univers d'une noirceur absolue, où tous les personnages vont devoir affronter leurs propres démons.
Mon petit mot

Je continue mes participations au mois américain sous l'angle des thrillers!
Une sortie de PAL pour celui-ci, pour une auteur que je découvrais.

On entre très vite dans l'intrigue, des personnages complexes, attachants, que je découvrais donc, et même s'il y a d'autres livres plus anciens les mettant en scène, cela n'a pas gêné ma compréhension de prendre la série en route.

J'ai ressenti une petite baisse de régime en cours de route, mais globalement, l'avis reste positif.
Une intrigue à plusieurs niveaux,  des rebondissements qui relancent l'attention, des vieilles histoires qui ressortent, des rapports complexes entre les enquêteurs...  l'ensemble est bien ficelé.
Bref, pas "THE" thriller de l'année, mais un spécimen efficace!



 une deuxième participation au mois américain








lundi 14 septembre 2015

Ressources inhumaines - Frédéric Viguier

Éditions Albin Michel.
« La vie d’un hypermarché bat au rythme de l’humanité manipulée. Et cela fait vingt ans qu’elle participe à cette manipulation. »
Elle attend et n’exige rien du destin. Elle laisse glisser les heures, elle ne participe pas, elle est là, peu influente, jamais déterminante et sans rancune. Elle est en parallèle, attentive, mais pas impliquée.
« Elle », c’est cette jeune femme de 22 ans qui entre comme stagiaire au rayon textile d’un hypermarché, pour y devenir très vite chef de secteur. C’est cette « femme sans qualité » dénuée d’ambition, qui cherche juste à combler le vide abyssal de sa vie. En acquérant un statut, elle quitte les rives de son existence banale pour faire enfin partie d’un monde. Celui de la grande distribution.
Univers absurde, construit sur le vide et les faux-semblants.
Frédéric Viguier signe un premier roman implacable, glaçant et dérangeant sur l’inhumanité de l’entreprise et l’indifférence ambitieuse. Au vide moral, affectif et intellectuel de son
héroïne, il répond d’une écriture sèche et minimaliste. D’une lucidité cruelle mais sans cynisme, Ressources inhumaines donne à voir avec subtilité et intelligence les mécanismes de notre société de consommation.


Mon petit mot

Ou... vous ne ferez plus vos courses de la même façon!
Une plongée dans l'univers implacable de la grande distribution, mais ces rapports de force, de pouvoir, peuvent être transposés à n'importe quelle autre entreprise.

 Une micro-société assez terrible, écraser l'autre pour conserver sa place, se méfier de tout le monde, tenter de s'élever par tous les moyens vers les sphères du pouvoir... Le titre du roman est d'ailleurs particulièrement bien trouvé.

Et au milieu de tout cela une curieuse héroïne, un mal être profond , dont nous suivons l'ensemble de la vie professionnelle.
En fin de chaque chapitre, quelques lignes, comme issues de son propre journal intime. Ce sont ces passages qui m'ont le plus touchée. La solitude, l'absence d'enfant, le rapport à ses parents, des pans de vie, de questionnements se dévoilent peu à peu...

Le travail, si destructeur qu'il puisse être, est toute sa vie. Un vide immense autour.
Un monde assez glaçant, et hélas si réel.



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samedi 12 septembre 2015

La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra

Julliard

" Longtemps j'ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J'étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd'hui, je n'ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l'Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l'on n'est que ce que les autres voudraient que l'on soit. "
Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d'un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine 


Mon petit mot

C'est avec ce livre que je découvre (enfin!) cet auteur.

Yasmina Khadra nous propose ici un roman à la fois intéressant historiquement (je l'avoue, je ne suis pas très calée sur les tenants et aboutissants des conflits en Lybie, ni sur Kadhafi,  j'en ai appris plus ici qu'au JT quotidien ! ) et psychologiquement.

