mardi 25 juillet 2017

Le choix des âmes à La Luna #OFF17

Auteur : Stéphane Titeca
Comédiens : Alexis Desseaux, Stéphane Titeca
Mise en scène : Valerie Lesage
Régie : Lea Caraballe
Costumes : Danielle Marchal
Musicien : Guillaume Druel
1916, Verdun. Dans un trou d’obus, deux hommes que tout oppose :
Raoul, soldat français revanchard et un peu simple, Franz, soldat allemand musicien et humaniste.
Avec eux, un violoncelle.
Pour sortir de cet univers sombre et sordide, les deux ennemis ont besoin l’un de l’autre.
La musique et l’âme de l’instrument les renverront à leur humanité.
Ils devront oublier leurs peurs, dépasser leur haine, se faire confiance malgré leurs différences.
Mais quel avenir pour ceux qui font le Choix des Âmes ?
À travers cette fable humaniste plus que jamais d’actualité, deux hommes font le choix du violoncelle plutôt que la baïonnette,
La vie plutôt que la barbarie, Le choix de résonner et raisonner.


Mon petit mot

Séance de rattrapage pour moi!
La compagnie est tourangelle, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de découvrir ce spectacle, erreur rattrapée, et cela en était bien une car il fait partie des meilleurs moments de ce festival!

Une rencontre touchante, au fil de l'évolution des deux personnages, un beau message... difficile de ne pas être ému à la scène finale. De ces spectacles qui donnent de l'espoir malgré tout et l'envie de croire en l'humain...


ISMÈNE / ROMA Isabelle Adjani Micha Lescot #FDA17 Musée Calvet

ISMÈNE DE YANNIS RITSOS traduit du grec par Dominique Grandmont
ROMA de Marguerite Duras

Avec Isabelle Adjani et Micha Lescot
Collaboration artistique Valérie Six
Réalisation Alexandre Plank


 « Chère Ismène, ma soeur, toi qui  partages mon sort ... » dit Antigone en ouverture de la tragédie de Sophocle. Ces deux figures féminines, Antigone et Ismène, sont liées par la famille, le destin et pourtant elles sont le contraire l'une de l'autre : Antigone choisit la mort, Ismène choisit la vie.

En 1966, le grand poète grec Yannis Ritsos entreprit de rendre la parole à Ismène, souvent éclipsée  par le caractère intraitable, rétif aux compromis, d'Antigone. Ce poème dramatique  de toute beauté est un plaidoyer en faveur de l'existence et de la liberté écrit par un homme, qui connut le nazisme puis la dictature des colonels en Grèce : c'est sur l'île de Samos en 1971 où il fut déporté après la prison qu'il acheva son poème.

Ismène, dans l'oeuvre de Yannis Ritsos est la  survivante d'une famille et d'un monde. Dans le soir qui tombe, elle se  met à parler et se rend justice à elle-même. Grâce à Isabelle Adjani, la voix d'Ismène, s'élèvera ce 18 juillet  dans la cour du musée Calvet. Elle s'adresse à sa soeur Antigone et à un jeune messager silencieux, attentif.


La soirée se terminera sous le soleil couchant avec la lecture à deux voix de Roma de Marguerite Duras, dialogue hésitant entre poésie et théâtre, glissant de Rome à Césarée sur les rives de la méditerranée, de l'Antiquité à aujourd'hui.


Mon petit mot

En place! (deux heures de queue, ça se mérite!)

Ma seule soirée dans le festival IN cette année, le temps d'établir le programme, de songer à réserver, trop tard!
Mais Isabelle Adjani... inmanquable!

Je ne connaissais aucun des deux textes, j'ai trouvé intéressante cette voix donnée à la soeur méconnue d'Antigone, cette Ismène qui a d'autres désirs, qui fait d'autre choix, le rapport entre elles... le choix de la vie certes, mais désormais, il est temps pour elle de la quitter.
Choisir sa sortie, en s'assurant une dernière fois de qu'elle peut encore susciter...

Les lecteurs sont idéaux, pour faire ressortir toute la poésie du texte, tout en sobriété, sur fond musical des cigales... un instant à part...

Et puis direction Rome, pour un deuxième texte tout aussi méconnu de moi,  une rencontre d'un homme et d'une femme autour d'un tournage, un hôtel près la Piazza Navona, et un récit qui nous emmène dans l'Antiquité l’histoire d’un amour impossible entre un conquérant romain et la reine de Samarie, qui devient sa prisonnière avant d'être renvoyée dans son pays.

