mercredi 31 octobre 2012

L'Amour sans le faire Serge Joncour

Serge Joncour  L'Amour sans le faire

L'amour sans le faire, sur Dialogues
 Flammarion, août 2012

Présentation: 

« On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant aux Bertranges, chez ses parents qu'il n'a pas vus depuis dix ans. Louise est là, pour passer quelques jours de vacances avec son fils dont elle a confié la garde aux parents de Franck. Le temps a passé, la ferme familiale a vieilli, mais ces retrouvailles inattendues vont bouleverser le cours des choses. Franck et Louise sont deux êtres abîmés par la vie, ils se parlent peu mais semblent se comprendre. Dans le silence de cet été chaud et ensoleillé, autour de cet enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler, tout simplement, à la vie réinventée.
Serge Joncour a écrit :
Vu, Le Dilettante, 1998 ; J’ai Lu 2000.
Kenavo, Flammarion, 2000 ; J’ai Lu, 2002.
Situations délicates, Flammarion, 2001 ; J’ai Lu, 2003.
In vivo, Flammarion, 2002 ; J’ai Lu, 2006.
UV, Le Dilettante, 2003 ; Folio, 2005.
L’Idole, Flammarion, 2004.
Que la paix soit avec vous, Flammarion, 2006 ; J’ai Lu, 2008.
Combien de fois je t’aime, Flammarion, 2008 ; J’ai Lu, 2009.
L’homme qui ne savait pas dire non, Flammarion, 2009 ; J’ai Lu, 2012.

Son roman L'Idole (2005) est  adapté au cinéma par Xavier Gianolli sous le titre de Superstar .

Le début de  L'Amour sans le faire Serge Joncour

Il voulait les prévenir avant de descendre. Ce jour-là il laissa sonner longtemps, il reposa même le téléphone  pour vérifier le numéro, il n’était plus très sûr depuis le temps. En ramenant l’écouteur à son oreille il tomba  sur un long silence, comme si quelqu’un venait de décrocher. En fait non, ça sonnait toujours. C’est devenu  inhabituel d’entendre sonner sans fin, sans qu’aucune messagerie ne se déclenche. Du regard il faisait le tour de son appartement, ce vertige absolu de devoir le quitter.
Il réessaya une heure plus tard, toujours rien, puis une nouvelle fois en toute fin d’après-midi, là encore pas de réponse. C’était inquiétant, ces sonneries qui se perdaient dans le vague, il se représentait ce décor oublié là-bas, le téléphone au fond du couloir, la maison isolée, vide peut-être, par distraction il revisitait mentalement l’endroit mais finalement ce coup-ci on décrocha, une petite voix de môme à l’autre bout du fil qui lui lança :
— Allô, c’est qui ?

Mon avis - citations  L'Amour sans le faire

Cela commence fort, très vite, l'envie de savoir ce qui va arriver à ces personnages, qui va croiser qui, comment chacun va-t-il avancer? Et puis le temps se suspend, tout devient un peu flottant, non-dits, silences, taiseux. Paris, Clermont-Ferrand, le Lot. La campagne, la ferme, les sangliers, la chaleur. La famille. Les paysans et le Parisien. Les générations. Être l'héritier... faire un autre choix... 
 « Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents. »
Le fantôme du frère / compagnon disparu qui plane...
"C'est toujours dangereux de miser son destin sur un homme.C'est si fragile un homme."
 Deux personnages à la dérive, qui ont besoin de se poser, pour mieux se reconstruire. 
 "Souvent,il surprend chez lui une attitude que chez les autres il ne supporterait pas.Que les autres soient décevants, c'était fatalement concevable,mais s'y surprendre soi c'était mortifiant."
Un enfant, étourdissant de vie au milieu. L'heure du bilan, de la prise de conscience. Se retourner vers le passé pour mieux profiter du temps présent.
Il y a de la simplicité dans l'écriture, de la discrétion, c'est la voix du silence qui prédomine, et des images qui surgissent, et nous renvoient à notre propre passé. Des souvenirs de vacances justement qui sont remontés chez moi, le sirop de citron et les marchés...
« Ne pas pouvoir s’aimer, c’est peut-être encore plus fort que de s’aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s’en tenir à ça, à cette très haute idée qu’on se fait de l’autre sans tout en connaître. »

La vidéo qui m'a donné envie de lire ce livre:


Un livre lu dans le cadre de l'opération Dialogues croisés, un grand merci à eux et aux éditions Flammarion pour cette belle opportunité
En Lecture Commune sur : Livraddict

 Et une lecture qui entre dans le cadre des challenge autour de la rentrée littéraire, l'objectif du 1 % à atteindre se rapproche peu à peu!

