jeudi 26 février 2015

JEANNE LANVIN, ARPÈGES de Isabelle Mestre

Editions le Passage  5 mars 2015

Partie de rien, j’ai fait de mon nom une griffe, un symbole, un monde. Luxe et féminité. Mon nom est plus célèbre que moi. J’ai bâti un empire. On me dit ambitieuse. C’est le côté jour.
Côté nuit, je touche les étoffes comme des paysages, j’associe des couleurs, je raconte des histoires. Je réinvente des enfances. J’ai une fille, l’arpège et le totem, mais comment peupler l’intime des maisons que l’on rêve ?
Robes ou parfums, je fais un voyage immobile en habillant mon désir de la splendeur des années folles. Les théâtres aussi sont pour moi sources et liens avec le monde ; j’y transporte mes intérieurs. Je ne parle pas, car ma vie c’est mon nom et mon travail. Pas de mots sur les choses, rien que des légendes aux croquis des silhouettes que j’habille. Et moi, Jeanne, derrière, silencieuse. De la petite fille à la femme, les chambres restent voilées et les nuits solitaires.
À vous pourtant, à peine croisé un dimanche d’été lointain sur l’hippodrome de Longchamp, et qui ce matin marchez près de moi, à vous, je raconte.


Le début
Chez Madame Bonni, dès le premier jour, je sais que j’ai bien fait. J’ai 13ans. Je m’échappe de la maison, je ne vais plus les sentir sur moi, les petits frères dont je m’occupais parce qu’il y en avait toujours un plus petit, qu’il avait toujours fallu m’en occuper. Maman un jour me dit : «Si tu veux, travaille.» J’y suis. C’est au 3 de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Je n’imagine pas que du 3 au 22, toute ma vie tiendra, en un fil de soie.
Madame Bonni est modiste; j’aime le geste qu’elles ont au magasin d’extraire le chapeau de sa boîte, de le présenter à la cliente, avec des mots amoureux. 

Mon petit mot
Un nom : Lanvin. Des robes, des chapeaux, des parfums, une réussite commerciale, le luxe... et au début de tout cela, une femme au destin remarquable que ce roman met en lumière.
Petite couturière partie de rien, arrivée au sommet...  quel destin!
Des chapeaux de poupée aux costumes de théâtre, de l'ombre à la lumière, aux coulisses plutôt, restant dans l'ombre, laissant la lumière à ses modèles et ses mannequins, c'est la vie privée de Jeanne Lanvin, sa fille, ses amours, sa famille, sa solitude, ses interrogations, qui sont au coeur du roman d'Isabelle Mestre, et qui composent un personnage complexe et passionnant
De Chantilly à Trouville, de Paris à Madrid, de son enfance à la fin de sa vie, des "fausses confidences" glissées à l'oreille du lecteur, qui croise ainsi Yvonne Printemps et Guitry, ou encore Jane Renouardt au fil des souvenirs égrenés...

L’actrice Jane Renouardt , habillée par Jeanne Lanvin


Un texte qui donne également envie de redécouvrir les créations de Jeanne Lanvin, et de se plonger dans son fameux bleu, puisé dans les fresques de Fra Angelico à Florence... 
Une exposition lui sera d'ailleurs bientôt consacrée à Paris , du 8 mars au 23 août 2015 au Palais Galliera, dans une rétrospective qui ne pourra que compléter la lecture de ce livre.

Jeanne Lanvin et sa fille, l'emblème de la maison:
 On peut déjà se plonger dans ce site pour "mettre en images" le texte : 

Bref, un personnage à découvrir!

Merci à la librairie Dialogues pour cette découverte
Dans le cadre du challenge rentrée d'hiver 2015


Lectrice Sir Edward Burne-Jones

Un canapé, un bon livre, un chien-bouillotte... que demander de plus (une petite tasse de thé et de quoi grignoter?)!
Bonne journée!

