lundi 14 décembre 2015

les Métamorphoses d’Ovide : Médée

Le thème retenu pour le Challenge italien ce mois-ci était l'Antiquité, et Denis et Marianne m'ont donné envie de m'attaquer à ce classique.
Je n'ai pas commencé par le début, mais par un personnage de la mythologie dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises ici : Médée.
Comment est-elle présentée chez Ovide?
Des différences notables par rapport à Euripide, Sénèque ou encore Corneille?

Présentation

Le poète latin Ovide est né en 43 avant J.-C. à Rome et mort exilé en Dacie en 17 après J.-C..

En l’an 1 ap. J.C., il entreprend Les Métamorphoses, recueil de poèmes organisé en quinze livres de huit cents vers environ chacun. Il y dresse une galerie des métamorphoses mythologiques de dieux ou d’humains en êtres ou objets divers, en végétaux et animaux, en fleuves ou autres éléments naturels.
 La mythologie n’est pas seulement explorée pour fournir un catalogue d’histoires pittoresques : elle est envisagée comme une réflexion sur l’homme et la vie.
 Le récit de la métamorphose comporte une sorte de moralité. Les dieux récompensent les hommes - Philémon et Baucis pour leur hospitalité - ou les punissent : Jupiter punit la cruauté de Lycaon, les paysans lyciens sont transformés en grenouilles pour avoir refusé de l’eau à une déesse, Arachné est punie de sa vanité, Narcisse ou Echo pour s’être trop aimés eux-mêmes. Le récit de la métamorphose rétablit un certain ordre du monde.

Médée rajeunit Éson estampe de 1806

 



Mon petit mot

On retrouve d'abord de façon classique Médée la magicienne, qui aide Jason à conquérir la toison d'or, tout en étant en proie à un premier questionnement : amour / raison, fidélité à son père / envie de quitter la Colchide et de découvrir une autre civilisation / promesses de Jason...  dilemmes pas toujours développés chez d'autres auteurs... mais le coeur finit par l'emporter...

Puis vient la fuite avec Jason, et dans cette version, pas de meurtre : Médée ne tue pas son frère Apsyrtos , la fuite n'est que brièvement évoquée.
En revanche, est détaillé tout ce qui concerne les pouvoirs de magicienne de Médée : son aide apportée à Jason d'abord, ( pour vaincre  les taureaux aux pieds d'airain, puis des guerriers et enfin un dragon) puis pour rajeunir Éson,  le père de Jason) et pour le meurtre de Pélias.

Ovide est ensuite extrêmement bref sur les parties du  mythe qui sont habituellement les plus développées, balayées en quelques vers tandis que ses procédés magiques pour rendre la jeunesse à Eson occupent plusieurs pages, difficile de faire plus bref : 
Quand la nouvelle épouse de l'infidèle Jason eut revêtu la robe empoisonnée, quand les deux mers que l'isthme divise eurent vu brûler le palais de Créon, Médée, mère impitoyable, achève son horrible vengeance, et plonge un glaive impie dans le cœur de ses enfants ; et se dérobant à la fureur de Jason, elle remonte sur son char, presse le vol de ses dragons, et descend sur les remparts d'Athènes.

Chez Ovide, Médée se réfugie ensuite à Athènes (comme chez Euripide) , où elle épouse le roi Égée. A l'arrivée de Thésée, elle pousse Egée à se débarrasser de l'intrus, qu'il ignorait être son fils. Il le reconnait de justesse. Médée disparaît , une nouvelle fois grâce à la magie. 

C'est donc une version "Médée la magicienne" que nous livre ici Ovide, il faut dire qu'il lui a par ailleurs consacrée une tragédie entière, une Médée hélas aujourd'hui perdue, et l'évoque aussi dans les Héroïdes, il peut donc ce concentrer dans les Métamorphoses sur le thème de la magie uniquement, partant du principe que ses lecteurs connaissent le reste de l'histoire.
Bref, une version très complémentaire de celles des autres auteurs !
J'en profite pour remettre mes liens consacrés au personnage de Médée, entre mythe, art et théâtre.
 
Médée dans les fresques antiques, le mythe  et ses variations

Médée au théâtre, d'Euripide à Corneille,en quelques citations

Médée, vue par Christa Wolf, une relecture du mythe, avec un tout autre aspect du personnage de Médée

 Médée dans l'art

Médée : interprètes et costumes de scène

 Dans le cadre des challenges





8 commentaires:

  1. je reconnais bien l'amatrice de théâtre! chacune lit avec ses centres d'intérêts.

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  2. J'aime beaucoup les métamorphoses d'Ovide, tu me donnes envie de me replonger dedans.

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    1. et chaque partie est assez indépendante, on peut piocher selon nos envies!

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  3. Je l'ai croisé hier à l'expo Fragonard (le bouquin pas Ovide...) et je me suis dit qu'il faudrait que je le lise un jour;..

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    1. par petites touches, c'est tout à fait accessible!

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  4. Très bel article.
    Je vais comme toi prendre un des mythes car je n'aurai pas tout lu d'ici la fin décembre.

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    1. C'est l'avantage on peut lire par morceaux !

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