samedi 30 juin 2012

Phèdre

dans la série articles autour des grands rôles féminins et récapitulatifs:
Phèdre:

Tous mes articles consacrés à Phèdre :
Phèdre dans les fresques antiques (Pompéi)
Phèdre dans l'art
Une interprète du rôle de Phèdre : Rachel
Phèdre de Racine
phedre-costume-de-theatre

Costumes de scène côté livres

Au fil de mes recherches sur les costumes de scène, et plus particulièrement les costumes de théâtre, quelques livres rencontrés au fil du web avec les textes de présentations des éditeurs... cela donne envie!
Si vous en connaissez certains, n'hésitez pas à donner votre avis, j'hésite à me laisser tenter...
De même si vous connaissez d'autres titres de livres consacrés à l'art du costume de spectacle, n'hésitez pas à les ajouter à la liste!


Un que je pense mettre sur une liste de souhaits (anniversaire ou Noël prochain !)

Cahiers secrets d'une costumière de théâtre Pascale Bordet (Auteur), Laurencine Lot (Photographies), Anny Duperey (Préface)

 

Pascale Bordet, créatrice de costumes, et Laurencine Lot, photographe de scène, ont passé leur vie dans les théâtres.
Pascale Bordet est également peintre, elle habille les acteurs tout en les dessinant. Les coulisses n'ont plus de secrets pour elle. Pour cet ouvrage, elle sort de son atelier ses cahiers qui nous transportent dans le monde mystérieux des loges. Depuis longtemps, on n'a ni dessiné, ni peint l'histoire des comédiens et de leurs costumes, la création cachée derrière le rideau rouge. Ces cahiers secrets dévoilent cette mise en scène
magique et insoupçonnable. Ce livre a pour mission de protéger cet artisanat théâtral et la continuité de ce savoir-faire unique et si particulier.

Son site web http://www.pascalebordet.fr/ avec de belles aquarelles à découvrir:
Costume pour Colombe
Mon article sur cette pièce : colombe-espace-malraux-novembre-2011

Mise à jour suite à l'article de Michelaise:
J'ai craqué pour ce livre, et je ne regrette pas! Entres les aquarelles et les photos, une plongée superbe dans les coulisses et les ateliers, les formes, les matières, les "trucs" pour adapter les costumes... un plaisir pour les yeux!
Et encore plus en ayant vu la pièce Colombe dont on parle beaucoup dans ce livre.


Et qui sait, pour d'autres Noël?

Les insolites, formes et matières des costumes de scène Noëlle Giret, Alain Batifoulier , Noëlle Guibert  Joël Huthwohl


Ce livre est une invitation à explorer l'étrange univers des costumes de scène, façonnés dans des matières bien éloignées des brocarts, dentelles, soies et satins... Les ateliers de couture chargés de créer les tenues de scène se transforment très souvent en laboratoire expérimental où l'imagination du décorateur et des couturiers est libre et presque sans limite. Devenant tour à tour alchimistes, peintres, sculpteurs, ensembliers, ces artistes et ces artisans s'ingénient à teinter, malaxer, brûler, lacérer ou superposer des matières où se mêlent carton, bois, métal, toile cirée, rhodoïd, skaï, lycra, éponge et jute... Le caoutchouc devient armure de métal, le plastique cotte de maille, la ficelle et le latex se métamorphosent en délicates broderies, boulons, vis et clous se muent en bijoux. Des traitements parfois rudes font oublier les textures d'origine et donnent vie à des effets, se prêtant au jeu du rêve et de l'imaginaire, au pouvoir de la suggestion et à l'imitation décalée du vrai.


La magie du costume  Pascale Bordet (Auteur), Laurencine Lot (Photographies)



Du papier à l'atelier, puis des essayages à la scène, Pascale Bordet nous ouvre ses cahiers de maquettes et nous livre vingt ans de métier au fil d'anecdotes surpiquées de souvenirs sur l'étoffe de ses plus belles créations.
Pascale Bordet a eu l’idée d’assembler aquarelles et photos, grâce à Laurencine Lot qui photographie tous les spectacles en avant-première, son premier regard extérieur. A partir de quelques anecdotes et photos prises en atelier, le livre retrace donc le travail de la création de costumes depuis les premières aquarelles jusqu’aux derniers raccords en coulisses, sans oublier les séances d’essayage avec les acteurs. La seconde partie de l’ouvrage passe du croquis à la scène : on y découvre les costumes eux-mêmes, dessinés avec les échantillons de tissu et les commentaires de Pascale Bordet, puis portés par les acteurs (de Michel Bouquet ou Jacques Dufilho à Jean-Marie Bigard, Isabelle Mergault et Cristiana Reali…).
Pascale Bordet



Art et usages du costume de scène Anne Verdier , Olivier Goetz Didier Doumergue

 

Le costume est ta condition première de toute représentation. Jouer commence par la nécessité de quitter son vêtement pour emprunter ou construire une autre forme. Objet de fiction et simultanément objet concret, élaboré dans les ateliers, taillé, cousu ou drapé, Le costume relève du rapport intime au corps réel du comédien, tout en sculptant le corps symbolique du personnage. " Lieu commun " où se rencontrent tailleurs, comédiens, spectateurs et personnages, point de contact entre le réel et la fiction, il constitue un " objet spectaculaire " peu étudié jusqu'à ce jour. Or c'est un dispositif dramaturgique essentiel qui noue les conditions de la représentation à la fiction dramatique selon des techniques de production et des conventions sociales qui varient d'une époque à l'autre. Soumis à des courants esthétiques et éthiques, il dépend aussi de l'inspiration d'artistes dont la place éminente au théâtre n'a pas toujours été reconnue. Le théâtre contemporain, ouvert sur la pluralité des techniques et des arts, ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur ce sujet. Issu du colloque international l'Habit de théâtre et son double : us et usages du costume de scène (Nancy-Metz, mars 2006), ce livre répond à cette attente et témoigne de la fécondité de l'entrée " Costume " pour L'étude critique des arts du spectacle. Fondé sur la transversalité des approches, il donne la parole à des artistes, à des praticiens, et à des spécialistes qui travaillent sur le thème de l'art et des usages du costume de scène dans des domaines aussi différents que la littérature, la philosophie, l'anthropologie ou l'histoire.