En effet, écrit à "je", ce récit  nous entraîne dans l'esprit du monstre, de ce chef acculé, qui n'a plus que quelques heures à vivre, et oscille entre exhalation, folie, retours sur le passé.
D'un cas particulier, on est au cœur de toutes les dictatures, tant ces pensées sont  universelles, comme l'est hélas la tyrannie.

Ces relations avec son entourage , son rapport à la religion, aux femmes, aux autres puissances, arabes ou occidentales, au pouvoir, ses enfants,  son enfance (dans laquelle on peut d'ailleurs trouver quelques fêlures qui permettent de mieux comprendre la suite de son comportement ambitieux et sanguinaire)  , cette société autour de lui qui évolue, son système de pensées, ses explications faces aux actes odieux commis... une vie repassée en quelques pages, un personnage complexe, que l'on a l'impression de connaître un peu mieux en refermant le livre.

Entre biographie et oeuvre de l'imagination de l'écrivain, ce récit est de ceux qui restent en mémoire. 

 Dans le cadre du :
RL2015



jeudi 10 septembre 2015

Soeurs de misericorde de Colombe Schneck

Stock
« Elle n’a pas le choix, elle doit partir. À Santa Cruz, tout est fermé, plus rien ne circule, l’argent, les gens, même les fruits pourrissent sur les arbres. Les femmes partent les unes après les autres, de plus en plus loin. Comment trouver du travail, un logement, quand on ne connaît personne ? Ni la langue, ni les rues, ni ce qu’on mange, ni les règles ? »

Née en Bolivie dans une famille indigène, Azul a grandi dans un paradis où les fruits, les fleurs, les couleurs, les goûts prospéraient.
 Immigrée économique, laissant mari et enfants, langue et robes indiennes, rites et prières, elle va découvrir l’Europe et ses riches propriétaires. Comment montrer à ses patronnes ce que leurs yeux ne voient pas du monde ? Comment conserver la bonté reçue dans l’enfance ?



Mon petit mot

Un bien joli portrait de femme!
De son village de Bolivie à l'Italie ou la France, une femme de caractère et de bonté, nous entraîne à sa suite.

J'ai beaucoup apprécié en particulier l'évocation de son enfance, de l'évolution de la Bolivie, de cette jeune Quechua, et ses rapports aux autres membres de la famille... ainsi que les descriptions de son environnement, le jardin, la montagne, les aliments, les vêtements... un joli voyage immobile...


Le choc des cultures, le déracinement, les immigrés... des thèmes très actuels, attaqués ici sous l'angle des bons sentiments et de l'empathie.
Des valeurs de partage, un peu de positif, d'humanité et de générosité, c'est finalement assez rare (cela surprend même un peu, presque trop pour être vrai parfois) mais, cela fait du bien!

C'était mon premier livre lu de cette auteure, j'ai apprécié cette découverte! 

Dans le cadre du challenge





mardi 8 septembre 2015

Le contrat Salinger de Adam Langer #rentréeelittéraire2015

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Émilie Didier. 
Super 8 éditions

Journaliste sur le retour, Adam Langer s’ennuie loin de New York. Jusqu’à ce que sa route croise celle d’une vieille connaissance, Conner Joyce – auteur de thrillers à succès sur le retour –, venu à Bloomington, Indiana, pour assurer péniblement la promotion de son dernier roman. Bientôt, Conner révèle à Adam qu’il a reçu une offre des plus étonnantes : celle d’un certain Dexter Dunford (« Dex »), homme d’affaires richissime flanqué d’un inquiétant garde du corps, qui lui propose d’écrire un roman rien que pour lui, moyennant une rétribution considérable. Où est le piège ?

Thriller psychologique d’une facture tout à fait unique, Le Contrat Salinger, qui brosse au passage un portrait au vitriol du paysage littéraire contemporain, est à la fois une formidable réflexion sur la façon dont la réalité et la fiction peuvent s’alimenter jusqu’à la dévoration, et une construction palpitante faite de rebondissements ingénieux et de révélations en cascade – un roman gigogne au goût de vertige qui tiendra son lecteur en haleine jusqu’à la toute dernière page.

