dimanche 19 février 2017

Fabrice Luchini Grand Theatre De Tours

De Paul Valéry à Rimbaud en passant par Molière, Céline et Flaubert, Poésie ?, le nouveau spectacle de Fabrice Luchini redonne vie et magnifie les textes de certains des plus grands auteurs français

Fabrice Luchini

Mon petit mot

J'avais hésité quand ce spectacle était passé une première fois à Tours, je n'avais finalement pas pris de place,  j'avais un peu peur de trouver le temps long ... et puis une amie qui elle y était allée en était ressortie enchantée alors quand une nouvelle date a été programmée, je me suis laissée tenter! 

Au final, un "one man show" qui mêle textes variés, les "tubes" de Luchini, le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, l'incontournable Céline, Le corbeau et le renard en verlan, et digressions autour de son parcours, de l'actualité ou  des réactions de la salle. On se retrouve ainsi à chanter de la variété entre deux extraits de Proust, Molière ou Paul Valéry... très bonne ambiance dans un public plutôt conquis d'avance!

Ce que j'en retiendrai ce sont quelques textes inconnus, qui étaient pour moi ce que j'espérais trouver dans cette soirée, j'en attendais plus, mais c'est sans doute déjà beaucoup de pouvoir en faire entendre autant dans ce genre de spectacle, bref, Les deux timides de Labiche, Claudel...  voilà ce que je garderai en mémoire! 
Un spectacle à conseiller surtout aux fans du comédien!




jeudi 16 février 2017

Transmission du DOM JUAN de G. MORIN / JTRC théâtre Olympia

Après
Les Molière de Vitez , l'intégrale, Molière / Gwenaël Morin théâtre olympia tours 

suite de l'aventure  !
Installé à Lyon, où il dirige le théâtre du Point du Jour depuis 2013, le metteur en scène poursuit l’aventure du Théâtre Permanent des Laboratoires d’Aubervilliers, à savoir : répéter (tous les jours), jouer (tous les soirs), transmettre (en continu).
Au fil de la tournée de ce spectacle, l'équipe des Molières de Vitez, transmet à des groupes de jeunes comédiens l'une des pièces du projet sous la direction de Philippe Mangenot, assistant à la mise en scène.
Comme pour le projet initial, les rôles ont été tirés au sort.

A Tours, c'est tout naturellement le JTRC ( Quentin Bardou,Jeanne Bonenfant, Alyssia Derly,
Théophile Dubus ,Anthony Jeanne) qui fait l'objet de cette transmission, complété pour l'occasion par quelques comédiens supplémentaires (Hélène Stadnicki, Jules Jacquet, Korotoumou Sidibe

Photo 

 Mon petit mot

On redécouvre donc cette mise en scène de Dom Juan vue samedi dernier dans le cadre de l'intégrale... et c'est tout le bonheur du théâtre, cela n'a rien d'une redite!

D'abord la distribution, plaisir de retrouver les "anciens" du JTRC, et de découvrir les deux nouveaux de la troupe, avec une sacrée entrée pour  ALYSSIA DERLY, puisque c'est à elle qu'a été attribué le rôle de Dom Juan, et ce renversement apporte un vrai plus!
Quel plaisir de jeu cela doit être quand Molière n'avantage pas toujours ses rôles féminins de pouvoir interpréter un tel personnage...
Une comédienne que l'on aura hâte de retrouver dans les prochaines créations du TO.
Vraie performance pour tous d'ailleurs, car apprendre un tel texte et se glisser dans la mise en scène en 12 jours, chapeau!

Et puis des petits détails de-ci, delà, une serpillère, une gestuelle, un changement de place;  donnent une petite touche différente à certaines scènes, tout en restant très fidèle à l'original.

Beaucoup d'énergie, des rires, cette série Molière aura été une belle expérience, et ce principe de transmission et de rôles tirés au sort, vraiment intéressant !


mardi 14 février 2017

Marx Et La Poupée Maryam Madjidi

Le nouvel Attila janvier 2017
Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.
Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

« Je ne suis pas un arbre, je n’ai pas de racines. »


Mon petit mot

Une nouvelle belle découverte côté premier roman!

Il y a les parfums, la cuisine du Liban d'avant... la peur, la violence, la religion, mais aussi la grand-mère et la chaleur du foyer.

Il y a l'exil.
Quitter ses jouets, donner ses poupées...
Etre libre ici, pouvoir grandir en femme moderne...
Il y a le 15m2 en France, l'école, la CLIN, et le conflit entre les racines et le présent.
La langue, les mots. La poésie.

On redécouvre toute leur importance et leur pouvoir. Parler la langue d'ici, perdre celle de là bas?
Avoir honte du français de ses parents, refuser d'apprendre à lire et écrire la langue d'hier, avant d'y revenir, bien plus tard.
La difficile construction identitaire, ici l'Iranienne, là bas la française...

Le texte entremêle les souvenirs , passé , présent, "déterrer les morts" pour ne pas les oublier, ni leurs combats,  une belle fresque!

Merci à Babelio!