Costumes de scènes : A travers les collections du CNCS  Claude Fauque (Auteur), Martine Kahane (Auteur), Christian Lacroix (Préface)

 


Gardés tel un véritable trésor dans des immenses coffres forts à température constante, ce sont au total plus de 9000 costumes de scène et leurs accessoires (bijoux, coiffures, sacs, chaussures..) que le Centre National du Costume de scène de Moulins conserve. Pour la première fois, ce lieu unique au monde donne accès, à travers cet ouvrage, à l’ensemble de ses archives. Au fil des pages se dévoile ainsi en images (photos, dessins, esquisses..) la magie des costumes de scène prestigieux des principaux personnages emblématiques d’un spectacle (comme la reine, le roi, le prince, la jeune fille, le valet etc..). Ainsi plus de 500 costumes de scènes, portés autrefois par des artistes d’exception (de Noureev à la Callas en passant par Isabelle Adjani, Teresa Berganza, Montserra Caballé, Nathalie Dessay ou Sarah Bernhardt..), et imaginés par d’aussi grands créateurs que Christian Lacroix, ou Jean-Paul Gautier, nous révèlent tous leurs secrets, tels de véritables oeuvres d’art pour certains. Ce superbe album est ainsi l’occasion non seulement de découvrir un lieu de conservation exceptionnel (redessiné par l’architecte Jean-Michel Wilmotte), mais également, à travers le travail réalisé pour l’élaboration d’un costume (pour des scènes aussi prestigieuses que la Comédie Française ou l’Opéra de Paris, dont le centre est le dépositaire unique des archives de scène), de mettre en lumière le savoir-faire méconnu des costumiers. Un véritable livre événement pour tous les passionnés de l’univers du spectacle (qu’il s’agisse de théâtre, de ballet ou d’opéra) du textile, ou de la mode.


Christian Lacroix, Costumier  Christian Lacroix (Auteur), Delphine Pinasa , Martine Kahane 

 


En miroir à ses vingt années de création haute couture et prêt-à-porter, Christian Lacroix a toujours imaginé et dessiné des costumes de scène pour le théâtre, l'opéra et la danse. L'exposition " Christian Lacroix, costumier " présente environ cent cinquante costumes issus d'une trentaine de productions présentées à Paris, à l'Opéra National de Paris, à la Comédie-Française, au Théâtre des Bouffes du Nord, au Théâtre 14 ; en région, à l'Opéra de Marseille, au Festival d'Avignon, à la Maison de la Culture de Nantes, dans les Arènes de Nîmes ; et aussi au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles, à l'Opéra de Vienne, à l'American Ballet Theatre à New York. Ils illustrent l'alchimie de styles, de coupes historiques et de créations contemporaines, de tissus délicats et de matériaux robustes, de neuf et d'ancien, de précieux et de banal, de techniques spécifiques au théâtre ou à la haute couture, de liberté d'inspiration et de contraintes artistiques et pratiques, sans oublier les réalités financières et les délais toujours trop courts, qui font la vie théâtrale de ce grand couturier ! Du croquis préparatoire, première inspiration griffonnée sur un bout de papier à lettre ou d'enveloppe, à la maquette de costume définitive, plus de cent dessins de Christian Lacroix illustrent son parcours. Paroles et écrits de Christian Lacroix et de ceux qui ont travaillé avec lui dans ces aventures théâtrales, metteurs en scène, responsables d'ateliers, assistants... croisent les fils entre les mots et les images, avant de conclure avec un grand coup de chapeau aux artisans d'art qui coupent et cousent le rêve.


L'art du costume à la Comédie-Française Agathe Sanjuan


Il retrace, à travers l’histoire de ses prestigieux costumes, l’histoire de la Comédie-Française (C-F), fondée par Louis XIV et, depuis, fidèle à sa mission d’excellence. Au-delà de l’histoire de la C-F, celle du théâtre en France. Un « beau livre » (couverture rigide cartonnée) : une première parmi les catalogues du CNCS (musée national basé à Moulins) qui fête ses 5 ans d’existence et compte la C-F parmi ses fondateurs (avec l’Opéra de Paris et la BNF). Le catalogue de l’exposition phare de 2011 : « L’art du costume à la Comédie-Française », du 11 juin au 31 décembre 2011. 5 chapitres : XVIIIe, XIXe, XXe, Molière, la vie des ateliers. Puis le catalogue proprement dit de l’exposition. Une iconographie très riche et variée. Une évocation des grandes figures de la C-F, d’hier à aujourd’hui : comédiens (Lekain, Talma, Rachel, Sarah Bernhardt…), metteurs en scène, costumiers (Suzanne Lalique, Renato Bianchi), et auteurs, dont le « patron » de la C-F, Molière.


Sous le signe d'Eros : 150 Costumes de scène Michel Bataillon  Mariaelena Roqué  Exalte Carles Santos

 


Ils sont des centaines, un petit millier peut-être... Ils ont été inventés, taillés, ajustés sur les corps... Portés par des cantatrices, des danseurs, des acteurs, des choristes, des instrumentistes, des acrobates... Ils sont conservés et soignés dans un entrepôt magasin du petit port où habite Mariaelena Roqué... Ils en sortent pour reprendre du service et partir à l'autre bout du monde quand un spectacle est demandé dans un prestigieux festival... Cent cinquante ont été choisis, restaurés, et sont exposés d'avril à septembre 2010 au Musée des tissus et Musée des Arts décoratifs de Lyon... Les voici, dans le mouvement des actions scéniques, saisis au vol par l'objectif d'une vingtaine de photographes engagés sur les sentiers de la création aux côtés de Carles Santos et Mariaelena Roqué.


Costumes, décors et accessoires dans le théâtre de la Révolution et de l'Empire (1CD audio)Philippe Bourdin  Françoise Le Borgne

 

La concurrence entre les entrepreneurs de spectacles parisiens, les attentes du public, les possibilités techniques des salles les plus récentes favorisent une exigence de pittoresque dont le théâtre de la Révolution et de l'Empire fait son miel pour séduire l'imagination du spectateur. Celle-ci est également sollicitée par un usage nouveau des symboles et des emblèmes, empruntés aux grandes cérémonies républicaines à des fins d'édification morale ou de détournement parodique. Les critiques voient dans cette valorisation du spectaculaire le symptôme d'une dégénérescence du goût contemporain et d'une absence d'ambition intellectuelle du théâtre nouveau, mais la tragédie néo-classique leur oppose une exigence esthétique et morale réaffirmée, fondée sur la recherche de la véracité des costumes et des décors. Cahiers des régisseurs et publications commerciales témoignent de cet intérêt nouveau pour la "mise en scène" ; qui mobilise mille métiers et autant de dépenses, rendant illusoire la réalisation de programmes didascaliques de plus en plus complexes.

vendredi 29 juin 2012

La délicatesse de David Foenkinos

Avant un dernier article consacré à Médée , une petite lecture de début d'été:
La délicatesse de David Foenkinos

Présentation de l'éditeur

Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise. La délicatesse est le huitième roman de David Foenkinos. Il a publié notamment Le potentiel érotique de ma femme et les séparations.
Nathalie et François sont heureux, ils s'aiment et semblent avoir la vie devant eux...
Mais, un jour, la belle mécanique s'enraye. François décède brutalement.
Veuve éplorée, le cœur de Nathalie devient une forteresse où même les plus grands séducteurs vont se heurter.
Sauf un : Markus, un collègue terne et maladroit, sans séduction apparente. Sur un malentendu, il obtient de la belle un baiser volé. Pour cet outsider de l'amour, c'est un signe du destin : il se lance à sa conquête... tout en délicatesse.

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins
conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi
à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye
ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
- Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité ».
La délicatesse a obtenu neuf prix littéraires et été traduit dans plus de quinze langues.

Les premières lignes de La délicatesse


Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l’adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. À vingt ans, elle envisageait l’avenir comme une promesse. Elle aimait rire, elle aimait lire. Deux occupations rarement simultanées puisqu’elle préférait les histoires tristes.
 