Pour retrouver ce livre et les autres que j'ai lu ou dans ma pile à lire , ma liste de lecture:
 

lundi 29 octobre 2012

La Couturière de Frances de Pontes Peebles

La Couturière de Frances de Pontes Peebles

Présentation : 
Brésil, 1920. Orphelines, Emilia et Luzia Dos Santos auraient pu être de modestes couturières unies à jamais dans l'adversité. Mais le destin en a voulu autrement et elles seront bientôt séparées par les déchirements d'un pays en proie aux coups d'Etat et aux révoltes populaires. Tout opposera en effet les deux sœurs : Emilia qui ne connaîtra que tourments et désillusions en épousant un notable de Recife, et Luzia qui sera kidnappée par un des plus célèbres Cangaceiros, ces bandits mercenaires qui terrorisent les propriétaires terriens. Prenant bientôt fait et cause pour les paysans affamés du Sertao, celle qui sera surnommée la Couturière devient plus impitoyable encore que ses ravisseurs. Dans ce Brésil âpre et violent des années 1930, Emilia nourrit toujours un infime espoir : et si Luzia avait survécu ? Se cacherait-elle sous les traits de la Couturière, cette femme réputée impitoyable, devenue chef des mercenaires ? La femme-bandit et l'épouse déçue n'en ont décidément pas fini avec les rivalités de classes et de clans. Frances de Pontes Peebles fait revivre ici l'histoire tumultueuse du Brésil de son enfance et brosse le portrait saisissant de deux femmes extraordinaires.   Frances de Pontes Peebles est née dans le Nordeste brésilien et a grandi à Miami.  La Couturière est son premier roman.

Le début 
PROLOGUE
Recife, Brésil  14janvier 1935
Emilia ouvrit les yeux, seule dans l’imposant lit ancestral qui avait été la couche nuptiale de sa belle-mère et
où elle dormait désormais. Il avait une teinte caramel et des grappes de pommes cajou sculptées en ornaient
les montants, à la tête et au pied. Ces fruits en forme de cloche, lisses et charnus, qui bosselaient le bois de jacaranda semblaient si vrais que les premiers soirs qu’elle avait passés là, Emilia les avait imaginés mûrissant en l’espace d’une seule nuit – le bois de leur peau virait au rose et au jaune en même temps que leur chair compacte devenait douce et odorante au matin. Mais au bout d’un an, elle avait tiré un trait sur ces fantasmes puérils.

Mon avis :
Un véritable coup de coeur!
A travers ces deux femmes, ce sont deux aspects totalement différents du Brésil des années 30 qui nous sont donnés à comprendre, celui des villes et celui des cangaceiros, leçon d'histoire, leçon de géographie, découverte de la faune et de la flore du pays, mais sans en avoir l'air, au fil d'une intrigue qui ne laisse pas reprendre haleine.
On découvre en particulier la caatinga, au nord est du Brésil, la sécheresse, mais aussi les plantes qui permettent de survivre.

L'arrivée de progrès techniques, qu'ils soient utiles ou terribles, du perfectionnement des machines à coudre à celui des armes, la société en mutation, les repères bouleversés, la situation sociale des femmes , la lutte pour le droit de vote des femmes,  avec deux personnages féminins forts qui marquent les esprits, ces deux sœurs qui luttent, chacune à leur manière. D'ailleurs, pour le destin du personnage de Luzia, enlevée par les cangaceiros, qui doit survivre dans une nature hostile, à la lecture viennent à l'esprit de nombreux liens avec Même le silence a une fin de Ingrid Betancourt 
Photo caatinga Brésil

L'histoire des femmes, de deux femmes, l'histoire d'un pays, bref, je n'en dis pas plus, sinon que je vous le conseille! 


Lectures dans le cadre du challenge

samedi 27 octobre 2012

La lecture Berthe Morisot

Suite des lectrices dans la peinture avec  Berthe Morisot:


La lecture ou l’ombrelle verte  Berthe Morisot  1873

et un détail repris pour la bannière du blog de cette œuvre : 

Berthe Morisot La lecture ou la mère et la sœur de l'artiste1869

D'ailleurs, la transition entre les deux correspond bien à la saison, fini les temps de lecture dans le jardin , place au canapé! 

vendredi 26 octobre 2012

Le Dahlia noir de James Ellroy

 Elizabeth Ann Short

Le Dahlia noir de James Ellroy est un roman noir inspiré d'un fait-divers sordide qui troubla l'Amérique des années 40 :  l'assassinat d'Elizabeth Ann Short, le 15 janvier 1947. La jeune fille de 22 ans voulait devenir actrice.
Elizabeth Ann Short


Son corps,torturé,  mutilé, découpé, a été retrouvé coupé en deux au niveau du bassin et vidé de son sang dans un terrain vague de Los Angeles . 
Un assassinat d'une violence rare,  qui restera non élucidé, et qui inspirera écrivains et cinéastes.
Le surnom de Dahlia noir donné à la victime est mystérieux. Il pourrait venir de sa coiffure (ou d'une fleur qu'elle portait dans les cheveux), ou de ses vêtements noirs. Il fait également référence au film The Blue Dahlia (le Dahlia Bleu), avec Veronica Lake, sorti peu de temps avant le meurtre et dont l'intrigue est fondée sur l'assassinat d'une jeune femme et la recherche de son meurtrier.

