dimanche 29 mars 2015

Lectrices Andre Kohn

Deux nouvelles pour la série, avec les lectrices d' Andre Kohn
Ambiance salsa? Bonne journée et bonnes lectures!

vendredi 27 mars 2015

Les Caprices de Marianne MUSSET / BÉLIER-GARCIA CDRT

Théâtre Olympia mars 2015

Un jeune homme aime une jeune femme. Celle-ci est mariée et ne sort de chez elle que pour aller à l’église.
Alors il demande à son meilleur ami de plaider sa cause auprès d’elle.
C’est la plus vieille histoire du monde ; c’est le plus jeune des poètes. À 22 ans, Musset compose ses variations sur le thème du triangle amoureux. Mais il transforme l’exercice en faisant le choix de l’économie : il livre une pièce nerveuse, rythmée, trouée d’ellipses, et invente trois personnages (Coelio, Marianne, Octave) dont le pouvoir de fascination comme les opacités restent intacts. 
Cette liberté d’invention fait avant tout des Caprices de Marianne le caprice de Musset, au sens musical ou pictural : une oeuvre de caractère fantasque et inattendu, tantôt légère et tantôt macabre – une comédie dans laquelle le sang n’est jamais loin.

C’est sous le signe de la jeunesse que Frédéric Bélier- Garcia place cette pièce rebelle, ce « requiem pour un monde trop vieux ». Il lance ses dix comédiens dans le portrait d’une génération sacrifiée, pour qui les combats et l’engagement appartiennent au passé, et dont la fureur de vivre et les désirs se fracassent contre leur siècle de vacuité et de désoeuvrement.
Le leur ? Le nôtre ?

 
de Alfred de Musset (version de 1833)
mise en scène Frédéric Bélier-Garcia

avec
Sébastien Eveno  : COELIO
Denis Fouquereau  : TIBIA, valet de Claudio
Jan Hammenecker : CLAUDIO, juge
 Laurence Roy en alternance  : HERMIA, mère de Coelio
David Migeot  : OCTAVE
Yvette Poirier  : CIUTA vieille femme
Sarah-Jane Sauvegrain : MARIANNE, femme de Claudio

lumières Roberto Venturi  décor Jacques Gabel assisté de Morgane Baux
costumes Catherine Leterrier assistée de Elise Cribier-Delande
création musicale Vincent Erdeven  collaboration artistique Caroline Gonce
création sonore Jean-Christophe Bellier 
collaboration au jeu Justine Moulinier
artistes de complément Jean-Pierre Prudhomme, Lucie Collardeau, Olivier Blouineau
Octave et Marianne
photo


Mon petit mot

 pièce de théâtre en deux actes d'Alfred de Musset, en plein mouvement romantique, Les Caprices de Marianne paraissent en 1833 dans La Revue des Deux Mondes avant d'être créés à la Comédie-Française le 14 juin 1851.

Du même menteur en scène ,Frédéric Bélier-Garcia, j'avais apprécié
il y a quelques temps, j'ai été ravie de retrouver son travail dans ce Musset.

Tout commence par un questionnement quasi- philosophique (extraits des questionnaires de  Max Frisch)  adressé au spectateur, les regrets, l'amour, la vie, la mort, de quoi entrer dans l’œuvre en un instant, et oui, que d'échos l'on peut toujours y trouver dans nos vies....

Et puis le rideau se lève et nous voilà placés sur les pentes du Vésuve, un décor accidenté, des villas antiques ou baroques d'après éruption, les cierges d'une église, qu'est ce qui va renaître de ces cendres? Un embrasement des passions? Une réplique violente au cataclysme ?

C'est carnaval. Un carnaval triste. Mélancolie, désenchantement, décadence...  oisiveté... se tourner vers la religion, les "conduites à risques" (alcool, débauche) ou la quête d'un amour impossible, quête vouée à l'échec dès le départ, ressemblant fort à un suicide programmé...?
 mourir d'amour ou d'ivresse... Mais est-ce vraiment de l'amour? Qu'en pense la femme courtisée?... 
Ils sont trois hommes à lui tourner autour, mais l'un d'entre eux se préoccupe -t-il de ce qu'elle peut penser, ressentir, désirer?  Qui peut l'aider, qui peut la comprendre? Elle en appelle même brièvement à sa mère. Bien seule, cette Marianne.