Un livre parfait pour une soirée de début d'été! Un style, différent, les petits encarts , les notes de bas de page qui font mouche, qui apportent cette légèreté si bienvenue dans une histoire qui par moments l'est beaucoup moins, un livre dévoré en quelques heures et qui restera en bonne place sur mes étagères! Je n'ai pas vu l'adaptation ciné, toujours un peu sceptique quand j'ai aimé un livre, à l'occasion s'il passe à la télé!

jeudi 28 juin 2012

Médée dans l'art

Pour continuer dans la série Médée, après:
Récapitulatif des articles autour du rôle de Médée:
Médée dans les fresques antiques, le mythe  et ses variations
Médée au théâtre, d'Euripide à Corneille
Médée, vue par Christa Wolf
 Médée dans l'art
Médée : interprètes et costumes de scène

Des fresques de Pompei aux grands peintres, encore un personnage féminin qui a inspiré de nombreux artistes!
Médée furieuse

Médée par Eugène Delacroix et Cezanne

Médée furieuse
Huile sur toile 1838



Un extrait de la Médée d'Euridice

... femme... étrangère... il y a 2500 ans ou aujourd'hui, ici, ou ailleurs...

De tout ce qui a la vie et la pensée, nous sommes, nous autres femmes, la créature la plus misérable. D'abord il nous faut, en jetant plus d'argent qu'il n'en mérite, acheter un mari1 et donner un maître à notre corps, ce dernier mal pire encore que l'autre. Puis se pose la grande question : le choix a-t-il été bon ou mauvais ? Car il y a toujours scandale à divorcer, pour les femmes, et elles ne peuvent répudier un mari. Quand on entre dans des habitudes et des lois nouvelles, il faut être un devin pour tirer, sans l'avoir appris dans sa famille, le meilleur parti possible de l'homme dont on partagera le lit. Si après de longues épreuves nous y arrivons et qu'un mari vive avec nous sans porter le joug à contrecoeur, notre sort est digne d'envie. Sinon, il faut mourir. Quand la vie domestique pèse à un mari, il va au-dehors guérir son coeur de son dégoût et se tourne vers un ami ou un camarade de son âge. Mais nous, il faut que nous n'ayons d'yeux que pour un seul être. Ils disent de nous que nous vivons une vie sans danger à la maison tandis qu'ils combattent avec la lance. Piètre raisonnement ! Je préférerais lutter trois fois sous un bouclier que d'accoucher une seule.
Mais je me tais, car le même langage ne vaut pas pour toi et pour moi : toi, tu as ici une patrie, une demeure paternelle, les jouissances de la vie et la société d'amis. Moi, je suis seule, sans patrie, outragée par un homme qui m'a, comme un butin, arrachée à une terre barbare, sans mère, sans frère, sans parent près de qui trouver un mouillage à l'abri de l'infortune.
Ingres, étude pour Médée

D'autres peintres et Médée 

Médée 1868  Henri Klagmann Nancy
Médée par Caracci


Médée  Anthony Sandys
 Médée, représentée en magicienne, porte un collier de corail.
Le corail serait né, selon la légende grecque, des gouttes de sang versées dans la mer par Méduse, l’une des trois gorgones dont Persée aurait tranché la tête pour libérer Andromède. Le corail se dit d’ailleurs en grec “gorgeia”, c’est à dire gorgone.Chez les anciens, le corail était utilisé comme amulette pour préserver du mauvais œil et des forces démoniaques.

A lire ici : le-corail-dans-la-peinture.html

Evelyn De Morgan, Médée (1889)
Une analyse ici de ses deux œuvres aurorartandsoul.com


Evelyn De Morgan peint Médée après son abandon à Corinthe par son époux, Jason. Méditant sa vengeance, [...]. La couleur même est symbolique de sa royauté, de son martyre et de la trahison de Jason. Les roses rouges aux pieds de la jeune femme représentent aussi bien l’amour que le sang versé.
Dans sa main droite, elle tient une fiole de poison destinée à Glauce, la fille du roi Créon de Corinthe et sa rivale en amour. Dans la tragédie d’Euripide représentée sur scène pour la première fois en 431 av. J.-C, Médée enduit la robe de Glauce d’un poison qui la brûlera à mort. Médée ira jusqu’à tuer deux de ses propres enfants en présence de leur père. Elle échappera à la fureur de Jason en s’enfuyant sur un chariot tiré par des dragons ailés.
Evelyn De Morgan représente Médée comme une femme qui souffre, alors que Sandys choisit de mettre en évidence sa nature vindicative. Dans cette œuvre, exécutée plus de vingt ans avant la précédente, la magicienne est montrée au moment où elle imbibe les fils de l’étoffe du redoutable poison. Parmi les ingrédients mélangés dans son chaudron, nous pouvons distinguer des crapauds aux yeux de perle en train de copuler et une statuette de la déesse égyptienne Sakhmet.






Médée par Feuerbach



MEDEA - The Poisonous Mother Audra Phillips


MEDEA - Scorned -Audra Phillips

mercredi 27 juin 2012

Médée de Christa Wolf

Toujours dans ma série autour du personnage de Médée, je viens de lire : Médée de Christa Wolf
Présentation de l'éditeur
Six voix nous donnent en plusieurs récits les clés de ce roman qui, au travers d'une réécriture de l'histoire antique, fustige l'establishment allemand et en fait le procès. Mais en revisitant ici l'histoire légendaire de la magicienne Médée, Christa Wolf affronte aussi son propre passé avec une bouleversante sincérité.  La romancière allemande Christa Wolf est morte à Berlin ce jeudi 1er décembre 2011. Née en 1929 en Prusse Orientale, elle est l'auteur de nombreux livres, généralement pleins de douleurs et de questions sur l'identité allemande, comme "Christa T." (1968), "Trame d'enfance" (1976), "Nulle part" (1979) ou "l'Incident" (1987). Figure de proue de la littérature est-allemande, et membre du parti unique SED dès sa fondation en 1949, elle fut accusée lors de la Réunification de collusion avec le régime communiste de RDA.
Mon petit mot
Une relecture du mythe, à la lumière des affres de l'Allemagne du XXème siècle, mais aussi par la voix cette fois d'une femme.
Une Médée victime et bouc-émissaire , son statut d'étrangère mis en avant, un angle d'attaque choisi qui donne la parole non seulement à Médée mais aussi à Jason, et à leur entourage, rivalité, jalousie, communautarisme, religion, choix politiques, idée de la justice, en autant de monologues propices à autant de mises en voix, pour un livre qui à mes yeux est un complément indispensable à la lecture de la Médée d'Euripide et de Corneille et vice-versa.

A lire, en le replaçant dans le contexte de l'Allemagne des deux guerres mondiales puis de la chasse aux communsites.
Un livre qui fait aussi réfléchir sur les rumeurs et comment un même fait peut être interprété de bien des façons et totalement détourné... un livre qui ne peut que faire dire également qu'en 2500 ans depuis Euripide, bien peu de choses ont changé...