Le Dahlia noir de James Ellroy

Le dahlia noir : couvertures du livre, affiches de film
 Présentation
 Premier opus du "Quatuor de Los Angeles", "Le Dahlia noir" met en scène l’un des crimes les plus terrifiants et les plus médiatisés de l’histoire des États-Unis : l’assassinat d’Elisabeth Short dont le cadavre a été découvert dans un terrain vague, nu, lacéré et mutilé, vidé de ses organes internes et sectionné au niveau de l’ombilic. En s’emparant de ce fait divers qui traumatisa l’Amérique tout entière et de l’enquête inaboutie qui s’ensuivit , James Ellroy s’immerge dans l’univers de la police de Los Angeles des années 1950, sa corruption, ses luttes d’influence et son incroyable violence. Un roman puissant, chef-d’oeuvre incontesté de la littérature noire américaine, dont l’écriture n’épargne à aucun moment ceux qui le lisent.

Prologue
Vivante, je ne l'ai jamais connue, des choses de sa vie je n'ai rien partagé. Elle n'existe pour moi qu'au travers des autres, tant sa mort suscita des réactions transparaissant dans le moindre de leurs actes. En remontant dans le passé, en ne cherchant que les faits, je l'ai reconstruite, petite fille triste et putain, au mieux quelqu'un-qui-aurait-pu-être, étiquette qui pourrait tout autant s'appliquer à moi. J'aurais souhaité pouvoir lui accorder une fin anonyme, la reléguer aux quelques mots laconiques du rapport final d'un Inspecteur de la Criminelle, avec copie carbone pour le Bureau du Coroner, et quelques formulaires supplémentaires avant qu'on ne l'emmène à la fosse commune.

Mon avis:
J'ai eu du mal à entrer dans cette histoire, l'univers de la boxe, le polar noir n'est pas mon genre de lecture habituelle, et puis au fil des pages, l'envie de savoir a été la plus forte. Et de rebondissements et rebondissements, on comprend pourquoi ce livre fait partie des grands classiques du roman noir.
Une plongée dans le Los Angeles de l'après-guerre, entre racisme, drogue, corruption, les méandres de la police... au delà de l'enquête, il y a aussi tout un univers intéressant à découvrir. Mais finalement, on sort de ce livre sans en savoir beaucoup plus sur le personnage de la victime, elle obsède tous ceux qui l'entourent mais reste très mystérieuse pour le lecteur. Peut-être parce que pour l'auteur le but premier était à travers cette histoire d’exorciser le meurtre de sa propre mère?

Un livre qui donne envie de découvrir en complément L'homme qui rit de Victor Hugo, conte philosophique mettant en scène Gwynplaine, un personnage mutilé de la même façon. 

Lu dans le cadre du
challenge romans cultes


jeudi 25 octobre 2012

Jeanne Samary et Lecture du rôle Renoir

Après quelques unes des représentations de lectrices dans la peinture de Renoir, un autre tableau qui m'est cher pour l'entrée dans le monde du théâtre qu'il nous permet :
Pierre Auguste Renoir ,  Lecture du rôle, portrait d'une actrice
La lecture du rôle, Pierre-Auguste Renoir, 1874-1876.
Pierre-Auguste Renoir - La Lecture du rôle, 1874-1876, Huile sur bois,  Musée des beaux-arts de Reims

et du même peintre
Portrait de l'actrice Jeanne Samary  Renoir


Portrait de l'actrice Jeanne Samary  Renoir, Pierre-Auguste.
Huile sur toile. 174x105 cm  1878

Jeanne Samary était une actrice de la Comédie-Française.
Dans cette peinture, elle se probablement dans un foyer du théâtre.

Née le 4 mars 1857 et morte en 1890, son père était violoncelliste et deux de ses tantes du côté maternel, Augustine Brohan et Madeleine Brohan étaient également comédiennes à la Comédie-Française, ainsi que sa grand-mère Suzanne Brohan.
Jeanne Samary par Renoir
Elle entra en 1871 au Conservatoire à l'âge de quatorze ans et obtint en 1874, à dix-huit ans, le premier prix de comédie.

Elle débuta en le 24 aout 1874 à la Comédie-Française dans le rôle de Dorine du Tartuffe. Sociétaire le 5 décembre 1878, elle se spécialisa dans les rôles de servante et de soubrette de Molière.
Jeanne Samary, vers1885 (huile sur toile), Carolus-Duran, Charles Emile Auguste (1837-1917)  / Archives Charmet


Renoir lui a consacré une douzaine de portraits entre 1877 et 1880.