Et tout à coup, au détour d'une réplique de Marianne, et des choix de la mise en scène, je redécouvre ce texte que je croyais connaître, et si son couple avec Claudio n'était pas si malheureux que cela? Et qu'en est-il finalement des sentiments de Coeilo? Et ses réflexions sur la femme, des accents féministes qui résonnent juste...

Bref, des sentiments complexes, des interrogations,j'ai apprécié cette représentation!

extrait:
MARIANNE.—  Mon cher cousin, est-ce que vous ne plaignez pas le sort des femmes ? Voyez un peu ce qui m’arrive : il est décrété par le sort que Coelio m’aime, ou qu’il croit m’aimer, lequel Coelio le dit à ses amis, lesquels amis décrètent à leur tour que, sous peine de mort, je serai sa maîtresse. La jeunesse napolitaine daigne m’envoyer en votre personne un digne représentant chargé de me faire savoir que j’ai à aimer ledit seigneur Coelio d’ici à une huitaine de jours. Pesez cela, je vous en prie. Si je me rends, que dira-t-on de moi ? N’est-ce pas une femme bien abjecte que celle qui obéit à point nommé, à l’heure convenue, à une pareille proposition ? Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer au doigt et faire de son nom le refrain d’une chanson à boire ? Si elle refuse, au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable ? Est-il une statue plus froide qu’elle, et l’homme qui lui parle, qui ose l’arrêter en place publique son livre de messe à la main, n’a-t-il pas le droit de lui dire : vous êtes une rose du Bengale sans épines et sans parfum ?

A méditer également, le Questionnaire de Max Frisch, quelques extraits (vous avez quatre heures!) :


Qui auriez-vous préféré ne jamais rencontrer?

Quel âge aimeriez-vous atteindre?

Aimez-vous quelqu'un?
Et qu'est-ce qui vous amène à cette conclusion?

A supposer que vous n'ayez jamais tué personne: comment expliquez-vous que vous n'en soyez jamais arrivé là?

Que vous manque-t-il pour être heureux?

De quoi êtes-vous reconnaissant?

Savez-vous en règle générale ce que vous espérez?

Combien de fois faut-il qu'un espoir déterminé ne se réalise pas pour que vous abandonniez l'espoir en question, et y parvenez-vous sans concevoir immédiatement un autre espoir?

Quel espoir avez-vous abandonné?



Dans les cadre des challenges

 et du RDV de
Sophie des BavardagesdeSophie

mercredi 25 mars 2015

Stabat Mater de Tiziano Scarpa

Cecilia, la narratrice, est orpheline. Elle a été abandonnée à sa naissance et recueillie par l'hospice de la Pietà, à Venise. Chaque jour, masquée et dérobée au regard du public, Cecilia joue du violon. Dans cet univers confiné et reclus, la musique est sa seule source de joie et de réconfort, tandis que chaque nuit elle parle et écrit à cette mère inconnue dont l’absence la fait cruellement souffrir. L'année de ses seize ans, un nouveau professeur de musique vient remplacer le vieil abbé qui officiait auparavant : un jeune prêtre aux cheveux roux, Antonio Vivaldi.
Avec Stabat Mater – qui a obtenu le prestigieux prix Strega -, Scarpa évolue vers une écriture chargée d’émotions, qui, à travers la musique vivaldienne, s’enrichit de nouveaux rythmes, de nouvelles tonalités et de nouvelles architectures. Son roman est un fabuleux rêve de liberté. Fabio Gambaro, Le Monde.
Mon petit mot

Choisi parce qu'il se déroulait à la Pièta, l'orphelinat de Venise, du temps où Antonio Vivaldi y était professeur, ce court roman nous conduit effectivement au coeur de cette institution de la Sérénissime, mais il est bien plus que cela.

A travers les interrogations de Cécilia, la jeune fille abandonnée bébé à cet orphelinat, ce sont de grandes questions qui sont abordées. La Mère. La mort. Donner la vie.
La méconnaissance de la vie justement pour ces orphelines coupées du monde, de leur corps également.