L'opéra Médée de Michèle Reverdy



Michèle Reverdy a écrit en 2001 un opéra, Médée d'après le roman de Christa Wolf, créé à l'Opéra de Lyon en 2003 dans une mise en scène de Raoul Ruiz
Médée [1999-2001] opéra en onze scènes et un prologue sur un livret de Kaï Stefan Fritsch et Bernard Banoun, d'après Medea-Stimmen [1996] de Christa Wolff
Françoise Masset, Médée, soprano • Jean-Louis Serre, Jason, baryton • Christian Tréguier, Akamas, basse Sophie Pondjiclis, Agamède, mezzo-soprano • Magali Léger, Glaucé, soprano
Chœur de l'Opéra National de Lyon Alain Woodbridge, chef de chœur
Orchestre de l'Opéra de Lyon  Pascal Rophé, direction

Abreuvée aux multiples variantes du mythe et à travers le regard de Christa Wolf, Michèle Reverdy livre sa lecture, moderne et féministe, de la légende antique : la mère impitoyable et meurtrière s’efface devant une femme libre et généreuse, victime de la jalousie des Corinthiens. Séduite par ce personnage excessif et tragique, la compositrice signe ici son cinquième opéra. Structuré en onze scènes en écho aux onze monologues du roman initial, l’ouvrage se resserre autour de cinq personnages et d’un chœur à la fois confident, témoin et accusateur.

Le début de cette Médée:

Même des dieux morts gouvernent. Même les malheureux craignent pour leur bonheur. Langue du rêve. Langue du passé. Aidez-moi à sortir de ce puits, à me débarrasser du cliquetis dans mon crâne, pourquoi entends-je des armes s'entrechoquer, sont-ils en train de se battre, et contre qui , mère, ce sont mes Colchidiens, est-ce leur joute que j'entends dans notre cour intérieure, ou suis-je ailleurs, ce cliquetis ne fait que croître.


Mes autres  articles sur Médée
Récapitulatif des articles autour du rôle de Médée:
Médée dans les fresques antiques, le mythe  et ses variations
Médée au théâtre, d'Euripide à Corneille
Médée, vue par Christa Wolf
 Médée dans l'art
Médée : interprètes et costumes de scène
 

mardi 26 juin 2012

Médée en quelques citations

Mes différents articles autour de Médée

Médée dans les fresques antiques, le mythe  et ses variations
Médée au théâtre, d'Euripide à Corneille
Médée, vue par Christa Wolf
 Médée dans l'art
Médée : interprètes et costumes de scène

Je viens de relire plusieurs versions de Médée, et comme souvent, j'en reviens toujours au point de départ, c'est à dire à la version d'Euripide, où certains passages du texte résonnent avec la même force 2500 ans après...
Médée  est une tragédie grecque d’Euripide, produite en 431 av. J.-C. lors des Grandes Dionysies, obtenant le troisième prix. Elle traite de la fin de l'histoire de Jason et de Médée, qui ont tous deux fui vers Corinthe après que Médée a tué Pélias, par amour pour Jason.

Médée, c'est partir du fond du gouffre et se relever dans la vengeance, terrible.
C'est aussi et c'est là où la tragédie garde à mes yeux une force incroyable, des thèmes toujours d'actualité, la condition de la femme, le statut de l'étrangère,  sans parler bien sûr du triptyque amour-trahison-haine.

Euripide MÉDÉE 

Mais un malheur s’est abattu sur moi à l’improviste et m’a brisé l’âme.
C’en est fait de moi ; j’ai perdu la joie de vivre et je désire mourir, mes amies. 
Celui en qui j’avais mis tout mon bonheur, - je ne le sais que trop, - mon époux,  est devenu le pire des  hommes. De tout ce qui a la vie et la pensée, nous sommes, nous autres femmes, la créature la plus misérable. D’abord il nous faut, en jetant plus d’argent qu’il n’en mérite, acheter un mari et donner un maître à  notre corps, ce dernier mal pire encore que l’autre. 
Puis se pose la grande question : le choix a t-il été bon ou mauvais ? 
Car il y a toujours scandale à divorcer, pour les femmes, et elles ne peuvent répudier un mari. 
[...] Ils disent de nous que nous vivons une vie sans danger à la maison tandis qu’ils combattent avec la  lance. Piètre raisonnement ! Je préférerais lutter trois fois sous un bouclier que d’accoucher une seule.
Mais je me tais, car le même langage ne vaut pas pour toi et pour moi : toi, tu as ici une patrie, une demeure paternelle, les jouissances de la vie et la société d’amis. 
Moi, je suis seule,  sans patrie, outragée par un homme qui m’a, comme un butin, arrachée à une terre  barbare, sans mère, sans frère, sans parent près de qui trouver un mouillage à l’abri de l’infortune.

Médée Corneille

La version de Corneille est un peu différente, ainsi par exemple Egée y est amoureux de Créuse et se retrouve emprisonné, c'est Jason qui souhaite garder leurs enfants auprès de lui et que Médée soit exilée seule...
 Médée:
 Jason me répudie ! et qui l’aurait pu croire ?
S’il a manqué d’amour, manque-t-il de mémoire ?
Me peut-il bien quitter après tant de bienfaits ?
M’ose-t-il bien quitter après tant de forfaits ?
Sachant ce que je puis, ayant vu ce que j’ose,
Croit-il que m’offenser ce soit si peu de chose ?
Quoi ! mon père trahi, les éléments forcés,
D’un frère dans lamer les membres dispersés,
Lui font-ils présumer mon audace épuisée ?
Lui font-ils présumer qu’à mon tour méprisée,
Ma rage contre lui n’ait par où s’assouvir,
Et que tout mon pouvoir se borne à le servir ?
Tu t’abuses, Jason, je suis encor moi-même.
Tout ce qu’en ta faveur fit mon amour extrême,
Je le ferai par haine ; et je veux pour le moins
Qu’un forfait nous sépare, ainsi qu’il nous a joints ;
Que mon sanglant divorce, en meurtres, en carnage,
S’égale aux premiers jours de notre mariage,


Plus loin
Médée;
La flamme m’obéit, et je commande aux eaux ;
L’enfer tremble, et les cieux, sitôt que je les nomme,
Et je ne puis toucher les volontés d’un homme!