Une belle soirée qui s'achève en musique :

 

lundi 24 juillet 2017

Driftwood Présence Pasteur #OFF17

CASUS Circus
Avec :Phoebe CARLSON, Natano FA'ANANA, Lachlan McAULAY, Kali RETALLACK, Jesse SCOTT
"Tel le bois flotté, nous dérivons le long du courant de la vie et sommes façonnés par les rencontres que nous faisons. Les histoires de nos proches, de nos ennemis ou celles d’inconnus nous guident et déterminent la personne que nous devenons."
Voici de quoi s’emparent joyeusement CASUS CIRCUS dans cette nouvelle création, explorant l’intime cheminement de chacun pour mieux mettre en lumière son besoin inné et vital de contact.
Les artistes se dévoilent et échangent. DRIFTWOOD est un spectacle qui a l’intimité d’un cabaret de curiosité.
Un lieu unique, la fumée d’un cigare, une petite lumière diffuse et des corps qui racontent avec poésie la rencontre entre des hommes, des femmes. Ne serions-nous là que pour admirer la beauté ?
Il faut jouer, partager, risquer ensemble.
Et comme toujours chez CASUS, leur chorégraphie acrobatique si particulière signe un voyage pétillant de rencontres, de regards cachés et de découvertes humoristiques.


Mon petit mot

Une petite pause cirque entre deux pièces?
Je n'avais pas vu KNEE DEEP dont j'avais entendu beaucoup de bien, et c'est grâce à une spectatrice très enthousiaste dans une file d'attente (le bouche à oreille est encore la meilleure publicité d'Avignon!) que nous nous sommes dirigées vers ce spectacle.

Des acrobates plus qu'impressionnants!
Au sol comme dans les airs, ils en mettent plein la vue!
A part un mini bémol pour le passage avec les cerceaux, tout le reste est un enchainement de morceaux de bravoure, on retient son souffle dans le public! 

Un petit aperçu

Adieu Monsieur Haffmann de Jean-Philippe Daguerre Théâtre Actuel #OFF17

Une pièce écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre

Avec
Pierre Vigneau : Gregori Baquet
Isabelle Vigneau : Julie Cavanna
Joseph Haffmann : Alexandre Bonstein
Otto Abetz : Franck Desmedt ou Jean-Philippe Daguerre
Suzanne Abetz : Charlotte Matzneff

Décors : Caroline Mexme - Musique : Hervé Haine - Lumières : Aurélien Amsellem
Costumes : Virginie Houdinière - Assistant à la mise en scène : Hervé Haine
Collaboration artistique : Laurence Pollet-Villard 

Paris - Mai 1942 : Le port de l’étoile jaune pour les Juifs est décrété. Au bord de la faillite, Joseph Haffmann, bijoutier juif, propose à son employé Pierre Vigneau de prendre la direction de sa boutique: “…J’aimerais que vous viviez ici avec votre épouse pendant les mois qui vont suivre en attendant que la situation redevienne normale… la bijouterie Haffmann et Fils deviendrait la bijouterie Vigneau… “
Sachant que Pierre doit également prendre le risque d’héberger clandestinement son “ancien” patron dans les murs de la boutique, il finit par accepter le marché de Joseph à condition que celui-ci accepte le sien : “Isabelle et moi voulons à tout prix avoir un enfant… après plusieurs tentatives infructueuses, nous avons fait des examens… je suis stérile… Monsieur Haffmann … J’aimerais que vous ayez des  rapports sexuels avec ma femme le temps qu’elle tombe enceinte …”


Mon petit mot

Encore une pièce sur la seconde guerre mondiale me direz-vous?
Mais encore une fois, un éclairage différent...

Un marché diabolique entre deux hommes et une femme, qui permet de soulever bon nombre de divergences d'opinion et de faire entendre différents points de vue sur cette période de l'occupation.
La mise en scène, très rythmée, le jeu efficace des acteurs, tout est réuni pour passer une bonne soirée!



dimanche 23 juillet 2017

Les larmes amères de Petra Van Kant #OFF17 2 galeries

de Rainer Werner Fassbinder , mis en scène par Fanny de Font-Réaulx, Louise Massin

Dans un huis clos où l'homme brille par son absence, six femmes se retrouvent autour de la passion désespérée de Petra pour Karine.
Modéliste réputée, Petra tisse autour de la jeune femme qu'elle emploie comme mannequin un rêve d'amour sans homme ni barrière de classe. Au réveil, tout un univers artistique fabriqué s'effondre. Ces femmes vous transportent dans l'ivresse d'une lutte pour l'amour et la vie ; le tout sous le regard incessant de Marlène, factotum dévoué et imperturbable de Petra. Une héroïne tragique. Des passions qui se déchaînent et se déchirent. Les masques tombent. Comment distinguer l'amour et la fureur de vivre ?


Artistes : Fanny de Font-Réaulx, Delphine Lanniel, Fleur Geffrier, Caroline Fouilhoux, Fannie Lineros, Flore Fitzgerald

Metteur en scène : Fanny de Font-Réaulx, Louise Massin
Pauline Baërd - Assistante mise en scène
Charlotte Levy - Régisseuse  Geoffrey Kuzman - Créateur Lumière   Grégoire Mauffrey - Créateur Musique  Suzanne Rault-Balet - Créatrice Vidéo

Mon petit mot

Ou comment le festival permet de découvrir enfin un texte que je n'avais jamais pris le temps de lire!

Multiple découvertes en fait, puisque ce fut aussi l'occasion de découvrir ces comédiennes, parmi lesquelles il y a des noms à retenir.