Ce monde qui apparait malgré tout parfois, fugitivement, une sortie hors de la Pièta, une personne y entrant... une vision terrible d'une femme donnant la vie... le vol des hirondelles... et la musique... espace de liberté, ouverture au monde... rencontre avec le compositeur de génie... création ...

Difficile de résumer ce livre à l'écriture toute musicale,  à lire en musique bien sûr!
L'auteur nous donne d'ailleurs à la fin une liste de quelques enregistrements à écouter pour (re)découvrir Vivaldi, un plus pour ce roman.

La couverture est un détail de  Entrée du Grand Canal, vers l'Ouest en 1730 par Canaletto


 Dans le cadre des challenges



lundi 23 mars 2015

La Table des enfants d'Isabelle Hausser

Comment survivre au décès accidentel de sa fille, même quand celle-ci ne voulait plus vous voir ? Et d'ailleurs pourquoi Élisabeth ne voulait-elle plus voir Agnès, cette mère écrivain de romans policiers à succès, cette maman veuve d'un grand amour qui n'a pas réussi à refaire sa vie auprès d'un mari de substitution ? Dans le dédale d'un étonnant jeu de miroirs entre la mère vivante et la fille décédée, au-delà du chagrin et de l'indicible désespoir, Agnès va avoir beaucoup de mal à extirper la réalité du fantasme, l'horreur de la poésie, la vérité du mensonge. 
Pourquoi encore sa fille lui confie-t-elle ses enfants par testament ? Et pourquoi fait-on un testament quand on n'a que trente ans ? La thèse officielle de l'accident de voiture arrange tout le monde, mais il existe tant de coïncidences troublantes qu'Agnès ne pourra qu'enquêter pour tenter de découvrir qui était véritablement sa fille... et qui elle est, elle-même. 
Construit en six parties de dix courts chapitres La Table des enfants est un roman intimiste, poétique et très original. Le cheminement de cette mère plus morte que vive de trop de douleurs accumulées, que son éditeur pousse à écrire à nouveau et que la vie n'épargne jamais, est sincèrement bouleversant.
 Isabelle Hausser livre ici une partition juste, un récit douloureusement musical et hyper-sensible – loin des figures imposées du polar qui n'est ici que prétexte – de sa belle écriture déjà rencontrée dans La Chambre sourde, Les Magiciens de l'âme et Nitchevo et Nitchevo.
Grand prix des lectrices Elle - Roman - 2002

Mon petit mot

encore un livre que je voulais lire depuis longtemps et que je découvre enfin et avec beaucoup de plaisir!

Un roman qui est à la fois quête psychologique, énigme policière, drame familial,  hymne à l'écriture (les premiers chapitres des oeuvres écrites par les héroïnes sont ainsi insérés dans le texte) et à la musique ( la musique de Bach y est très présente) et aussi pan d'histoire de la Russie et de l'Allemagne des années 1980.
Bref, de quoi maintenir l'attention et le plaisir au fil des pages!

Et puis, l'on réfléchit aussi, sur les rapports mères-filles en particulier, et la connaissance de ses proches en général...
De l'art de la fugue à l'art de la vérité, entre policier, poésie et psychologie, un beau roman!

Je pense que dans quelques temps je me pencherai sur les autres romans de cette auteure, son écriture donne envie de poursuivre la découverte!
 
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samedi 21 mars 2015

Un océan d'amour, Grégory Panaccione, Wilfrid Lupano

 Delcourt / Mirages - octobre 2014
 
Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.


Mon petit mot 

Une BD dévorée avec un grand sourire aux lèvres, totalement conquise!
Il s'agit d'une BD sans texte,  dont la 4 ème de couverture vous plonge déjà dans l'ambiance, et dans la bonne humeur:


 Une jolie histoire d'amour, tout en tendresse, de la Bretagne traditionnelle à Cuba, nous voilà partis à l'aventure, dans cette mer pleine de danger, des marées noires au 7ème continent de déchets, des tempêtes aux bateaux-usines, des croisières de luxes aux frêles embarcations , de rebondissements en belle amitié homme-mouette, j'ai beaucoup aimé cet univers!