Elle a inspiré d'autres artistes comme Louise Abbéma
Portrait de Jeanne Samary, par Louise Abbéma (vers 1880)

mercredi 24 octobre 2012

Acting Xavier Durringer

Acting de Xavier Durringer
Editeur : Editions Théâtrales (19 janvier 2012)
Présentation :
Dans une cellule de prison, Robert, acteur et metteur en scène condamné pour meurtre, rejoint Gepetto, un petit escroc, et Horace, son mystérieux codétenu muet et insomniaque... Les liens se nouent entre Robert et Gepetto autour du métier d'acteur. Mais les deux détenus ne lui donnent pas la même définition : Gepetto ne pense qu'au star system ; Robert, lui,invoque Shakespeare, Stanislavski et l'art de l'acteur. Pourtant ce dernier va enseigner la comédie au premier ; dans cette cellule qui se transforme peu à peu en scène de théâtre, le maître pousse l'élève dans ses ultimes retranchements, au coeur des secrets du métier, et tente ce pari fou : faire de lui leplus grand acteur au monde. Avec sa langue toujours percutante, canaille, populaire, scabreuse, Durringer revient au texte par une mise en abyme de cet art qui ne finit pas de fasciner, le théâtre.

Biographie de l'auteur

Né à Paris en 1963, il dirige de 1989 à 2005 sa propre compagnie de théâtre, La Lézarde, au sein de laquelle il écritet met en scène ses pièces. Ses spectacles connaissent rapidement un grand succès et la publication de ses textes permet de très nombreuses créations dans toute la France. En 2004, Judith Magre obtient le Molière de la meilleure actrice pour Histoires d'hommes, dans une mise en scène de Michel
Didym. Depuis 1993, il écrit et réalise également pour lecinéma et la télévision ; son dernier long métrage, La
Conquête, a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2011.

Le début - citation 

La première réplique, première ligne:
Gepetto : Ne t'inquiète pas comme ça Horace! Y a une chance sur deux que ce soit un toxico [...]

Page 10:
Robert : Les acteurs, c'est rien du tout, c'est de la pâte à modeler, des marionnettes, les seigneurs, ce sont les auteurs.

Page 15 Robert : C'est au spectateur de ressentir, pas à l'acteur! Qu'est-ce qu'on en a à foutre qu'un acteur ressente de l'émotion si le spectateur lui ne ressent rien.

Page 39 : Gepetto: Mais ce que je m'aperçois en apprenant avec toi, c'est qu'acteur ou escroc, c'est à peu près la même chose, en tout cas dans la méthode...

Page 48 Robert : Y en a marre de parler, parler ne sert à rien, tout le monde parle, pour tout et pour rien, l'important est de faire, l'important est de construire même un petit peu... construire son arc, tailler ses flèches, même si c'est tirer les étoiles c'est tirer, ta flèche retombera toujours quelque part...

Mon avis
 Pas toujours facile de lire du théâtre, pas de difficultés ici, pas de manque, entre répliques et didascalies, l'univers est posé, on entre facilement dans la lecture.
Que me restera-t-il de cette lecture?
- Deux conceptions de l'acteur que tout oppose,  magazine people et jeu télé pour l'un , le pari d'en faire le plus grand acteur du monde est osé, partir de rien pour tout construire,et à travers le théâtre, s'interroger sur les rapports humains.
- Le théâtre dans le théâtre (je crois que je vais d'ailleurs me décider à lancer un challenge de lecture autour du théâtre dans le théâtre, ma pile à lire déborde!), et des réflexions sur le métier d'acteur , la formation...
- Des rires aussi, nés de la confrontation de ces deux hommes aux univers et aux références culturelles si différentes.
- La fin, qui laisse songeur...
- Un monologue d'Hamlet que l'on n'entendra - ne lira plus de la même façon, (ça tombe bien, je venais de le relire!), là encore, théâtre dans le théâtre!

Hamlet, Acte I, scène 2 :
HAMLET. - Ah ! si cette chair trop solide pouvait se fondre, se dissoudre et se perdre en rosée ! Si l'Eternel n'avait pas dirigé ses canons contre le suicide !... ô Dieu ! ô Dieu ! combien pesantes, usées, plates et stériles, me semblent toutes les jouissances de ce monde ! Fi de la vie ! ah ! fi ! C'est un jardin de mauvaises herbes qui montent en graine ; une végétation fétide et grossière est tout ce qui l'occupe. Que les choses en soient venues là ! Depuis deux mois seulement qu'il est mort ! Non, non, pas même deux mois ! Un roi si excellent ; qui était à celui-ci ce qu'Hypénon est à un satyre ; si tendre pour ma mère qu'il ne voulait pas permettre aux vents du ciel d'atteindre trop rudement son visage ! Ciel et terre ! faut-il que je me souvienne ?. Quoi ! elle se pendait à lui, comme si ses désirs grandissaient en se rassasiant. Et pourtant ! En un mois... Ne pensons pas à cela... Fragilité, ton nom est femme ! En un petit mois, avant d'avoir usé les souliers avec lesquels elle suivait le corps de mon pauvre père, comme Niobé, tout en pleurs. Eh quoi ! elle, elle-même ! ô ciel ! Une bête, qui n'a pas de réflexion, aurait gardé le deuil plus longtemps... Mariée avec mon oncle, le frère de mon père, mais pas plus semblable à mon père que moi à Hercule !En un mois ! Avant même que le sel de ses larmes menteuses eût cessé d'irriter ses yeux rougis, elle s'est mariée ! ô ardeur criminelle ! courir avec une telle vivacité à des draps incestueux ! C'est une mauvaise action qui ne peut mener à rien de bon. Mais tais-toi, mon coeur ! car il faut que je retienne ma langue.