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dimanche 12 février 2017

Les Molière de Vitez , l'intégrale, Molière / Gwenaël Morin théâtre olympia tours

L’École des femmes                                       
Tartuffe ou l’Imposteur                                  
Dom Juan ou le Festin de pierre                    
Le Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux  


mises en scène  Gwenaël Morin
 assistant à la mise en scène  Philippe Mangenot

avec

Michaël Comte
Marion Couzinié
Lucas Delesvaux
Chloé Giraud
Pierre Laloge
Julien Michel
Maxime Roger
Judith Rutkowski
Thomas Tressy

Neuf jeunes acteurs, sans costume ni décor, mais avec des baskets et des chaises en plastique. Ils ont tiré leurs rôles au sort pour interpréter avec virtuosité quatre pièces phares de Molière.
Ils jouent à jouer Molière. Alors des actrices peuvent s’avérer être des Sgagnarelle et des Tartuffe plus que convaincants, tandis qu’un acteur est capable d’incarner une Célimène pleine de grâce. Ce n’est pas le réalisme qui importe, c’est la fraîcheur, la rapidité, et surtout le plaisir de jouer. Sur le plateau, on court, on tombe, on reçoit des trombes d’eau, on se fait promptement corriger par le souffleur quand on détourne la langue du xviie pour tenter un jeu de mot. On passe sans transition de la farce à la gravité. On redécouvre Molière, un Molière à l’énergie contagieuse.
Gwenaël Morin s’inspire d’une expérience d’Antoine Vitez menée avec de jeunes comédiens au Festival d’Avignon de 1978. Tel Vitez, il monte L’École des femmes, Tartuffe, Dom Juan et Le Misanthrope dans un même espace avec une unique distribution, les élèves issus d’une même promotion du Conservatoire régional de Lyon. Ce faisant, il invente à son tour une forme inédite qui célèbre l’urgence de jouer et de partager le plaisir théâtral avec le plus grand nombre.
https://www.cdrtours.fr/spectacle/les-moliere-de-vitez

Mon petit mot

Sur le papier, cela fait un peu peur... 4 pièces d'environ une heure et demie chacune, une petite hésitation au moment de prendre sa place, et finalement une très sympathique expérience théâtrale!

Cela commence par L'école des femmes, à un rythme décoiffant! 
La salle reste allumée, pas de décor, pas de costumes, scénographie a minima pour mieux redécouvrir le texte qui est d'ailleurs mis à disposition des spectateurs. Le bruit des pages tournées renforce le lien scène-salle qui prolonge l'espace de jeu, les comédiens l'investissant tout autant que le plateau! 
Mais si la volonté est de mettre le texte en valeur, c'est aussi en le tordant, le déformant (avec le "souffleur" qui rappelle à l'ordre) en lui donnant des allures de rap ou de slam, tout en étant parfaitement fidèle à la langue de Molière.

Le trio de la première pièce Julien Michel, Lucas Delesvaux, Chloé Giraud fonctionne très bien, et au premier entracte, on se précipite au "panneau d'affichage" pour voir dans quels rôles on va les retrouver dans les pièces suivantes, le rire se prolonge dans le hall du théâtre en imaginant la suite! 

Au final, une préférence pour L'école des femmes et Dom Juan, l'impression d'avoir redécouvert certaines répliques de ces classiques indémodables, de faire du lien entre les thèmes qui traversent les 4 pièces, le bonheur de découvrir de jeunes comédiens prometteurs, et pour cela, voir les 4 pièces à la suite est un vrai plus, les découvrir dans des rôles totalement différents, cela doit être une très bonne expérience pour eux, comme cela l'est pour le public! 

Et un Sganarelle femme, pourquoi pas, tout comme voir la Marianne de Tartuffe se métamorphoser en Don juan (Maxime Roger) ... une bien belle idée, comme quoi, loin de tout réalisme dans la distribution et avec trois fois rien (des chaises en plastique, des bouts de cartons et deux trois draps!) mais beaucoup d'énergie et d'envie , on peut faire quelque chose de très bien! La magie du théâtre quoi!

vendredi 10 février 2017

Les furies, Lauren Groff

Editions de l'Olivier (05/01/2017)
Fates and Furies, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau
« Le mariage est un tissu de mensonges. Gentils, pour la plupart. D'’omissions. Si tu devais exprimer ce que tu penses au quotidien de ton conjoint, tu réduirais tout en miettes. Elle n'’a jamais menti. Elle s'’est contentée de ne pas en parler. »
Les Furies
Ils se rencontrent à l'’université. Ils se marient très vite. Nous sommes en 1991. À vingt-deux ans, Lotto et Mathilde  sont beaux, séduisants, follement amoureux, et semblent promis à un avenir radieux. Dix ans plus tard, Lotto est devenu  un dramaturge au succès planétaire, et Mathilde, dans l’'ombre, l’'a toujours soutenu. Le couple qu'’ils forment est l’'image-type d’'un partenariat réussi.
Mais les histoires d'’amour parfaites cachent souvent des secrets qu'’il vaudrait mieux taire. Au terme de ce roman, la véritable raison d’'être de ce couple sans accrocs réserve bien des surprises.