Mon petit mot

Un thriller dans le monde de la littérature, voilà qui est original!
Et quand en plus, c'est bien mené, on n'est pas loin du coup de coeur!

Deux écrivains, l'un plus à succès que l'autre, et un pacte qui se révèle assez diabolique... quand la fiction devient réalité... L'imbrication de leurs deux récits tient en haleine, et les coulisses du monde de l'édition ou des séances de promotion du livre valent le détour!
Du suspens mais aussi de l'humour, tout pour plaire!

Et si le côté "enquête" est efficace, l'évocation de nombreux auteurs l'est également, de  Salinger à Harper Lee, en passant par Thomas Pynchon ou Norman Mailer, voici un livre qui donne envie d'en (re)lire d'autres, L'attrape-coeurs en particulier !

Il est aussi question du processus de création et de la destination du livre : écrit-on différent selon la personne par laquelle l'on va être lu?


Dans les belles découvertes de cette rentrée littéraire!
 Je découvrais au passage cet auteur et cet éditeur, une double rencontre réussie!

Dans le cadre du :



  ma première participation au mois américain
 




lundi 7 septembre 2015

Le metteur en scène polonais, Antoine Mouton

éditions Christian Bourgois

Le metteur en scène polonais doit adapter, pour l'ouverture de saison d'un théâtre français, le roman d'un auteur autrichien mort. Mais ce roman est instable : entre deux lectures, des personnages disparaissent, d'autres surgissent, sans explication. Un texte doté d'une vie propre, indépendant du regard du lecteur, c'est une idée plaisante a priori. Pourtant, dans les coulisses du théâtre, on commence à se douter que le spectacle ne pourra pas éviter la catastrophe. Le metteur en scène polonais devient fou, dit-on.

Antoine Mouton a publié, depuis 2004, quatre livres (nouvelles et poèmes) dont Au Nord Tes Parents, Prix des apprentis et lycéens de la région PACA. Le Metteur en Scène Polonais est son premier roman,Antoine Mouton travaille actuellement comme libraire au théâtre de la Colline à Paris. Il écrit pour les revues Trafic et Jef Klak.


 Mon petit mot


Et si les romans prenaient vie, la nuit sur nos étagères? Et si les intrigues se modifiaient, les personnages changeaient, apparaissent, disparaissaient?  

C'est ce qui arrive au livre que le metteur en scène polonais (les différents personnages seront uniquement nommés par leurs fonctions au long de l'histoire, une liste savoureuse ouvre d'ailleurs le texte : extrait : L’interprète alcoolique ; L’assistante norvégienne ; Le directeur du théâtre français ; Le scénographe hongrois ; Le comptable de la compagnie du metteur en scène polonais ; L’auteur autrichien mort ; Le comédien français dont le nom et l’existence ont été oubliés ; La grande actrice française ; Le traducteur tchèque ayant disparu ; Le célèbre critique italien ; Le critique polonais rétrograde ; Le blogueur suisse amateur-éteint ; Mme X, sa fille, ses voisins, son armoire ; Le hêtre malade [...])
En une page , vous êtes dans l'ambiance! (et encore, il n'y a pas les œufs durs! )

Du loufoque, du fantasque, une écriture au diapason, des phrases à la longueur démesurée, et un metteur en scène qui bascule dans la folie...  ou qui excuse ainsi son incapacité à mener à bien son projet artistique? 
Ses succès seraient-ils derrière lui?
Le monde change, les arbres meurent... et l'adaptation de ce roman semble vouée à l'échec.

J'avais choisi ce titre pour le théâtre, on plonge en effet dans les coulisses de la création, des affres de la comptabilité, au parcours du combattant sur les traces de l'écrivain, en passant par des idées de décor ou de scénographie... (discutables!)...  jusqu'à la catastrophe annoncée de la première. 

Un petit roman à la construction originale, qui semble ne pas se prendre au sérieux et m'a souvent fait sourire, mais qui donne aussi à réfléchir aux notions de traduction, d'adaptation, de lecture même, à chacun de s'y faire son chemin! 

Merci à dialogues pour cette découverte!
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