Médée Sénèque


MÉDÉE.
La fortune, qui opprime les lâches, recule devant les âmes courageuses.
LA NOURRICE.
J'approuve le courage, mais quand il a lieu de se montrer.
MÉDÉE.
Il n'est pas de moment où il soit mal-à-propos de montrer du courage.
LA NOURRICE.
Il ne vous reste aucun espoir dans le malheur qui vous accable.
MÉDÉE.
Quand on n'espère plus, c'est alors qu'on ne doit pas désespérer.
LA NOURRICE.
Colchos est loin d'ici, votre perfide époux vous abandonne, et de toute votre puissance il ne vous rien.
MÉDÉE.
Il me reste Médée : tu vois en elle la terre et les mers, le fer et le feu, les dieux et la foudre.

lundi 25 juin 2012

Medee théâtre fresques Pompei et Herculanum

Je continue mes recherches sur les personnages mythologiques, croisés lors de la visite de Pompéi et retrouvés dans les musées ou sur les scènes de théâtre.
Un premier article sur ce personnage, je reviendrai ensuite sur ses représentations dans le domaine de la peinture et quelques unes de ces grandes interprètes. 
Récapitulatif des articles autour du rôle de Médée:
Médée dans les fresques antiques, le mythe  et ses variations
Médée au théâtre, d'Euripide à Corneille
Médée, vue par Christa Wolf
 Médée dans l'art
Médée : interprètes et costumes de scène

Médée

Dans la mythologie grecque, Médée  est la fille d'Éétès, roi de Colchide. Elle est magicienne, comme sa tante Circé (ou sœur dans certaines traditions qui la font naître d'Hécate).
Médée , le glaive à la main , s’apprêtant à tuer ses enfants (Pompéi, Villa des Dioscures)
Fresque du IVe style (époque julio-claudienne, épouqe flavienne). Selon Pline, qui évoque le tableau de Timomaque dont cette fresque serait la réplique, tout l’intérêt tient à l’expression de Médée, prise entre la tristesse de devoir perdre ses enfants et sa fureur contre Jason, qui la précipite dans cette vengeance meurtrière.

"Médée regarde les deux enfants que Jason a mis en elle quand ils s'aimaient. Pour lui, elle a trahi son père, elle a tué son jeune frère, elle a tué Pélias, elle lui a donné deux fils et il la répudie. La colère monte en elle. Elle entre dans la chambre des enfants. L'un s'appelle Merméros, l'autre Phérès. Elle dit au pédagogue : "Va. Prépare pour eux ce qu'il faut pour chaque jour" alors qu'elle sait que ce seront les objets qui les accompagneront dans la tombe souterraine. Elle les regarde. Elle va les tuer. Voilà l'instant de la peinture." (Pascal Quignard, Le Sexe et l'effroi, Gallimard, Folio, 1994, p.188-189) autour-de-medea-

Particulièrement sombre, la légende de Médée est constituée d'une succession de meurtres ponctués de fuites qui la voit accomplir un voyage à travers toute la Grèce antique, sa vengeance meurtrière ayant donné naissance au complexe de Médée.

L'histoire de Médée débute avec l'arrivée des Argonautes en Colchide. Ceux-ci recherchent la Toison d'or sous le commandement de Jason (la quête ayant été initiée par son oncle Pélias, roi usurpateur d'Iolcos). La Toison est détenue par le roi Éétès, père de Médée, qui accepte de la céder si les héros accomplissent certaines tâches apparemment impossibles.
Or Médée tombe amoureuse de Jason, charmée par sa détresse. Le héros convoite surtout l'aide providentielle que ses pouvoirs pourraient apporter, aussi il donne la réplique. C'est ainsi que les Argonautes peuvent triompher des différentes embûches et conquérir la Toison d'or, avant de fuir vers l'ouest du Pont Euxin.
Jason et Médée Toison d'or

Furieux, Éétès, qui n'a en fait pas l'intention de laisser échapper la Toison, entreprend de les poursuivre avec sa flotte. Médée favorise alors leur fuite en tuant, à Tomis (« découpe » en grec) son propre frère cadet Apsyrtos, coupé en morceaux qu'elle sème derrière elle, retardant ainsi les poursuivants qui s'arrêtent à chaque fois pour les récupérer et offrir à l'héritier du trône une sépulture digne.

De retour à Iolcos, Jason constate que Pélias a profité de son absence pour tuer son père et se débarrasser de sa famille. Il demande donc à Médée de préparer une vengeance. Les filles de Pélias désireuses de faire rajeunir leur père, demandent conseil à Médée. Celle-ci leur fait une démonstration : avec un bélier qu'elle coupe en morceaux et qu'elle fait bouillir dans une marmite en prononçant des incantations, elle fait ressortir de la marmite un agneau. Elle suggère aux filles de Pélias d'en faire autant avec leur père. Ces dernières s'exécutent. Cependant, Médée reste muette et ne prononce pas les incantations.
Fresque d'Herculanum au musée de Naples

L'épisode que l'on retrouve dans la plupart des versions théâtrales de Médée , à quelques variantes près:


Jason et Médée sont bannis d'Iolcos par Acaste, fils de Pélias ; ils se réfugient alors à Corinthe, où ils sont accueillis par le roi Créon. Mais Jason tombe amoureux de la fille du roi, Créuse, et il se marie avec elle, répudiant Médée qui doit partir, en laissant ses enfants à leur père et à sa rivale.

Corneille Médée acte III scène 3 à Jason
Misérable ! je puis adoucir des taureaux ;
La flamme m’obéit, et je commande aux eaux ;
L’enfer tremble, et les cieux, sitôt que je les nomme,
Et je ne puis toucher les volontés d’un homme !
Je t’aime encor, Jason, malgré ta lâcheté ;
Je ne m’offense plus de ta légèreté :
Je sens à tes regards décroître ma colère ;
De moment en moment ma fureur se modère ;
Et je cours sans regret à mon bannissement,
Puisque j’en vois sortir ton établissement.
Je n’ai plus qu’une grâce à demander ensuite :
Souffre que mes enfants accompagnent ma fuite ;
Que je t’admire encore en chacun de leurs traits,
Que je t’aime et te baise en ces petits portraits ;
Et que leur cher objet, entretenant ma flamme,
Te présente à mes yeux aussi bien qu’à mon âme.
330 av JC Musée du Louvre Médée tuant un de ses enfants

Médée obtient une journée de grâce avant de devoir quitter Corinthe .
Elle se voit également demander par Créuse une robe pour son mariage en échange de la protection de ses
enfants.
Médée obtient la promesse d'Égée, roi d'Athènes,de l'accueillir après sa fuite, elle se venge alors  en tuant sa rivale: elle lui offre, par l'intermédiaire de ses enfants,  une robe magique qui la brûle ainsi que son père, puis incendie le palais.
Quand Médée apprit la fin de sa rivale, elle prit une nouvelle résolution, plus atroce encore. Pour ses enfants, après le double meurtre qu'elle vient de commettre, elle ne pouvait espérer aucune aide, aucune protection, tout au plus l’esclavage. « Je ne les laisserai pas vivre pour être maltraités par des étrangers Ni mourir d’une main plus cruelle que la mienne. Non; moi qui leur ai donné la vie, je leur donnerai aussi la mort".
 Acte ultime, elle tue ensuite de ses mains les enfants qu'elle avait eus avec Jason (Merméros et Phérès).
 De désespoir, Jason trouve la mort.

Médée et ses enfants

Médée, menacée par les Corinthiens, s'enfuit et trouve refuge auprès d'Égée, roi d'Athènes : elle lui promet ce qu'il convoite le plus — un fils —, et il accepte de l'épouser. Un enfant, Médos, naîtra effectivement peu après, pour qui Médée nourrira un destin royal ; cependant l'arrivée de Thésée à Athènes bouleverse ses plans et la dresse contre le nouveau-venu. Après plusieurs tentatives infructueuses, Médée réussit à convaincre son époux que Thésée est un imposteur, et qu'il convient de l'empoisonner : le drame est évité de justesse, Égée reconnaissant son fils à son épée au dernier moment. Folle de rage, elle s'empare alors du trésor d'Athènes, plusieurs tonnes de diamant. Dans sa fuite sur son char de feu tiré par des cobras, elle laisse échapper la moitié du trésor royal.

