dimanche 19 juillet 2015

Andromaque Jean Racine Compagnie Viva #off15

Andromaquetragédie en cinq actes de Jean Racine écrite en 1667 et représentée pour la première fois au château du Louvre le . Elle comporte 1648 alexandrins.


Théâtre de l'Oulle 
Mise en scène : Anthony Magnier
Avec : Pauline Bolcatto, Moana Ferré, Nathalie Lucas, Anthony Magnier et Julien Saada.
Scénographie : Maxime Kurvers - Lumières : Marc Augustin-Viguier  - Costumes : Mélisande De Serres - Création sonore : Mathias Castagné
Avec le soutien du Jeune Théâtre National, de La Ville de Versailles et du Festival du Mois Molière

En co-production avec La Ferme de Bel-Ebat (Guyancourt), le Théâtre Municipal de Cambrai et le Forum (Fréjus).



T’épouser, toi qui a massacré ma famille, ou te laisser tuer mon fils. T’ordonner d’assassiner celui qui en aime une autre. Renier tous les miens si tu m’en aimes plus. Exécuter ton fils si tu ne m’aimes pas. Nous sommes des monstres. Nous sommes des monstres de pulsions, d’égoïsme, de pouvoir, prêt à tout pour assouvir nos envies, calmer nos frustrations. Nous sommes des monstres. Nous sommes des monstres d’amour, de tendresse, de joie, de tristesse et de peur. Nous sommes des monstres, nous, personnages de Racine, nous, êtres humains. Les mêmes démons nous agitent, les mêmes peurs nous assaillent. 
Racine nous parle de nous. Il nous demande jusqu’où nous irions par passion. Terreur et pitié sont les sentiments que doit susciter la tragédie. Voilà la tâche à laquelle s’attelle Racine. Il pousse la passion jusqu’à son paroxysme, amène ses personnages au bout de leur monstruosité, dépassant leur statut social et leur position politique. Il les débarrasse de tout ce qui peut entraver le développement de leurs pulsions, se retrouvant face à des problématiques qui n’ont rarement d'autres résolutions que la mort ou la folie. 
Sous le doux couvert des règles de bienséance, il déchire les coeurs, il fait saigner les corps. Il est d’autant plus violent sur le fond qu’il est respectueux sur la forme. On s’écharpe, on s’assassine, oui, mais sur douze pieds, dans un même lieu, en une seule journée ! De cette tension entre forme et fond, vient la force de l’écriture de Racine.

Mon petit mot

Une réalisation de chair et de sang, de corps et de passions, de cendres et de larmes,  puissante!

Dans une très bel écrin, lumières, musique, on redécouvre la force de cette tragédie, et des visuels très forts resteront je pense longtemps en mémoire.

Le choix d'un confident unique resserre les éléments, tout comme la durée globale du spectacle (1h35, tout est concentré, épuré) et contribue à aller à l'essentiel, les ravages de la passion, au coeur de la tragédie.

La tension ne faiblit pas, les alexandrins font mouche, pas de répit et ce resserrement fait ressortir encore plus fort certaines répliques !
Le personnage d'Hermione en particulier m'a touchée plus que dans d'autres versions de cette pièce que j'avais pu voir .
De scènes traitées comme de vrais tableaux:



Il faut saluer l'engagement des interprètes, une belle unité, qui font de ce spectacle une vraie réussite!



Dans le cadre des challenges


2 commentaires:

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