Des mondes totalement différents se rencontrent (la Bretonne des plus traditionnelles sur le bateau de croisière puis à Cuba...hilarant! ) ,  se découvrent, et la magie opère, point de moquerie mais une (re)découverte de l'autre et de ces traditions, c'est positif, et cela fait tellement de bien en ce moment! 
Et puis faire découvrir les danses bretonnes à Fidel Castro avec une bigoudène, il faut le faire!


Point besoin de mots, dans cette magnifique histoire sans parole,  tout est dit par le dessin, très riche, de mimiques en petits détails,  une boite de sardines bien agréable, je vous en conseille la dégustation!  

Un zeste d'écologie, une pincée d'amour et une cuillerée d'humour, l'assaisonnement est idéal!  Une BD à déguster sans modération!

Une BD découverte grâce au festival de la BD Priceminister, merci! 


vendredi 20 mars 2015

liseuse The Noon Recess, Winslow Homer (La pause de midi)



The Noon Recess, Winslow Homer (La pause de midi)
Lire à la pause déjeuner... rare, mais si agréable... petits instants volés....

mercredi 18 mars 2015

Pouckine Le cavalier de bronze et La dame de pique

Restons dans les classiques!

Deux textes de Pouchkine que j'avais prévu de lire avant mon voyage à Saint Petersbourg l'année dernière... mais le temps file trop vite... enfin, mieux vaut tard que jamais, et du coup, cela rappelle d'excellents souvenirs de ce voyage!



J'ai commencé par  : Le Cavalier de bronze, poème composé par Alexandre Pouchkine en 1833 autour de la statue équestre de Pierre le Grand et des crues de la Néva.

 Un texte incontournable, pour la compréhension de cette ville bâtie par la volonté d'un homme au milieu des marais et flots, et contre laquelle la nature continue de manifester sa puissance.

Moi qui n'ai pas l'habitude de lire de la poésie, j'ai lu ce texte sans peine, portée par l'histoire d'Eugène qui assiste, impuissant, à la crue dévastatrice qui emporte sa bien aimée.
et puis, d'avoir visité ces lieux, des images renaissent en mémoire, et ajoutent au charme...


Puis, j'ai continué avec : La dame de pique nouvelle fantastique publiée en 1834.

Hermann, un Allemand émigré en Russie, croit savoir qu'une vieille aristocrate connait le moyen de gagner à tous les coups à ce jeu de cartes appelé le pharaon. Alors, une nuit, il lui rend visite...

 Cette fois , c'est plutôt du côté de l'aristocratie que nous emmène Pouchkine, une comtesse, sa demoiselle de compagnie, un officier... un autre monde... manipulation, séduction...  et rebondissements!

Là encore, moi qui ne suis pas d'habitude très tentée par la littérature fantastique, j'ai été totalement conquise par ce texte et aimerai maintenant en découvrir l’adaptation à l'opéra de Tchaikovski.

Bref, ravie de connaître un peu mieux ce grand auteur russe et d'avoir replongé dans les souvenirs de voyage!

dans le cadre des challenges



lundi 16 mars 2015

IL TRITTICO GIACOMO PUCCINI opéra de Tours Ossonce Fourny

mars 2015 
Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Paul-Emile Fourny
Décors et Lumières : Patrick Méeüs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Présentation : opéra de Tours
Dans Il trittico, une des dernières compositions de Puccini, trois nouvelles lyriques se juxtaposent avec rythme et virtuosité : à l’agitation fataliste et fiévreuse de la première, succède la tragédie hiératique et glaciale de la seconde et la comédie nerveuse de la dernière.

Pour la première fois, ce chef d’oeuvre puccinien sera donné en intégralité dans notre opéra, fruit d’une collaboration internationale entre trois maisons. 
Il Tabarro est une histoire d’amour adultère impossible, qui se solde par un meurtre passionnel, Suor Angelica le drame d’une religieuse qui apprend la mort de l’enfant qu’elle avait mis au monde, Gianni Schicchi se déroule à Florence, où, inspiré du Dante, Puccini nous fait rire : spectateurs d’une captation d’héritage, à l’occasion de laquelle Schicchi, prenant la place du vieux Bosio déjà mort, se redistribue à lui-même la fortune, spoliant sous leurs yeux une famille entière, réduite à l’impuissance...