Découverte, Médée doit fuir Athènes : elle rentre alors vers sa Colchide natale avec son fils Médos. Là, elle trouve sur le trône Persès, son oncle, qui avait détrôné son père après la fuite des Argonautes. Elle le tue et restitue le pouvoir à son père, Éétès.

Un personnage qui a bien entendu inspiré de nombreux artistes, j'y reviendrai!

 Une autre vision de Médée

Il existe une autre interprétation , défendue en particulier par Christa Wolf, où Médée serait une victime et n'aurai pas tué ses enfants.
La critique de l'express
Innocente, Médée? Accusée depuis Euripide du meurtre de ses enfants, de son frère et d'autres, la fille du roi de Colchide se voit réhabiliter par le célèbre écrivain allemand. Christa Wolf propose un étonnant concerto à six voix, dont celle de Médée, commentant chacune cette sinistre histoire. Histoire ancienne et histoire actuelle, dont l'auteur a le génie d'enchevêtrer les fils. On se souvient de sa célèbre Cassandre, cri d'alarme qui ébranla les deux Allemagnes en 1983. Cette fois, c'est Médée qui fera le procès du pouvoir et de la gent masculine dans l'Allemagne réunifiée. Une Médée émancipée, calme et forte. Impardonnable. Elle a quitté la Colchide pour suivre Jason, certes, mais après avoir découvert le meurtre de son frère par le roi, leur père. Las, que retrouve-t-elle à Corinthe? Un autre cadavre dans le placard de la famille royale. Le crime est partout, à Corinthe comme en Colchide. A l'Est comme à l'Ouest. Les voix de ce roman à clés qui fustige l'establishment allemand s'expriment avec la véhémence élégiaque que Christa Wolf maîtrise à la perfection. Quant à Médée, non coupable, mais responsable? «Comment ai-je pu me tromper à ce point? ... Il n'est pas de lieu où la perception des choses ne soit plus brouillée que dans l'entourage du roi.»

Pour en savoir plus:Versions romancées du mythe de Médée : deux éditions à destination d’un jeune public :
• Valérie Sigward, Médée la magicienne
Ce récit, assez fidèle au mythe, présente, de manière imagée, les principales étapes de l’histoire de Médée, privilégiant la première partie de sa vie.
• Marie Goudot, Médée, la Colchidienne
Marie Goudot va contre la représentation négative de Médée, femme cruelle et mauvaise.
Revenant à l’étymologie du nom Médée, « celle qui prend soin, conseille » (p. 141), elle fait de Médée une  jeune fille fascinée par le monde grec, puis une femme exilée, attachée à la justice et à la parole donnée, devenue un véritable bouc-émissaire.

dimanche 24 juin 2012

L' importance d'être constant Oscar Wilde

L'importance d'être constant Oscar Wilde

Présentation de l'éditeur
Jack Worthing, aristocrate et dandy, s'est inventé un frère, prénommé Constant, sous l'identité duquel il accumule à Londres dettes et plaisirs. Courtisant Gwendoline Fairfax sous ce nom déguisé, il est bien loin de se douter de l'importance qu'elle attache à son prénom... Au même moment, son ami Algernon, bien décidé à séduire Cecily, la pupille de Jack, se rend à la campagne où celle-ci réside. Il se présente comme étant le frère de Jack, Constant. Un prénom que la jeune fille trouve aussi très à son goût...

Le 14 février 1895 eut lieu à Londres, au théâtre St- James, la première,  triomphale, de l'importance d'être constant. La scène brillait de mille feux et le dramaturge était au zénith de sa célébrité. Mais, sans doute parce que l'astre était trop étincelant, le désastre n'allait pas tarder à tout anéantir.Ce fut sa dernière pièce de théâtre.
L'homosexualité était alors sévèrement réprimée en Angleterre, l'écrivain fut condamné à deux ans de travaux forcés. Il purgea la plus grande partie de sa peine à la prison de Reading : c'est là qu'il écrivit une longue lettre adressée à Bosie,son jeune amant,  l'impressionnant De profundis.
Libéré le 19 mai 1897, Wilde partit pour la France. Il s'installa d'abord en Normandie où il commença à rédiger son grand poème, La Ballade de la geôle de Reading, puis à Paris et à Naples où il passa quelques mois en compagnie de Bosie, et de nouveau à Paris, où il mourut.

Le titre de l'œuvre The importance of being earnest, est à double sens: earnest signifie à la fois « fidèle » et correspond au prénom Ernest (earnest et Ernest se prononçant de la même façon.)
Le titre original  est parfois traduit L'importance d'être Constant ou De l'importance d'être Fidèle ; Jean Anouilh en fit une traduction française sous le titre Il est important d'être Aimé.

Mon petit mot : drôle, très drôle!
C'est une pièce qui tend vers le burlesque, les quiproquos s’enchaînent sans répit, les bons mots de Wilde restent très drôles, tout comme sa peinture de la haute société anglaise,  le mariage, les femmes, on rit tout court, on rit jaune aussi, cynisme et légèreté au rendez-vous, une lecture vraiment très plaisante!
Mauvaise foi et rebondissements improbables, happy end, une pièce qui fait rire, sans lourdeur, très agréable! 

Le début du texte de L'importance d'être constant d'Oscar Wilde


ACTE I

Chez Algernon.
Lane prépare le thé.
On joue du piano à côté.


ALGERNON
Vous m’avez entendu jouer Lane?

LANE
Je ne me serais pas permis d’écouter, Monsieur.


ALGERNON
Je le regrette pour vous, Lane. Je ne joue pas très juste – tout le monde peut jouer juste–, mais je joue avec beaucoup de sentiment. Tant qu’il s’agit du piano, je me fie entièrement au sentiment. Je ne m’en méfie que dans la vie.


Des petites phrases, comme ça...

ALGERNON
Moi, c’est différent. C’est « ma » tante! Prenez des tartines beurrées. Les tartines beurrées sont pour Gwendolen. Gwendolen a une passion pour les tartines beurrées.
JACK (se servant)
Mais, c’est délicieux, les tartines beurrées.
ALGERNON
Doucement, mon vieux! Ce n’est pas une raison pour vous précipiter dessus comme si vous vouliez toutes les manger. Vous vous conduisez comme si vous étiez déjà le mari de Gwendolen. Vous ne l’êtes pas encore…




LADY BRACKNELL
Navrée d’être un peu en retard, Algernon, mais j’ai rendu visite à cette chère Lady Harbury. Je ne l’avais pas vue depuis la mort de son mari. Elle est méconnaissable… Le veuvage l’a rajeunie de vingt ans. 



GWENDOLEN
Quels merveilleux yeux vous avez Constant! J’espère que vous me regarderez toujours comme cela… Surtout quand il y aura du monde…


LADY BRACKNELL
Fort bien. Je déteste tout ce qui peut altérer une belle ignorance naturelle. Toutes les théories modernes sur l’éducation sont absurdes. Heureusement, l’éducation, en Angleterre du moins, n’a jamais eu le moindre effet. 




