lundi 30 septembre 2013

La vie à côté Mariapia Veladiano

La vie à côté de Mariapia Veladiano

La cosmopolite Stock
La vita accanto Traducteur : Catherine Pierre-Bon
21/08/2013

Présentation de l'éditeur
Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans une magnifique maison au bord d’un fleuve, aux côtés d’un père, médecin trop absent, et d’une mère qui « a pris le deuil à sa naissance ». Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena qui la protège. C’est sans compter sur l’impétueuse tante Erminia, qui décide de l’initier au piano, et qui cache pourtant des sentiments moins nobles. Mais Rebecca est douée et va concentrer sa vie entière dans ses mains, parfaites. La rencontre avec la Signora De Lellis, musicienne réputée et détentrice d’un secret de famille, le confirme : une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté.
Avec la légèreté et la férocité d’une fable, La vie à côté brosse le portrait d’une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.
Après des études de philosophie et théologie, Mariapia Veladiano est aujourd’hui professeur de lettres à Vicenza.


Le début
Une femme laide n'a pas le recul nécessaire pour raconter sa propre histoire. Il lui manque une vision d'ensemble. Une certaine objectivité. Elle la raconte de l'angle où la vie l'a contrainte, par la brèche que la peur et la honte n'ont laissée entrouverte que pour pouvoir respirer, pour ne pas mourir.
Une femme laide est incapable d'exprimer ses propres désirs. Elle ne connaît que ceux qu'elle peut se permettre. En toute honnêteté, elle est incapable de dire si elle préférerait une robe moulante rouge carmin, au décolleté de velours, à la robe bleue, parfaitement passe-partout qu'elle porte lorsqu'elle va au théâtre - ce théâtre où elle choisit systématiquement le dernier rang, arrivant à la dernière minute, juste avant que l'on n'éteigne les lumières, et toujours en hiver, pour mieux se cacher sous son chapeau et son écharpe.

Mon petit mot
Un portrait, un parcours, une éclosion.
Le vilain petit canard qui prend son envol, qui s'adapte, qui tombe, qui renait.
Des ennemis, tant par les actes que par les non-actes justement. Des mensonges. Des secrets. De rares amis. Et la musique. Un piano pour grandir pour l'une, le chant et Schubert pour l'autre.
Et puis l'Italie, Vicence, l'eau...
Bref, un conte moderne musical qui me donne encore plus envie de découvrir cette ville de Vicence qui fait partie de ma liste de voyages "à faire".
Merci à Mirontaine pour cette découverte!


vicence en photos

Dans le cadre des challenges

samedi 28 septembre 2013

La trinité

Un dernier clin d'oeil aux vacances de cet été!

La Trinité Sur Mer, en Bretagne Sud, dans le Morbihan, entre port, plage et parcs ostréicoles, un détour bien agréable!

de nombreuses régates y sont organisées, et le port permet d'admirer toute sorte de bâteaux



du côté ostréicole

depuis le pont de Kérisper qui domine le port...











jeudi 26 septembre 2013

LUCRÈCE BORGIA Hugo/Berelowitsch/Hands CDRT

LUCRÈCE BORGIA 

Lucrèce Borgia de Victor Hugo mise en scène Lucie Berelowitsch

CDR Tours Nouvel olympia septembre 2013

Avec Marina Hands en Dona Lucrezia ainsi que Guillaume Bachelé, Antoine Ferron, Jonathan Genet, Julien Gosselin, Thibault Lacroix, Dan Artus, Boris Sirdey, Nino Rocher et Elie Triffault.

assistanat à la mise en scène et conseil dramaturgique : Kevin Keiss
musique : Sylvain Jacques
scénographie : Kristelle Paré
conseil chorégraphique : Nasser Martin Gousset
lumières : Sébastien Michaud
costumes : Caroline Tavernier
assistant aux costumes : Pierre-Yves Loup Forest
production : Compagnie Les 3 Sentiers

Présentation:



Mon avis:
Une Lucrèce qui réveille!
Les soirées au théâtre après une journée de travail, j'ai toujours un doute, risques de bâillements or not? Ici, dix secondes après le noir, aucun risque (un petit écho à l'expo nu masculin d'Orsay?... ), visuellement comme acoustiquement, cela réveille.  Il m'a fallu un petit peu de temps pour m'y faire, d'autant que cette Lucrèce d'Hugo comme celle de tant d'autres romanciers est assez loin de la Lucrèce Borgia historique. Et de mon séjour à Ferrare, j'en avais gardé une autre image du personnage.
Lucrèce Borgia par Le Pinturicchio, 1492-1494.