Le premier roman de Lauren, Les Monstres de Templeton , publié en Février 2008, était un New York Times best-seller et Booksense, et a été retenu pour le Orange Prize for New Writers.
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Mon petit mot

Un nouveau coup de cœur!

Voilà un roman qui m'avait attirée pour le mot "dramaturge", et en effet le théâtre est très présent. Pas déçue de ce côté là, mais j'ai découvert bien plus!

Lotto rêve d'abord d'être acteur, de jouer Shakespeare, mais ne parvient pas à percer sur scène, c'est finalement l'écriture qui va le sauver . Au fil du roman, nous découvrons plusieurs extraits des pièces qu'il aurait écrites, on imagine des représentations, des mises en scène, et j'aurais volontiers assisté à certaines!
On redécouvre par exemple Antigone à travers une adaptation bien vue, de nombreux mythes, un univers qui m'a d'emblée séduite!

Et puis, il y a l'histoire du couple, racontée d'abord plutôt du point de vue de l'un, puis de l'autre, avec suffisamment du mystère et de rebondissements pour tenir en haleine!

Le poids de l'enfance, les rapports aux parents, la place des femmes aussi... rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, les certitudes concernant un personnage s'effondrent vite.
Sous le vernis, le chaos. 

C'est un roman prenant, avec des personnages que l'on n'a pas envie de quitter! Et des petites incises qui donnent un supplément de rythme ou de mystère... J'ai aimé la façon dont le roman est construit, cette rapidité du début où d'un paragraphe et d'une fête à l'autre, les années défilent, avant d'y revenir plus tard d'un autre point de vue...

Bref, cette rentrée littéraire d'hiver est pleine de bonnes surprises!



ChallengeUSA
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mercredi 8 février 2017

Anima de Wajdi Mouawad


Un livre sorti de la PAL dans le cadre d'une lecture commune avec Jostein et Joëlle.
 
 Actes Sud, 2012
Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme en suivant l’odeur sacrée, millénaire et animale du sang versé. Seul et abandonné par l’espérance, il s’embarque dans une furieuse odyssée à travers l’Amérique, territoire de toutes les violences et de toutes les beautés. Les mémoires infernales qui sommeillent en lui, ensevelies dans les replis de son enfance, se réveillent du nord au sud, au contact de l’humanité des uns et de la bestialité des autres. Pour lever le voile sur le mensonge de ses origines, Wahhch devra-t-il lâcher le chien de sa colère et faire le sacrifice de son âme ?
Par son projet, par sa tenue, par son accomplissement, ce roman-Minotaure repousse les bornes de la littérature. Anima est une bête, à la fois réelle et fabuleuse, qui veut dévorer l’Inoubliable.


Mon petit mot

 Je connaissais Wajdi Mouawad par le théâtre, il a fallu cette lecture commune pour me donner le courage d'ouvrir Anima.
Un étrange phénomène attirance-répulsion me faisait tourner autour de lui depuis très longtemps, la crainte de sa violence, le plaisir espéré de cette langue particulière... c'est finalement chose faite !

Et si en effet certaines scènes sont particulièrement dures , la puissance du propos et l'originalité des points de vue l'ont emporté. 



Donner la parole ainsi aux animaux qui nous entourent, des plus nobles à ceux que l'on ignore ou que l'on repousse, pour mieux faire ressortir l'animalité, la bestialité de l’humain... pour prendre de la distance aussi, et nous faire nous interroger sur ces termes... Qui est le plus "animal"? 

Du Liban aux réserves indiennes, du Canada aux Etats-Unis, l'histoire d'un homme, d'un pays, du monde... une plongée dans le pire de l'humanité.
Guerres de religion, drogue, meurtres les plus barbares, mais aussi poésie, croyances de toutes sortes, de l'animal totem aux mythes fondateurs. 

Un roman foisonnant, qui ne perd jamais son lecteur (même quand on ne comprend pas tous les mots, certains dialogues en anglais ne sont pas traduits), et que l'on n'a pas envie de lâcher une fois commencé. 
Bref, je rejoins les louanges, particulièrement sombre, mais l'écriture vaut vraiment le coup!

objectif pal

dimanche 5 février 2017

le mystère Henri Pick de David Foenkinos

01/04/2016
Gallimard

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n'était qu'une machination?
Récit d'une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu'un roman peut bouleverser l'existence de ses lecteurs.
Le mystère Henri Pick par Foenkinos

Mon petit mot

Depuis La délicatesse, je porte une tendresse particulière aux romans de David Foenkinos, et même s'il ne le détrônera pas de sa première place, celui-ci est un bon opus!


Il faut dire que les livres y sont à l'honneur, forcément, cela aide!
Quelques réflexions bien senties sur l'édition, sur l'écriture et cette supercherie littéraire, le rôle de la presse et de la médiatisation dans un succès, on croise quelques personnalités du monde littéraire, ça griffe un peu  et cette idée de la bibliothèque des livres refusés par les éditeurs, c'est bien vu!  

Un peu de suspens, des personnages attachants, la mayonnaise a pris tranquillement, et au final un bon moment de lecture !

objectif pal

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