MISS PRISM
Vous devriez, mon enfant, abandonner cette mauvaise habitude de penser par vous-même. Ce n’est pas très féminin. Les hommes n’aiment pas ça.

jeudi 21 juin 2012

Phedre costume de theatre

Un dernier article consacré à Phèdre avant de passer à d'autres grands rôles féminins du théâtre.
Petit rappel de mes premiers articles consacrés à Phèdre :
Phèdre dans les fresques antiques (Pompéi)
Phèdre dans l'art
Une interprète du rôle de Phèdre : Rachel
Phèdre de Racine

Une autre entrée dans le personnage de Phèdre cette fois, par les costumes inventés au fil des siècles pour les scènes de théâtre.
Comment représenter l'antique?
Dans des tuniques très sobres, ou au contraire transposer l'histoire à d'autres époques, d'autres lieux?
Costumes intemporels ou au contraire très ancrés dans l'histoire, dans tous les cas, admirons le travail des couturiers, costumiers et autres créateurs de rêve! 

Phèdre costume conçu par Mouron de Cassandre
porté par Annie Ducaux (Comédie Française 1959)
Centre national du costume de scène, Moulins

En 1995, Christian Lacroix a dessiné le costume de Phèdre, porté par Martine Chevalier. Mise en scène d'Anne Delbée à la Comédie Française

Christian Lacroix : robe de Phèdre pour Martine Chevalier

photo
Sarah Bernhardt, dans Phèdre.
Sarah Bernhardt dans le rôle de Phèdre en 1893, dans la pièce éponyme de Jean Racine. Photographie de Nadar.
Baron d'Hastrel de Rivedoux, Mademoiselle Araldi dans le rôle de Phèdre,  milieu 19e s.
Phèdre, interprétée par Marguerite Jamois  Marie-Hélène Dasté mise en scène de Gaston Baty.
1940
Phèdre, tragédie de Jean Racine : costume de Mademoiselle Duchesnois (Phèdre)
Marie-Hélène Dasté : Costume porté par Marguerite Jamois dans le rôle de Phèdre
Phèdre, tragédie de Jean Racine dans la mise en scène de Gaston Baty.
Production du Casino municipal d’Aix-en-Provence, le 13 mai 1952
Carole BOUQUET - PHEDRE  Jacques Weber

Des mises en scène récentes de Phèdre
Phèdre 

Dominique Blanc
Silvia monfort 
Lorraine Côté

Challenge des notes et des mots

En ce jour de la fête de la musique et pour compléter le challenge autour des livres et de l'art, découvrons celui-ci : des notes et des mots.
L'occasion de puiser de nouvelles idées de lecture, et de lister quelques billets déjà écrits qui peuvent entrer dans le sujet!

Le lien vers le site du challenge
Extraits de l'article de présentation:
Je vous propose de lire des livres qui ont un lien avec la musique. Tous les genres de livres sont possibles, romans, polars, jeunesse, albums pour les petits... Et tous les styles de musique sont permis, bien sûr, du jazz à la musique classique, assez bien représentés dans les romans contemporains, je crois, mais aussi, pourquoi pas, la chanson française, le rock, le métal, etc ! Je vous propose même d'inclure à ce challenge des titres qui contiennent un mot de vocabulaire musical, sans nécessairement avoir un lien avec cet art.
Des livres qui ont rapport direct avec la musique ou mettent en scène des musiciens :
Alessandro Barricco, Novecento : pianiste
Nina Berberova, L'accompagnatrice
Ketil Björnstad, La société des jeunes pianistes
Ketil Björnstad, L'appel de la rivière
Jean-Philippe Blondel, This is not a love song
Chochana Boukhobza, Le troisième jour
Alfio Caruso, Willy Melodia
Lars Saby Christensen, Beatles
Franck Conroy, Corps et âmes
Joseph Coulson, Le blues des grands lacs
Leif Davidsen, La chanteuse russe
Anne Delaflotte Mehdevi, Fugue
Jean-Baptiste Destreumeau, Sonate de l'assassin
Régine Detambel, Solos(nouvelles)
Jean Diwo, Les violons du roi
Jean Echenoz, Ravel
Anna Enquist, Le secret
Anne Enquist, Contrepoint
Maxence Fermine, Le violon noir
Timothy Findley, La fille de l’homme au piano
F.S. Fitzgerald, Les enfants du jazz
Christian Gailly, Un soir au club
David Goodis, Tirez sur le pianiste
Gunther Grass, Le tambour
Nick Hornby, High fidelity
Nacy Huston, Les variations Goldberg
Kazuo Ishiguro, Nocturnes (nouvelles)
Elfriede Jelinek, La pianiste
Gaston Leroux, Le fantôme de l’Opéra
Gilles Leroy, Alabama song
Magellan, Un refrain sur les murs
Richard Millet, La voix d'alto
Maryvonne Rippert, Métal Mélodie
Marie Nimier, Anatomie d’un chœur
Bernard Pingaud, L'andante inconnu
Yann Queffelec, Le piano de ma mère
Pascal Quignard, Tous les matins du monde
Eric-Emmanuel Schmitt, Ma vie avec Mozart
Eric-Emmanuel Schmitt, Concerto pour un ange
Eric-Emmanuel Schmitt, Quand je pense que Beethoven est mort…
Bernard Tirtiaux, Les sept couleurs du vent
Bernard Tirtiaux, Prélude de cristal
Rose Tremain, Musique et silence
Göran Tunström, L’oratorio de Noël
Frédéric Chaudière, Tribulations d'un stradivarius en Amérique
Fidéline Dujeu, Angie, éd. du Somnambule Équivoque
Jean Echenoz, Au piano
Maxence Femrine, Amazone
Philippe Labro, Franz & Clara
Selma Lagerlof, Le violon du fou
Carol Ann Lee, La valse des tambours
Jean Noullez, L'érable au cœur, éd. L'âge d'homme
Arto Paasilina, Le cantique de l'apocalypse joyeuse
José Luis Peixoto, Le cimetière de pianos, Folio
Richard Powers, Le temps où nous chantions
Patrick Susskind, La contrebasse
Tolstoï, La sonate à Kreutzer
Vincent Engel, Requiem véntien
Christian Gailly, K 622



Mes premiers articles du challenge lecture et musique :

les violons du roi jean diwo : Stradivarius, les luthiers, Crémone...
 porporino ou les mysteres de naples : le monde des castrats, l'opéra napolitain
quatuorVikram Seth

avec un peu de musique, Bach, l'art de la fugue, une des nombreuses musiques évoquées dans Quatuor


chez Donna Léon, la Fenice, une chanteuse d'opéra:
mort la fenice
entre deux eaux

ou encore
Le violon de Cremone

 Mes articles de compte-rendu de spectacles vus:
à l'opéra de Tours Opéra grand théâtre de Tours

et autres concerts et spectacles musicaux les articles

Programme de la fête de musique en Indre et Loire

J'en profite pour mettre un lien bien utile aujourd'hui, les manifestations programmées à Tours et en Touraine ce soir :fete-de-la-musique-tours