Trois visages inattendus et contrastés du plus grand compositeur italien de l’après Verdi.

Il TABARRO
Opéra en un acte
Livret de Giuseppe Adami


Giorgetta : Giuseppina Piunti
La Frugola : Cécile Galois
Michele : Tassis Christoyannis
Luigi : Florian Laconi
Il Tinca : Antoine Normand
Il Talpa : Franck Leguérinel


SOEUR ANGELIQUE
Opéra en un acte
Livret de Giovacchino Forzano


Soeur Angelica : Vannina Santoni
Tante Princesse : Cécile Galois
L'Abbesse : Delphine Haidan
Soeur Genovieffa : Aurélie Fargues
Soeur Osmina : Chloé Chaume

GIANNI SCHICCHI
Opéra en un acte
Livret de Giovacchino Forzano


Gianni Schicchi : Tassis Christoyannis
Lauretta : Vannina Santoni
Zita : Cécile Galois
Rinuccio : Florian Laconi
Gherardo : Antoine Normand
Nella : Chloé Chaume
Marco : Franck Leguérinel
La Ciesca : Delphine Haidan
Betto : Nicolas Rigas
Simone : Ronan Nédélec
Spinelloccio : Jacques Lemaire
Notaro : François Bazola

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Choeurs de l'Opéra de Tours
Photo répétition GIANNI SCHICCHI


Mon petit mot

Trois superbes spectacles en une soirée : le bonheur!

Trois univers totalement différents, une belle réussite tant scénique que musicale!

Une belle scénographie, le miroir d'eau / fil conducteur entre les trois parties, la passerelle des quais de Paris, les lumières et l'épure du couvent, le décor tout en folie de Gianni Schicchi alternent avec beaucoup de justesse, tout comme les sentiments s'enchaînent, du plus poignant aux éclats de rire , du tragique au burlesque, on se laisse à chaque fois emporter, un concentré d'émotions!

Et tant côté fosse que plateau, tout est en phase pour la réussite de la soirée, il y a le plaisir de retrouver des chanteurs tels Florian Laconi, Tassis Christoyannis ou Vannina Santoni, et de découvrir encore de nouvelles facettes de leur talents, tout comme pour Cécile Galois présente dans les 3 parties, mais il faudrait tous les citer, une belle homogénéité!

Un spectacle que je vous encourage à découvrir, il reste une représentation mardi soir!
Reportage vidéo :

Dans la catégorie "autres spectacles" du challenge

samedi 14 mars 2015

Envole-Toi Octobre de Virginie Troussier

éditions Myriapode, octobre 2014
Envole-toi Octobre est le récit d'une héroïne dont la mélancolie cache une indécente adoration pour la vie. Que doit-on faire couler dans nos veines pour que cela circule ? Il faudrait peut-être, avant tout, réussir à sculpter son être avec des tenailles, sentir ce qui précisément en nous se cabre, et nous rend vulnérables à la capture. C'est l'histoire de ce roman, qui, comme une valse précise, aiguise, découpe, désosse, isole les muscles, élague les nerfs et cisaille tout le reste.
  
Mon petit mot

C'est toujours un plaisir de découvrir un auteur, et je suis ravie de cette nouvelle "rencontre", merci  Virginie Troussier !

Ce texte, quasi philosophique par instant, est une longue introspection .
Il nous plonge dans les angoisses et les interrogations de Suzanne, tant de questions qui ne peuvent que trouver des échos en bon nombre d'entre nous . La mémoire, les souvenirs, entre nostalgie et quête de soi, il nous faut la suivre dans ses hésitations et ses errances.

Mélancolie. Quête de liberté. Secrets de famille - poids du père - omniprésence de la mort - désir de perfection. Peur de décevoir. Quête de l'amour. Dépendance. Les phrases qui brisent plus que les coups. Réussir pour être aimée. S'aimer déjà soi-même. Repousser les limites. Mettre le corps en danger.