Sir Edward Burne-Jones, Portrait de Katie Lewis

mardi 24 février 2015

Dans son propre rôle Fanny Chiarello

janvier 2015
Une farandole silencieuse au clair de lune accueille Fennella pour son arrivée à Wannock Manor, cette vaste demeure aristocratique où elle débutera dès le lendemain matin, à six heures, comme domestique.
Pendant ce temps, Jeanette pleure rageusement sur le cadavre d'une mouche dans une suite du Grand Hôtel de Brighton, où elle est femme de chambre.
Deux scènes de la vie quotidienne, en Angleterre, en 1947. Deux existences que tout semble séparer, dans ce pays où les différences de classe sont encore un obstacle infranchissable entre les êtres.
Fennella a perdu la parole à la suite d'un traumatisme. Jeanette est une jeune veuve de guerre qui a perdu tout espoir dans la vie. Une lettre mal adressée et une passion commune pour l'opéra vont provoquer leur rencontre et bouleverser leurs destins.
Le cheminement intérieur de deux femmes en quête d'absolu et d'émancipation, c'est ce que raconte ce roman sombre comme le monde dans lequel elles semblent enfermées, et lumineux comme l'amour qui les pousse à s'en libérer.


Mon petit mot

J'avais bien aimé Une faiblesse de Carlotta Delmont Fanny Chiarello
de la même auteure et j'ai retrouvé avec plaisir le monde de l'opéra dans ce roman-ci.

L'Angleterre de1947. Un monde en changement?
L'après-guerre, ses veuves, ses bouleversements sociaux, des frémissements d'évolutions...
Le monde des domestiques d'un côté, l'enfermement des classes sociales... et des femmes bien décidées à sortir de cet enfermement.

Et puis il y a l'opéra, qui va aider ces deux jeunes femmes à se révéler et à réinventer leur vie... et c'est ce qui restera pour moi le point fort de ce texte.

On croise de vrais chanteurs, telle la contralto Kathleen Ferrier, on va Glyndebourne, on écoute Orfeo ed Euridice, et beaucoup d'autres références musicales, un monde sonore en contrepoint au mutisme de la Fenella de La Muette de Portici...  un bel univers !


Dans le cadre du challenge

dimanche 22 février 2015

Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello

Après
 J'aimais mieux quand c'était toi de Véronique Olmi
je ne pouvais pas ne pas me plonger dans la pièce du théâtre Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello, dont le personnage de la mère est interprétée par l’héroïne du roman de Véronique Olmi.. d'autant plus que je l'ai découvert dans ma bibliothèque où il attendait bien gentiment depuis... longtemps sans doute! 



Présentation
Luigi Pirandello  1921.
Sur la scène d'un théâtre, alors qu'un directeur de troupe et ses comédiens répètent, six individus endeuillés font irruption. Ce sont des personnages, tous membres d'une même famille. Nés dans l'imagination d'un auteur qui a refusé de leur donner une existence artistique, ils revendiquent avec force leur droit de vivre. Sous le regard fasciné des acteurs devenus spectateurs, ils jouent leur propre drame.
Pièce dans la pièce, Six Personnages en quête d'auteur exhibe la machine théâtrale, interroge les mystères de la création et révèle les limites de la représentation.

Mon petit mot

Théâtre dans le théâtre, mise en abyme, réflexion sur la construction - l'incarnation du personnage, sur le métier de comédien, le rôle de l'auteur,  et le principe de la représentation théâtrale, le choix (le poids) des mots, mais aussi questions d'identités, de possibilité d'exister au sein d'une famille complexe,  et histoires tragiques des personnages ( quasi-inceste, noyade, suicide... chacun porte un sacré fardeau) , qu'il est riche ce texte!

Entre tragédie et comédie, les événements s'enchaînent, et bouleversent les cadres habituels de la représentation théâtrale. Fiction ? Réalité? Lesquelles?


J'ai trouvé très intéressante également les didascalies très détaillées, qui rendent la lecture de cette pièce théâtrale "visuelle", alors que j'ai parfois du mal à lire le théâtre, préférant mille fois le voir jouer.
Une pièce qui met en scène de nombreux acteurs, et que j'aimerais maintenant beaucoup voir sur scène!