Bref, une fois la mise en route passée, plongée dans Venise et Ferrare donc, sueur, sang, et poison... dans un cadre de palais/serre en déliquescence, d'un monde corrompu qui s'écroule... et toute la noirceur des personnages qui prédomine. Lucrèce seule femme contre tous, tour à tour victime, manipulatrice, miséricordieuse, amoureuse, cruelle, émouvante... un personnage bien servi par Marina Hands.
Quand à la peinture de la société, ambition dévorante, attrait du pouvoir.... il y a toujours des petites phrases qui trouvent des échos dans notre monde d'aujourd'hui.
Et n'oublions pas de relire une biographie historique de Lucrèce Borgia en contrepoint!

Créé au théâtre de la Porte Saint-Martin le 2 février 1833
DOÑA LUCREZIA BORGIA.Mlle George
GENNARO Frédérick Lemaître
LA PRINCESSE NÉGRONI Juliette Drouet

A voir ensuite à Paris à l'Athénée Louis-Jouvet en octobre

Dans le cadre des challenges théâtre et romantisme.



et challenge-victor-hugo

mardi 24 septembre 2013

Concerto pour la main morte Olivier Bleys

Présentation de l'éditeur
Concerto pour la main morte - Olivier Bleys - Éditions Albin Michel.
22 août 2013
«La vie n'est qu'un tissu d'à-peu-près, de décisions hâtives, de situations instables sur lesquelles on bâtit pourtant un mur en plâtre qu'un coup de poing peut traverser.»

À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie : Colin, un pianiste raté dont la main droite refuse d'obéir dès qu'il se met à jouer le concerto n°2 en do mineur de Rachmaninov.
À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys, l'auteur de Pastel, crée ici un univers poétique où le tragique côtoie l'absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique, d'amitié entre les hommes, ce livre jubilatoire nous invite à cultiver la joie plutôt que la tristesse.


Le début
Le petit village se nommait Mourava, ce qui traduit de l'ancien russe donne à peu près «la jeune herbe». Encore ne l'appelait-on «village» que par commodité, ou pour le distinguer d'autres plus frustes encore, parfois de simples campements qui s'échelonnaient sur de grandes distances le long du fleuve Ienisseï, région de Touroukhansk, Sibérie centrale. Il s'agissait en vérité d'un hameau très modeste, la réunion de quelques cabanes en amont d'un gué poissonneux, des baraques de bois et de goudron massées là comme l'est le sable au coude d'une rivière. Naguère, peut-être, un pêcheur avait tiré sa barque sur cette grève de cailloux, un chasseur écorché des zibelines sous ces sapins. Cela avait suffi à déposer dans cette solitude, sous la forme à jamais provisoire de rondins bruts et de planches mal équarries, quelques toits protégeant les villageois des rigueurs de l'hiver.

Mon avis
La musique, la Sibérie, l'amitié, les vies antérieures, tels sont les thèmes de ce livre qui nous entraîne au fin fond de la Russie, aux côtés d'un pianiste dont une main refuse d'interpréter le fameux concerto pour piano n° 2 de Sergueï Rachmaninov. Pourquoi ce problème? Une plongée dans son passé, dans ses désirs, aux côtés des "autochtones" et de l'environnement plutôt hostile du lieu vont lui permettre non seulement de régler son problème physique mais aussi de reprendre en "main" son destin.
Une renaissance, qui se traduit également par la numérotation des chapitres, en compte à rebours vers cette nouvelle vie.
Un conte moderne, la rencontre de deux hommes à un carrefour de leur vie, la confrontation de deux modes de vie, font de cette lecture une parenthèse fort agréable.

Une vue des rives du fleuve Ienisseï près de la ville de Krasnoïarsk.



A lire en écoutant bien sûr  Sviatoslav Richterjouant Rachmaninoff


Dans le cadre des challenges Des notes et des mots et rentrée littéraire, et encore merci Anne pour cette belle découverte!


dimanche 22 septembre 2013

Immortelles Laure Adler

Immortelles de Laure Adler
Date de parution: 28/08/2013
Editeur: Grasset & Fasquelle