Un long chemin escarpé, comme une course en montagne par mauvais temps, emprunté par l'héroïne pour retrouver pleinement le goût de la vie et le goût de soi,  puis celui des autres.

Entre citations littéraires (de Spinoza à Nietzsche et Épictète ) et ambiance musicale (de Bach aux Beatles), entre montagne, sommet,  avalanche, crevasse et vie parisienne, le texte flirte parfois avec la poésie (le style déroute un peu parfois, en phase avec l'état d'esprit du personnage) , il nécessite de prendre le temps de le lire mot après mot pour mieux l'apprécier.

Dans le cadre du



jeudi 12 mars 2015

Les corps inutiles de Delphine Bertholon

Editions : JC Lattès février 2015 
Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle, lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue, par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural - même si elle n’en a pas encore conscience - va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher...
À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés.
Le roman déroule en alternance l’histoire de Clémence adolescente, hantée par cette agression dont elle n’a jamais osé parler à sa famille, et le récit de Clémence adulte, assumant tant bien que mal les conséquences, physiques et psychologiques, de son passé.
Mais la vie, comme toujours, est pleine de surprises
Mon petit mot

Une agression sexuelle.
Une vie qui s'arrête.
Un corps qui se met en veille.

Un point de départ terrible pour un roman qui nous plonge dans le cheminement interne de l'héroïne, en alternant chapitres consacrés à son adolescence et à sa réaction après l'agression, et chapitres "15 ans après".

Il y a les mots.
Ceux que l'ont ne pas dire. Les "bons mots" pour dire le pire, introuvables. Les parents, qui ne voient rien, n'entendent rien.
Les mots entendus, terribles "ce n'est pas un viol, ce n'est pas si grave".
Le silence. 

Un sujet douloureux, le traumatisme d'après agression, le rapport au corps, aux hommes, la vengeance, la culpabilité, la souffrance à cacher,  traité de belle façon, dans les pensées de cette adolescente et de cette jeune femme, j'ai beaucoup aimé cette lecture.
C'est avec ce livre que je découvrais la plume de  Delphine Bertholon, une auteure que je suivrais désormais!

Et en petit bonus, une liste de chansons à la fin du roman, pour prolonger la lecture!


Merci à la librairie Dialogues pour cette découverte!


 Dans le cadre du challenge

mardi 10 mars 2015

Hernani Hugo

D' Hernani, on se souvient souvent de la fameuse bataille, peut-être aussi des contestations autour du texte émises par Mlle Mars qui jouait le rôle de Doña Sol (repris ensuite par Marie Dorval ) en répétitions, comme autour du fameux vers "Vous êtes mon lion superbe et généreux!"  (voir ici dans les mémoires de Dumas) , moins finalement du contenu, alors merci claudialucia pour cette suggestion de lecture commune! 

Hernani, est créé à la Comédie-Française le 25 février 1830


costume de Mademoiselle Mars (Doña Sol)
 Mon petit mot

Un drame historique foisonnant!
De Saragosse à Aix-la-Chapelle,  le contenu de la pièce est tout aussi riche que la bataille littéraire qui a entouré sa création.

Chromo LIEBIG Série ECRIVAINS Hernani de Victor Hugo

Des amants maudits, une fin tragique inéluctable, Charles Quint devenant empereur après avoir joué les libertins caché dans une armoire, trois hommes qui courtisent une même femme, de quoi donner une intrigue qui ne se relâche pas!
 Les coups de théâtre sont nombreux, les personnages évoluent, l'ombre du père reste capitale tout comme l'arrière plan socio-politique du petit, du paria, du pauvre, contre les Grands de ce monde...

Et puis il y a les sentiments et les thèmes clés du romantisme, le héros maudit, l'honneur, le poids de la parole donnée,  l'amour impossible, si lié à la mort... 
et la langue, entre poésie baroque et fresque historique, bref un classique à (re)découvrir!

Sarah Bernhardt dans "Hernani"
Une LC avec:
claudialucia

Dans le cadre des challenges



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