Avec Laurence Olivier (dont l'évocation est un des moments très drôles de la pièce!)



Lu dans le cadre de l'opération La voie des indés, merci à Libfly et à l'éditeur ! 



et dans le cadre du challenge théâtre


ma liste de lecture:

mardi 23 octobre 2012

Lectrice et art Renoir

Après une belle soirée au théâtre hier soir avec Un chapeau de paille d'Italie de Labiche, mis en scène par Gilles Bouillon (j'ai mis à jour mon article sur cette pièce d'ouverture de saison du nouvel olympia, CDRTours ici :Chapeau de paille d'Italie théâtre Bouillon) , retour aux lisseuses dans la peinture autour de la bannière du blog, toujours dans la série des représentations de lectrices dans l'art, la femme lisant dans la peinture de Pierre-Augsute Renoir:
Pierre-Auguste Renoir - Femme lisant, 1895


Un thème cher à ce peintre qui a représenté de nombreuses femmes en situation en de lecture.
Le plus célèbre sans doute :
Auguste Renoir, 
La Lecture
une que j'aime beaucoup de part la pose de la lectrice


Auguste Renoir, La Lecture (1890), peinture à l'huile d'Auguste Renoir. (Musée d'Orsay, Paris.)

Renoir, La lecture v. 1890, Museum of Fine Arts, Houston

Pierre-Auguste Renoir est né à Limoges en février 1841.Jeune adolescent, il part travailler chez les frères Lévy où il peindra, jusque l'âge de 17 ans, des bouquets, des fleurs, sur de la porcelaine. En 1858, Renoir s'adonne à la peinture sur éventail. En 1862, Renoir entre aux Beaux-Arts et dans l'atelier de Gleyre où il rencontre Bazille et Sisley.

Pierre-Auguste Renoir. La Liseuse, 1877. huile sur toile, collection Paul G. Allen


De 1870 à 1883, Renoir entre dans la période impressionniste. Il y peint beaucoup de paysages mais ses oeuvres les plus caractérisées traitent de la vie sociale urbaine.
De 1883 à 1890, Renoir entre dans la période ingresque.


En 1919, il s'éteindra à Cagnes-sur-Mer.

Une autre liseuse de Renoir
Jeune fille lisant, (1874-1876), Musée d'Orsay, Paris
Je reviendrai dans un autre article sur un autre tableau de Renoir qui mélange lecture et théâtre.

lundi 22 octobre 2012

Simon Eine des étoiles plein les poches


Présentation Des étoiles plein les poches

Ce livre retrace le parcours de Simon Eine, depuis ses débuts dans le milieu du théâtre français, jusqu'à son entrée au sein de la Comédie Française. Ni une réflexion sur le théâtre, ni un recueil de souvenirs, "Des étoiles pleins les poches" s'attache surtout à l'itinéraire singulier d'une personnalité hors norme et livre une vision particulièrement humaine et passionnée de l'univers théâtral.
Entré à la Comédie-Française comme pensionnaire en 1960, sociétaire en 1972, sous le numéro 449, Simon Eine est Sociétaire honoraire depuis 2004. Il y a joué dans plus d'une centaine de pièces et fait plus d'une dizaine de mises en scène.
Riveneuve éditions (28 juin 2012)
Voir la fiche du livre sur Dialogues

Le début - citations:

Il y a une bonne dizaine d'années que j'ai commencé à écrire des notes sur mon travail de comédien. Ce texte n'est pas un livre de souvenirs, c'est plutôt une manière de retracer mon parcours dans une grande troupe, celle de la Comédie-Française. Un parcours d'artisan, plus que d'artiste. J'ai passé 44 ans dans cette Maison. J'y ai joué de très grands rôles et aussi des rôles mineurs ainsi qu'il convient à un acteur de l'autre. 

Page 49: J'ai le sentiment aujourd'hui d'avoir mis des années à devenir moi-même, et je crois au fond, que je n'y suis pas encore tout à fait parvenu. Peut-être que c'est cela , au fond, être acteur. Avoir encore de la place en soi, pour autre chose, pour quelqu'un d'autre. Une faille dans le contour de l'être, une fissure par laquelle, les mots d'un poète, les situations,  qui dans notre vie courante, seraient totalement hors de notre portée, peuvent se glisser et permettre que cette osmose si particulière, cette fusion, deviennent possibles.

Mon avis : un livre, deux lectures.