Présentation de l'éditeur
Florence, Suzanne, Judith. Elles forment une sarabande dans ma tête. Leur amitié m'a construite et m'a rendu différente. Avec elles, j'ai ressenti ce à quoi nous ne pensions jamais, ce que vivre signifiait. Une nuit d'été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu'elle croyait enfouis dans l'oubli. Sous ses yeux défilent alors les vies des trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d'elle aussi, qu'elle rassemble soudain. Il y a Florence, « la collectionneuse » d'hommes, rencontrée à Avignon parmi la foule venue applaudir Vilar et Béjart, la bohème moderne toujours entourée de comédiens ou d'artistes fantasques, de drogues et de musique. Suzanne, l'affranchie avec qui elle part à Barcelone goûter aux plaisirs d'une existence risquée, qu'elle suit un temps à la clinique de la Borde, aux côtés de Guattari et de Basaglia, et à qui toujours elle écrira, jusqu'en Afrique, où « la gitane » est partie soigner d'autres âmes. Il y a Judith, enfin, l'enfant de Buenos Aires, dont le passé remonte jusqu'au ghetto de Varsovie et que le destin a ramenée à Paris. Judith l'amoureuse, la timide, la studieuse, connue sur les bancs de Jussieu entre un séminaire de Deleuze et un cours de Kristeva, avec qui elle partage l'amour de la pensée. Avec elles, la narratrice a connu l'innocence, l'éveil sexuel, la violence du réel et les désillusions. Se souvenir de leurs visages et de leurs vies, c'est revenir sur les marches de la jeunesse, au pied de l'âge adulte, et replonger dans cette France des années 60-70, encore pleine de liberté et de fougue. Un hymne à l'amitié féminine.
Journaliste, historienne et écrivain, Laure Adler publie son premier roman, "Immortelle" (Grasset), un hymne à l'amitié féminine.
Le début:
C’était une nuit de pleine lune. Je me suis réveillée en nage. Dehors, le long des cyprès, j’ai cru entendre des bruits de pas. Je ne vois pas qui peut bien s’aventurer ici, dans cette maison isolée en pleine campagne, où je vis seule une partie de l’été.
Ma famille me reproche de vivre dans le passé, de ne plus savoir goûter au présent et de pouvoir encore moins imaginer l’avenir. Elle a raison. Je me suis construite une sorte de grande cage mentale où j’ai emprisonné des souvenirs, des émotions, des perceptions. Je vis avec mes disparues. Je leur parle parfois et cela ne me dérange pas. Contrairement à d’autres personnes de mon entourage, je n’ai pas de problème avec ce commerce. Elles ne me répondent pas, mais ce n’est pas grave. L’important est de savoir s’approcher de ce royaume où l’on ne s’aventure plus guère.
Mon petit mot
 Des portraits de femmes, la jeunesse, les destins compliqués, les espoirs plus ou moins déçus... on s'attache à ces trois personnages que l'on suit en parallèle (j'avoue, j'ai eu la tentation de sauter quelques pages pour suivre le même personnage sur plusieurs chapitres avant de revenir à une autre) jusqu'à ce qu'elles se rencontrent (ce qui est finalement une toute petite part du roman).
Des adolescentes qui se construisent dans les années 60-70, premiers amours, la fac, la découverte du corps, des adolescentes issues de milieux différents mais partageant une même solitude, une même famille un peu bancale ou porteuse d'une histoire bien sombre. On suit leur évolution, leur construction identitaire,  depuis leur enfance, et le poids des mères, jusqu'à leur disparition, mort pour l'une, disparition de deux manières bien différentes pour deux autres.
A travers ce roman, c'est aussi une agréable plongée dans une époque,  soutenue par de nombreuses références musicales et littéraires, mais aussi dans le domaine de la médecine et de la psychanalyse. Et puis il y a le théâtre, le festival d'Avignon de Vilar, Boulez, Béjart et du Living Theater et ses scandales en 1968:


Un premier roman dans le cadre du challenge rentrée littéraire 2013, merci à Dialogues croisés et à l'éditeur pour cette lecture

vendredi 20 septembre 2013

Alignements de Carnac


Vacances suite et presque fin (avec un mois de retard!)
un petit tour par Carnac et ses célèbres alignements
Menhirs bien alignés et rangés du plus petit au plus grand,  dolmens et allées couvertes sur plus de quatre kilomètres avec près de 4 000 pierres levées, c'est particulièrement impressionnant!
une perspective qui n'a pas fini de questionner
érigés entre 5 000 et 2 000 avant J.C, ces menhirs sont le prétexte à une belle randonnée pédestre
Les pierres pèsent 1 à 2 tonnes en moyenne, certaines encore plus.
Les menhirs sont des pierres dressées fichées dans le sol. Disposés en ligne, les menhirs forment des alignements ; regroupés en cercle ou en demi-cercle, ils constituent des cromlechs. Quand au dolmen  « table de pierre » en breton, est composé de dalles monumentales assemblées sans l’aide de ciment ou de mortier ; il a pu servir de tombeau.
Culte des morts, calendrier solaire, enceinte d'un lieu sacré?
Entre hypothèses archéologiques et légendes, un site qui n'a pas fini de faire rêver!


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