Bref, un classique à (re)-découvrir!

Dans le cadre des challenges




vendredi 20 février 2015

Garden of love Marcus Malte

Une lecture commune avec

 Jérôme

Noukette 

Philisine Cave

 claudialucia
J'ajouterai vos liens au fur et à mesure!

Présentation de l'éditeur


Alexandre Astrid reçoit un jour par la poste un manuscrit anonyme intitulé Garden of love, placé ainsi sous le signe du grand poète anglais William Blake. Vite, entre les lignes, Alex, flic paumé sur la touche, y lit une version troublante, et même diabolique, de sa propre vie. A travers les «liaisons dangereuses» d'un trio de jeunesse - amours trahies, blessures d'enfance, fantômes et monstres d'antan - le mystérieux auteur omniscient brouille les pistes avec une grande perversion et ouvre, comme aux échecs, un jeu de manipulations. Alexandre est renvoyé à ses souvenirs les plus douloureux, ses plus grands vertiges. Le voilà à revivre un épisode déterminant pour lui : son affrontement avec Edouard Dayms, jeune homme aussi brillant que déséquilibré, d'une impressionnante emprise sur les autres. Alex fait alors ce qu'il sait faire : il enquête, fouille, fouine. Mais cette fois, sa matière, c'est son propre passé.

Avec la force et maîtrise déjà affichées dans la Part des chiens (Prix de la ville de Saint-Quentin) ou d'Intérieur nord (Prix du Rotary Club de la nouvelle), Marcus Malte fascine par la violence et la tendresse de son univers, par ses personnages livrés à leurs failles les plus intimes. D'une ambition formelle audacieuse, Garden of love offre un affrontement fatal entre passé et présent, raison et folie, palais des glaces impitoyable, mécanique machiavélique. Marcus Malte signe un roman palpitant et virtuose, peuplé de voix mystérieuses et troublantes qui susurrent à l'oreille confidences et mensonges, tentations et remords. En tendant un véritable piège. Avec beaucoup d'aplomb.


Mon petit mot

 Pfff! Un livre dont je sors essoufflée!
Une histoire prenante, qui vous happe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher...

Et pourtant, au début, je n'ai pas été emballée, l'impression d'être totalement perdue entre les personnages, de devoir plusieurs fois revenir en arrière pour tenter de comprendre qui était qui,  qui était le narrateur dans telle partie...  avant de réaliser que c'était bien sûr le but recherché,  et de me prendre à ce jeu diabolique.

Entre roman psychologique et polar (plutôt psychologique que polar d'ailleurs à mes yeux) , manipulations en tout genre (des personnages et du lecteur) , une construction très habile, qui révèle peu à peu la complexité des personnages et les liens entre eux, et laisse au lecteur le soin de démêler  le vrai du faux... sans être sûr de rien! 

A chacun d'y faire sa propre enquête et de l’interpréter à sa manière finalement... 
J'ai relu plusieurs passages après avoir fini le livre pour finir de remettre quelques pièces du puzzle dans l'ordre... un roman troublant qui demande une attention sans faille du lecteur!  

Et puis comme souvent avec cet auteur, il y a la musique, ici Schubert en particulier, et son Impromptu en si bémol, à écouter en lisant ce livre...



Bref, un roman surprenant, que je suis ravie d'avoir enfin sorti de ma PAL!

et pour la minute poèsie

The Garden of Love de  William Blake
 
I went to the Garden of Love,
And saw what I never had seen:
A Chapel was built in the midst,
Where I used to play on the green.

And the gates of this Chapel were shut,
And Thou shalt not. writ over the door;
So I turn'd to the Garden of Love,
That so many sweet flowers bore. 

And I saw it was filled with graves,
And tomb-stones where flowers should be:
And Priests in black gowns, were walking their rounds,
And binding with briars, my joys & desires.