D'abord, il y a l'histoire d'un homme, et l'Histoire avec un grand H, qui rejoint l'histoire personnelle : une famille juive, d'origine polonaise, installée ensuite en Allemagne avant l'arrivée en France. Et puis la guerre 1939/45. L'arrestation et la déportation du frère et de la mère de Simon Eine. Sa mère ne reviendra pas des camps. Lui-même se rendra bien des années plus tard à Auschwitz, à l'occasion d'une tournée en Pologne.
L'histoire de son enfance ensuite, son père, les premiers jeux, les Trois Mousquetaires, les premières mises en scène avec les copains, les difficultés à l'école, jusqu'au jour où,  pour ne pas être renvoyé, il accepte la charge de responsable de la bibliothèque de l'école. Les livres...
L'importance de la langue. Son père , parlant mal le français. Les petits boulots. Un destin qui ne semble pas du tout le destiner au théâtre. Et puis une rencontre, une femme, et le théâtre, presque par hasard. Les premiers cours suivis, les premières scènes travaillées, les concours...
J'ai beaucoup aimé toute cette première partie du livre, jusqu'à l'arrivée à la Comédie-française en 1960.

Quel parcours!
Son discours lorsqu'il reçut le ruban de chevalier de la Légion d'Honneur résume bien l'essentiel.
Extraits "Merci donc à ce théâtre à qui je dois...presque tout. Oui, presque tout, parce qu'il y a quelqu'un d'autre à qui je pense ce soir et qui doit bien rigoler en me voyant recevoir cette médaille, c'est mon père [...] Le passeport de mon père portait la mention "réfugié apatride d'origine indéterminée provenant d’Allemagne". Il avait fui la Pologne pour gagner l'Allemagne [..;] je pense d'autant plus à lui en recevant cette décoration, qu'il fit à trois reprises les démarches nécessaires pour obtenir la Nationalité Française et qu'à chaque fois, il se la vit refuser [...]et je souhaite que la France reste toujours ce pays où un fils de réfugié apatride puisse recevoir une telle distinction".
Simon Eine


Et puis ensuite, il y a la deuxième lecture du livre. Les coulisses, du théâtre en général, et de la Comédie-française en particulier, de récit de répétitions, d'analyses de mise en scène (j'avoue, pour certains passages, il m'a manqué une bonne connaissance du texte des pièces citées pour mieux apprécier les analyses, je les relirai en regard de ces pièces à l'occasion).
Les rapports metteurs en scène - comédiens, les rouages de la Comédie française, entre administrateur, sociétaire, pensionnaire (après avoir lu des biographies d'actrices du XIX évoquant leur passage dans cette maison, on voit que certaines choses ont changé, d'autres pas...), les clivages entre les uns et les autres (entre l'ascenseur et les toilettes réservés aux uns, la différence de confort des chambres d'hôtel en tournée)...

Ce sont aussi des souvenirs et des réflexions autour du choix du répertoire, les costumes parfois surprenants, le personnel technique, la conception des décors, le rapport à la presse, aux critiques,  les tournées... c'est tout le monde du théâtre et de la réalisation d'un spectacle qui nous est décrit, avec ses joies et ses déboires.
On croise au passage bon nombre d'actrices et acteurs connus, de Béatrice Agenin à Robert Hirsch, de Michel Aumont à Francis Huster,  qui parfois nous apparaissent alors sous un jour nouveau.


La comédie française 

www.comedie-francaise.fr Société des comédiens-français ou du Théâtre-Français, née de la fusion, en 1680, de la troupe de l'Hôtel de Bourgogne et des comédiens de Molière, ordonnée par Louis XIV pour faire face aux comédiens-italiens, la Comédie-Française, est  l'un des plus vieux théâtres du monde.
Avant de s'installer (en 1799) au Palais-Royal, dans l'actuelle salle Richelieu, elle a occupé successivement le jeu de paume de l'Étoile (1689-1770), la salle des Machines aux Tuileries (1770-1782) et l'hôtel de Condé, aujourd'hui l'Odéon-Théâtre de l'Europe, qui devait devenir son annexe de 1946 à 1959 sous le nom de salle Luxembourg.
La comédie française

   L'administrateur général a sous son autorité quelque 280 personnes, 60 comédiens (30 sociétaires, 30 pensionnaires) et 220 membres du personnel technique (chefs de service, employés, artisans, ouvriers du plateau). Il préside le comité d'administration, composé de six sociétaires plus deux suppléants, et le comité de lecture, qui comprend les six titulaires du comité d'administration et quatre personnalités nommées par le ministre d'État chargé des Affaires culturelles.
Un acteur qui entre dans la Maison  signe un contrat de pensionnaire pour un an, renouvelable. Il peut, dans la suite, devenir sociétaire. Il faut pour cela, d'abord, qu'il soit proposé par le comité d'administration, puis élu par l'assemblée générale des sociétaires, enfin que son élection soit ratifiée par le ministre des Affaires culturelles. Il participe à la gestion de la Maison, et touche en fin d'année une part des bénéfices.
   Ces bénéfices sont divisés en vingt-quatre parts et répartis entre les sociétaires, au prorata du nombre de douzièmes de part accordés à chacun par le comité. La Comédie-Française reçoit une subvention de l'État.
Un sociétaire ayant vingt ans d'ancienneté à la Comédie-Française peut être nommé sociétaire honoraire. Cette qualité symbolise la reconnaissance de la Comédie-Française pour sa carrière artistique et lui permet de jouer occasionnellement dans la troupe.