Bonne journée à tous, et bonne fête de la musique!

mercredi 20 juin 2012

Art et lecture

Le thème d'un nouveau challenge que je viens de découvrir et qui permet de lister bon nombres de lectures en lien avec l'art :
Lien vers le site du challenge

un extrait du texte de présentation de ce challenge


Je vais mettre en place dans la soirée une bibliographie non exhaustive, mais je vous donne déjà quelques pistes  :


  • les romans historiques dont le sujet est un peintre (La passion Lippi de Sophie Chauveau), un tableau (La tempête de Juan Manuel de Prada), un modèle (La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier), voire même un tableau qui n'a jamais existé (Les onze de Pierre Michon) 
  • les romans sur les métiers liés (restaurateur, marchand d'art, conservateur...) : la série des Jonathan Argyll chez Iain Pears, la série des Pénélope Breuil chez Adrien Goetz, la série sur la fondation Stern de Raphaël Cardetti...
  • les romans bizarroïdes inclassables : les Dan Brown 
  • les ouvrages théoriques sur l'art : étude d'un mouvement artistique, biographie, monographie, décryptage d'un tableau...cela va des Taschen aux Citadelles & Mazenod
  • les billets sur les expositions que vous aurez visitées avec (ou pas) des billets sur les hors-série qui sortent sur ces expositions (chez Beaux-Arts Magazine par exemple) ou sur les catalogues d'exposition  
  • les films et les séries TV sur les artistes et les mouvements artistiques : Klimt de Raoul Ruiz, Van Gogh de Maurice Pialet, La jeune fille à la perle de Peter Webber, la série Desperate Romantics de la BBC sur les Préraphaélites...
Le logo est un tableau de Degas que j'ai découvert grâce à sa description dans Lydia Cassatt lisant le journal du matin, et qui représente les 2 soeurs Cassatt. Il s'intitule Au musée du Louvre, est sous-titré Miss Cassatt, date de 1879 et se trouve dans une collection privée

Vierge à l'enfant Tours 1500

Un dernier article consacré à l'exposition Tours 1500, après ceux-ci:
mes différents articles autour de cette exposition Tours 1500 capitale des arts

présentation:
exposition-tours 1500 capitale des arts
 exposition-tours-1500

détails : 
jean bourdichon tours 1500
 bethsabee au bain
 michel colombe


Parmi les thèmes développés dans l'exposition Tours 1500 capitale des arts au musée des Beaux arts de Tours, la production régionale de statues représentant la Vierge et l'enfant Jésus.
Vierge à l’Enfant  Val de Loire, vers 1520  Albâtre : 25 x 14 x 10 cm.
Nantes, Musée Dobrée
A la fin du XV ème siècle, les sculpteurs mettent en avant le caractère maternel de la Vierge, gestes de tendresse, complicité avec l'enfant Jésus, présenté comme un véritable enfant et non comme un adulte miniature.

L'enfant joue avec le vêtement de Marie, la façon dont elle même le porte, le regarde...

Vierge et l'enfant Tours

« Vierge à l'Enfant », statue d'albâtre et de rehauts d'or, attribuée à Guillaume Régnault, neveu du sculpteur tourangeau Michel Colombe. Elle aurait été réalisée vers 1515 et témoigne d'un raffinement exceptionnel.

Vierge et l'enfant dite d'Ecouen
 vierge à l'enfant, vers 1530, marbre, musée du Louvre
détails de la Vierge d'Ecouen
Vierge et l'enfant dite Vierge D'Olivet
Vierge d'Olivet, musée du Louvre

Et l'article de Bon sens et déraison sur cette même exposition : tours-1500

Homme - Femme ....

La petite brève autour du spectacle que je vous invite à lire ici , sur ce blog consacré au théâtre athenee-theatre





 
autour de la "parité" dans les théâtres et les programmations de saison, cela laisse songeur :
rapport de Reine Prat sur les inégalités entre hommes et femmes dans le spectacle vivant, commandité par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2006.
92% des théâtres sont dirigés par des hommes, 97% des compositeurs joués sont des hommes et 78% des spectacles programmés sont mis en scène par des hommes.

mardi 19 juin 2012

Roxane

Les liens vers les articles autour de ce personnage du théâtre féminin:

roxane costume de théâtre et grandes interprètes
le-baiser-cyrano-variations

Jean Bourdichon Tours 1500

Toujours dans les articles autour de l'exposition Tours 1500, après avoir déjà parlé des livres d'heures et des enluminures autour de la représentation de Bethsabee au bain, ainsi que des sculptures de Michel Colombe intéressons-nous aujourd'hui à un des artistes "phare" de l'époque  : Jean Bourdichon.
Bourdichon Jean Tours, vers 1480 Vierge en oraison
Huile sur bois. 0,484 x 0,333 cm.
Acquis en 2007 pour le musée des Beaux-Arts de Tours

Jean Bourdichon (1457, 1521), peintre et enlumineur à Tours, resté célèbre pour les Grandes heures d'Anne de Bretagne, 
Annonciation, Grandes heures d'Anne de Bretagne, Bourdichon

est cité à plusieurs reprises dans les contes royaux de 1481 à 1520, comme "enlumineur et valet de chambre", puis "peintre et valet de chambre du roi".
grandes heures d'anne de bretagne

Artiste protéiforme, il est aussi bien auteur de chaises pour Marguerite d'Autriche  que d'étendards, de modèles de robes ou encore de monnaie!
Sainte Catherine avec la palme du martyre, l'épée et la roue,instruments de son supplice.
Grandes heures d'Anne de Bretagne. Jean Bourdichon

Mais ce sont surtout ses enluminures et ses portraits qui ont fait sa célébrité.
La taille de la vigne Bourdichon

Dessin rigoureux, couleurs vives, rehauts d'or, cadrage à mi-corps des personnages pour créer un effet d'intimité et d'empathie avec le sujet sont les principales caractéristiques de ces œuvres, tout comme les décors végétaux.
Saint-Martin de Tours par Jean Bourdichon


Avec Jean Bourdichon, nous faisons aussi une promenade dans les jardins du Moyen Age :
Les grandes heures d'Anne de Bretagne
 337 plantes peintes par Bourdichon, rien que dans les  Grandes Heures d'Anne de Bretagne, de quoi avoir une excellente connaissance de la flore médiévale du Val de Loire, mais aussi de la petite faune des jardins, entre chenille, mouche et autres petites bestioles... :

 Maison présumée comme étant celle de Jean Bourdichon, 3 rue de la Serpe, Tours
Maison de Jean Bourdichon
http://www.culture.gouv.fr
 Et pour annoncer le prochain article autour de cette exposition qui sera consacré à la Vierge à l'enfant, une Vierge allaitant l'enfant Jésus par Jean Bourdichon:
Vierge allaitant Bourdichon

mes différents articles autour de cette exposition Tours 1500 capitale des arts
présentation:
exposition-tours 1500 capitale des arts
 exposition-tours-1500

détails : 
jean bourdichon tours 1500
 bethsabee au bain
 michel colombe
Vierge à l'enfant Tours 1500

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