Dans le cadre du challenge
et du


prix reçu dans la catégorie polar en 2008


Mes lectures du même auteur:

Fannie et Freddie de Marcus Malte


   Marcus Malte   Les harmoniques (Beau Danube Blues)

mercredi 18 février 2015

Lectrice Mark Arian



une petite bulle de douceur dans cette série des lectrices dans l'art avec deux oeuvres de Mark Arian...
Bonne journée!

lundi 16 février 2015

George Sand Les carnets secrets d’une insoumise Catherine Hermary-Vieille

novembre 2014 XO éditions

Le roman de la vie cachée de George Sand

De George Sand s’impose l’image de la « bonne dame de Nohant ». Celle qui, ayant derrière elle une riche carrière littéraire, s’occupait de son jardin et de ses œuvres. Pourtant, la romancière fut tout autre que cette image surannée : une amoureuse ardente, une républicaine, une combattante de la cause des femmes. Pourquoi un tel fossé entre ce qu’elle fut et l’image qu’elle a laissée ? En grande partie parce que, dans ses mémoires, George Sand a occulté tout un pan de sa vie.
C’est cette histoire cachée que font revivre ces Carnets secrets, histoire romancée qui repose entièrement sur des faits avérés. Alors que sa fille Solange lit les confidences – fictives – de George Sand, les points de vue de la mère et de la fille se répondent. Ils dressent le portrait d’une femme libre, passionnément amoureuse – notamment de Musset et de Chopin –, qui mène sa vie personnelle et sa carrière d’une même main de fer.
George Sand est une fantaisiste organisée, une passionnée à la tête froide qui place sa liberté au-dessus de tout le reste. Une femme à la modernité éclatante.
Dans la veine de ses grands romans historiques – Le Grand Vizir de la nuit (prix Femina), La Marquise des ombres ou encore Merveilleuse – Catherine Hermary-Vieille dresse le portrait d’une George Sand inconnue, une femme fascinante et libre.

Mon petit mot



Je suis dans ma phase redécouverte de George Sand , après ma visite à Nohant, ce livre tombait donc très bien pour continuer à en savoir plus.

Commençons tout de suite par le négatif, la forme m'a gênée ... les faux carnets de George Sand... oui... pourquoi pas... mais après avoir lu plusieurs extraits de ses mémoires, je crois que j'aurais préféré carrément un vrai roman plutôt que ce mélange "faux carnets"  / point de vue de sa fille .
J'aurais également aimé que le livre soit accompagné de références bibliographiques, en particulier autour du personnage de Solange.

Ceci posé, le point de vue choisi, à travers la mise en avant des relations mère-fille en particulier entre George Sand et sa fille Solange apporte un éclairage intéressant sur le personnage.
On connaît souvent la femme aux nombreux amants, ils sont présents ici, à travers par exemple le voyage en Italie avec Musset, celui à Majorque avec Chopin... moins la mère...

L'image familiale (ainsi qu'envers certains domestiques à certaines périodes) donnée est loin d'être rose, la bonne dame de Nohant apparait parfois franchement désagréable et bien peu psychologue envers sa fille. Que d'incompréhensions...

Sinon, on plonge avec bonheur dans l'univers culturel autour d'elle, les musiciens, les peintres, les comédiens, les auteurs...  toute une galerie qui défile... mais aussi dans la vie politique de l'époque, ses livres prennent également un éclairage particulier en les replaçant dans le contexte de leur écriture


 Bref, un livre qui m'a intéressée, à conseiller à ceux qui connaissent peu G. Sand, sa lecture en est très accessible, et que je compléterai sans doute par la relecture d'autres textes de George Sand mais aussi  de textes plus historiques sur sa fille.
Dans le cadre des ;

samedi 14 février 2015

La femme au carnet rouge Antoine Laurain

parlez-moi d'amour....Redites-moi des choses tendres...
c'était le thème du RDV éphémère de Sophie aujourd'hui, et l'occasion idéale de sortir ce roman de ma PAL!
Une comédie romantique idéale pour se mettre du baume au coeur!


Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Laurent le découvre le lendemain, abandonné dans la rue, tout près de sa librairie. S'il ne contient plus de papiers d'identité, il recèle encore une foule d'objets qui livrent autant d'indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum... Désireux de la retrouver, l'homme s'improvise détective. A mesure qu'il déchiffre le carnet rouge contenant les pensées secrètes de Laure, le jeu de piste se mue en une quête amoureuse qui va bouleverser leurs vies. Orchestrant avec humour coïncidences et retournements de situation, Antoine Laurain signe une délicieuse comédie romantique qui rend hommage au besoin de merveilleux sommeillant en chacun de nous.

Mon petit mot

un livre qui m'avait attiré à sa sortie et que l'avis 






jeudi 12 février 2015

Le dernier gardien d'Ellis Island de Gaëlle Josse

New York, 3 novembre 1954. 
Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à ses choix les plus terribles.


 Mon petit mot

Ellis Island ... une île située à l'embouchure de l'Hudson à New York, toute proche de la statue de la Liberté. Porte d'entrée vers la terre promise, Porte d'or, l'eldorado pour de nombreux  immigrants arrivant aux États-Unis, de 1892 à 1954...  ou le refoulement... voir pire... bien des drames s'y sont noués...

A la veille de la fermeture du centre, un gardien, le dernier, revient en arrière et nous ouvre ses souvenirs...
Et le talent de conteuse de Gaëlle Josse fait une nouvelle fois merveilleuse.

Bien plus que l'histoire de ce centre, c'est une magnifique galerie de personnages qui est brossée et une époque qui se dépolie sous nos yeux.
De secrets en regrets,  des histoires très touchantes, tant pour les immigrés que du côté des membres du personnel du centre, une multitude de thèmes abordés, et une très belle plume, bref, un nouveau coup de coeur pour un livre de cette auteure!


Pour en savoir plus sur l'histoire de ce service d'immigration et en découvrir de nombreuses illustrations, c'est par ici, en prolongement du livre. 


 Dans le cadre du challenge

De la même auteure, j'ai lu et apprécié

 

 

lundi 9 février 2015

La tempête de Juan Manuel de Prada

« Il est difficile et obscène d'éviter le regard d'un homme qui saigne à mort, mais plus difficile encore de le soutenir et de surnager dans le tourbillon de passions troubles et de secrets posthumes qui s'entassent dans ses rétines. » Ainsi commence l'aventure d'Alejandro Ballesteros, maure-assistant en histoire de l'art, venu à Venise pour voir le mystérieux tableau de Gorgione, La Tempête. En quatre jours, Ballesteros est témoin de l'assassinat d'un célèbre faussaire, s'éprend d'une femme exceptionnelle et fait la connaissance de personnages ténébreux liés au trafic de tableaux. 
Mêlant intrigue policière et réflexion sur l'art, opposant la raison à la passion dans le vertige de la création artistique, juan Manuel de Prada s'impose par l'extraordinaire vigueur de son style comme le plus grand des jeunes écrivains espagnols. 
Mon petit mot

Un livre choisi pour Venise, et qui m'avait rebuté par l'écriture de ses premières pages quand j'avais commencé à le lire une première fois, il y a quelques années. Un je ne sais quoi qui m'avait déplu . Mais comme je n'aime pas rester sur un échec, le voilà ressorti et cette fois je suis allée au bout!

J'ai toujours quelques réserves sur l'écriture, mais cette fois Venise a été la plus forte!
Des coulisses de la galerie de l’académie à Torcello, tant de souvenirs de voyage sont revenus en mémoire, et m'ont fait passer un agréable moment!

De ruelles en palazzo abandonné, de canaux en marécage, d’acqua alta en brume, d'une église à l'autre, on redécouvre des quartiers, des ambiances... et même cette intrigue de faux tableaux a fini par me tenir en haleine!

Et puis il y le fameux tableau La Tempête de Giorgione daté entre 1500 et 1510, conservée aux Gallerie dell'Accademia de Veniseet dont le roman donne au moins envie de comparer les interprétations! 




dans le cadre des challenges:



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