Bref, les amateurs de théâtre et d'histoire y trouveront leur compte!
Un livre lu grâce au partenariat Masse Critique de Babelio, merci à eux et aux éditions Riveneuve 
pour cette belle découverte!


Lu dans le cadre des challenges rentrés littéraires 2012
et de la liste de lecture

dimanche 21 octobre 2012

Monet, La liseuse

Ce qu'il y a de bien avec les weeks-end pluvieux, c'est que la lecture avance à grand-pas!

Je termine un livre qui réserve une belle plongée dans les méandres de la comédie Française,  et vous laisse  en attendant de le chroniquer en compagnie d'une des lectrices en peinture que j'avais croisées au moment d'en sélectionner quelques une pour ma bannière, une des plus connues pour contrebalancer la pluie et le gris..

Monet, La liseuse (1872), une inspiration puisée dans son jardin d'Argenteuil
"La liseuse" 1872 50 x 65 cm - Huile sur toile. The Walters Art Gallery, Baltimore, Maryland. 

samedi 20 octobre 2012

Rigoletto opéra Tours / Le roi s'amuse Victor Hugo

Après vous avoir parlé des portes ouvertes de l'opéra de Tours,  et des répétitions de cet ouvrage auxquelles j'avais pu assister,
rigoletto-opera-de-tours-portes ouvertes et répétitions

hier place à la première de ce beau spectacle d'ouverture de saison du Grand théâtre de Tours.
Le répétition scène - orchestre de samedi dernier m'avait déjà séduite, très intéressant de voir l'évolution une semaine plus tard, les derniers costumes ajoutés, les perruques, le maquillage, les effets lumineux très travaillés, le visuel du final... l'impression de vivre un peu de l'intérieur cette production, vraiment, encore une fois, merci au grand théâtre de nous permettre d'éduquer ainsi oeil et oreille !
Mise en scène aux nombreux symboles, orchestre , choeurs, solistes, de quoi passer une bonne soirée! Une mention spéciale pour la première Gilda de  Sabine Revault d’Allonnes, que nous suivons depuis plusieurs années à l'opéra de Tours, et qui de saisons en saisons se révèle de plus en plus, une chanteuse à continuer de suivre, d'étape en étape!

Le duc et Gilda, Giovanna à l'arrière plan. L'arbre de vie, du bien, le pommier.. Gilda va croquer la pomme... et l'arbre de vie devenir arbre de mort et du mal... Au dernier acte, un arbre totalement artificiel sera placé au même endroit du décor, symbole de la pureté et de l’innocence naturelle perdue. Un des nombreux symboles religieux présents dans l’œuvre. Symbole, comme la bosse - accessoire professionnel de Rigoletto, aux couleurs d'Arlequin, sa valise, transition entre le monde et la cour, dont il n'est pas, dont il n'est que l'amuseur-employé, et le reste de la vie...
Rigoletto : photo et article NR

Mais plutôt que de décortiquer ce beau spectacle, c'est de l'argument de ce Rigoletto et de ses liens avec Victor Hugo et la Touraine dont j'ai envie de vous parler:

Rigoletto Verdi

Opéra en 3 actes de Giuseppe VERDI (1851), Livret de Francesco Maria Piave, d'après "Le roi s'amuse", de Victor Hugo
décors, costumes et accessoires Opéra de Tours ,  co-production :Opéra de Limoges et Opéra de Reims

Direction Jean-Yves Ossonce
Mise en scène et lumières François de Carpentries
Décors et costumes Karine Van Hercke
Avec :
Le Duc de Mantoue Christophe Berry
Rigoletto Nigel Smith
Gilda Sabine Revault d’Allonnes
Sparafucile Choul Jun Kim
Maddalena Aude Extremo
Comte Monterone Ronan Nédélec
Orchestre Symphonique Région Centre – Tours, Chœurs de l’Opéra de Tours

De Rigoletto, on connait tous le "tube" La donna è mobile....




Oui, mais à part cela, quel est l'argument de Rigoletto déjà? L'occasion de replonger un peu dans l'Italie!
A Mantoue au XVIe siècle
A la cour du Duc, entre son bouffon Rigoletto et les nombreuses conquètes du duc, en apparence l'heure est à la fête. Mais entre mari trompé, et père voulant venger l'honneur de sa fille déshonorée et maudissant duc et bouffon... la fête ne dure guère. 
En parallèle, le duc de Mantoue  est séduit par une jeune inconnue, remarquée à l’église. Cette jeune inconnue est Gilda, la fille de Rigoletto qu'il cache soigneusement, elle même ignore l'identité de son père. Le duc parvient à s’introduire chez elle et lui déclare son amour, mais après son départ, ce sont des courtisans qui s'y introduisent, pour enlever Gilda, qu'ils croient être la maîtresse de Rigoletto. 
 Rigoletto est alors obligé de révéler qu'il est son père.

 Gilda, libérée,  Rigoletto jure de se venger et constate avec colère que Gilda est toujours amoureuse du duc. Il veut lui révéler la vraie nature du Duc, en le suivant : Gilda l’entend courtiser Maddalena,  Rigoletto invite sa fille à partir pour Vérone où il doit la rejoindre. Il organise le meurtre du Duc avec un tueur à gages (le frère de Maddalena)  : le corps  doit lui être livré dans un sac afin de le jeter lui-même dans le fleuve.  Maddalena, séduite par le duc, tente de persuader son frère de l’épargner, il accepte de tuer à sa place le premier qui frappera à leur porte. C’est hélas Gilda qui, ayant entendu le complot se sacrifie et frappe à la porte....  C’est donc sa fille agonisante, que Rigoletto va découvrir dans le sac... 

 

 "Le roi s'amuse", de Victor Hugo


Le livret de Rigoletto est inspiré de l’œuvre "Le Roi s'amuse", drame historique en cinq actes et en vers de Victor Hugo représenté pour la première fois à Paris le 22 novembre 1832, à la Comédie-Française.
Le héros est le bouffon de cour Triboulet, difforme, un être cruel qui encourage François Ier aux pires débauches.
Sexualité, pouvoir, la façade qui rit, l'intérieur qui pleure, le bouffon est un personnage qui permet à l'auteur d'aller loin dans la dénonciation de la société de l'époque.  Triboulet, bouffon de  François Ier finira par causer la mort horrible de sa fille, alors même qu'il voulait la venger.  

Voici la présentation qu'en fait Hugo :
Triboulet est difforme, Triboulet est malade, Triboulet est bouffon de cour - triple misère qui le rend méchant. Triboulet hait le roi parce qu'il est le roi, les seigneurs parce qu'ils sont les seigneurs, les hommes parce qu'ils n'ont pas tous une bosse sur le dos. Son seul passe-temps est d'entre-heurter sans relâche les seigneurs contre le roi, brisant le plus faible au plus fort. Il déprave le roi, il le corrompt, il l'abrutit - il le pousse à la tyrannie, à l'ignorance, au vice - il le lâche à travers toutes les familles des gentilshommes, lui montrant sans cesse du doigt la femme à séduire, la soeur à enlever, la fille à déshonorer. Le roi dans les mains de Triboulet n'est qu'un pantin tout-puissant qui brise toutes les existences au milieu desquelles le bouffon le fait jouer. Un jour, au milieu d'une fête, au moment même où Triboulet pousse le roi à enlever la femme de monsieur de Cossé, monsieur de Saint-Vallier pénètre jusqu'au roi et lui reproche hautement le déshonneur de Diane de Poitiers. Ce père auquel le roi a pris sa fille, Triboulet le raille et l'insulte. Le père lève le bras et maudit Triboulet. De ceci découle toute la pièce. Le sujet véritable du drame, c'est la malédiction de monsieur de Saint-Vallier. Écoutez. Vous êtes au second acte. Cette malédiction, sur qui est-elle tombée? Sur Triboulet fou du roi? Non. Sur Triboulet qui est homme, qui est père, qui a un coeur, qui a une fille. Triboulet a une fille, tout est là. Triboulet n'a que sa fille au monde - il la cache à tous les yeux, dans un quartier désert, dans une maison solitaire. Plus il fait circuler dans la ville la contagion de la débauche et du vice, plus il tient sa fille isolée et murée. Il élève son enfant dans l'innocence, dans la foi et dans la pudeur. Sa plus grande crainte est qu'elle ne tombe dans le mal, car il sait, lui méchant, tout ce qu'on y souffre. Eh bien ! la malédiction du vieillard atteindra Triboulet dans la seule chose qu'il aime au monde, dans sa fille. Ce même roi que Triboulet pousse au rapt, ravira sa fille, à Triboulet...»

Et à l'invitation de claudialucia, 
je rejoins le challenge Romantique, entre Marie Dorval, Vigny, Sand, d'autres billets à venir bientôt!



 

François 1er , Léonard de Vinci

Au pays des châteaux de La Loire, à quelques kilomètres d'Amboise, de Blois ou de Chambord, entre châteaux Renaissance magnifiés par François 1er et dernière demeure en France de Léonard de Vinci à Amboise, cette production ne pouvait manquer de faire le lien entre Rigoletto et Le roi s'amuse, et de petits détails insérés rappelaient ce lien.

D'abord La Salamandre, emblème de François 1er que l'on retrouve dans le décor de ce Rigoletto:


et un tableau de Léonard de Vinci, la Marie Madeleine

Marie Madeleine Léonard de Vinci

Selon l'historien d'art italien Carlo Pedretti, cette Marie Madeleine tirant nonchalamment un voile transparent pour recouvrir sa poitrine dénudée a été peinte par Leonard de Vinci et l'un de ses élèves en 1515, soit quatre ans avant la mort du maître.
 La toile était jusqu'à présent attribuée à Giampietrino, un "disciple" de Vinci. Elle fait partie d'une collection privée Suisse.

Bref, des petits clins d'oeil qui ajoutent encore à cette belle production, la saison de l'opéra de Tours commence bien!

dans le cadre du challenge-victor-hugo


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