De beaux costumes, une scénographie plutôt efficace, pour mieux mettre en valeur les affres de la troublante héroïne.


Photos
https://www.facebook.com/LesLarmesAvignon2017/

" Le non de Klara" Soazig Aaron Théâtre Au Bout Là-bas #OFF17

Interprètes : Françoise Allouch,  Manon Allouch, (alternance avec Sylvie Gilles et Juliette Peytavin)
Adaptation du roman : Sylvie Gilles
Mise en lecture : Manon Allouch
Lumière et son : Cynthia Lhopitalier
Graphiste : Mathilde Glocheux
Voix off : Sylvie Prim, Philippe Glorennec

Sur le plateau,deux femmes juives allemandes, très unies avant la tragédie de l'Histoire, se retrouvent face à face dans un huis clos. Nous sommes le 29 juillet 1945 quand Angelika entreprend de rapporter par écrit les bribes de confidences de Klara, sa belle-sœur et amie, revenue après trois ans passés à Auschwitz et six mois d'errance. Soazik Aaron ne fait pas de Klara « une belle figure de victime » Klara a choisi le NON comme moyen de survie.
Avec ce personnage désinvolte, cynique, insolente, voire même antipathique, l’auteur bouleverse la figure de l'héroïne. Plus qu'un témoignage, ce roman questionne la probabilité d'une réhabilitation pour les personnes civiles rescapées.
 Soazig Aaron signe une œuvre magistrale dont le Théâtre Au Bout Là-bas tente d'extraire la quintessence, dans une adaptation où la lecture sobrement mise en scène, fait entendre une histoire, une parole, une écriture.
« Klara est comme les grands brûlés qui disent ne pas souffrir. »On sait que ceux-là vont mourir. Klara ne sent plus rien, atteinte au degré extrême. » S.Aaron



Mon petit mot 

Une lecture à deux comédiennes, quelques projections vidéos, un dispositif épuré pour mieux laisser planer les mots de Soazig Aaron .
Je ne connaissais, je l'avoue, ni le texte, ni l'auteure, et cette mise en voix permet de découvrir non seulement son écriture, mais aussi la force d'un message différent.
La révolte, la colère, comme carburant de vie, de survie.
La vie d'après.
La confrontation aux autres... l'incompréhension.

Une histoire et un personnage à découvrir, au théâtre, ou en lisant Soazig Aaron!




samedi 22 juillet 2017

Les petites reines #OFF17 Béliers

D’après le livre de Clémentine Beauvais
Mise en scène Justine Heynemann
assistée par Pauline Susini
Adaptation Justine Heynemann et Rachel Arditi
Avec Justine Bachelet, Barbara Bolotner, Manon Combes, Tiphaine Gentilleau, Mounir Margoum ou Sylvain Sounier

Mireille Laplanche a 16 ans.
Depuis trois ans, sur Facebook, elle est élue Boudin d’Or de son lycée de Bourg-en-Bresse.
Mais cette année, Ô déconvenue, elle est seulement Boudin de Bronze !
Elle part à la rencontre d’Hakima et Astrid, respectivement Boudin d’Argent et Boudin d’Or. Outre leur « être boudin », les trois jeunes filles s’aperçoivent qu’elles ont une nécessité commune: se trouver, le 14 juillet, à la Garden-Party de l’Elysée.
C’est à vélo qu’elles décident de rejoindre Paris et sa présidentielle pelouse, en vendant du boudin, sous la responsabilité du grand frère d’Hakima, vétéran de guerre en fauteuil roulant.

Commence alors pour la fine équipe un road-trip déjanté, jalonné de rencontres insensées, d’imprévus festins, de pluies battantes et d’émotions aussi fortes que leurs courbatures.



Mon petit mot

Je ne connaissais pas le roman, mais j'ai passé un excellent moment avec ces petites reines!
Un souffle de légèreté et de bonne humeur, cela fait du bien!

Et mine de rien, sous les rires, de quoi aborder des thèmes sensibles chez les ados, estime de soi, regard des autres, cellule familiale ou encore influence des réseaux sociaux et des médias.
A voir avec des ados pour libérer la parole sur ces sujets délicats , et à tout âge pour un joli moment de théâtre!


http://www.theatredesbeliers.com/Spectacle/les-petites-reines/


Provisoires de Mélanie Charvy Le cabestan #OFF17

Interprètes : Mohamed Belhadjine, Yasmine Boujjat, Aurore Bourgois Demachy, Tristan Bruemmer, Virginie Ruth Joseph, Clémentine Lamothe, Aurélien Pawloff
Metteure en scène : Mélanie Charvy
Assistante à la mise en scène : Millie Duyé
Créateur lumières : Tanguy Gauchet

« Y'a des gens qui sont dans la merde et je ne peux rien faire ! Ok ? Je ne peux rien faire pour eux ! La seule chose que je peux leur répondre c'est : « Revenez plus tard, il n'y a pas de place ! ». Mon travail c'est de leur dire qu'ils sont dans la merde et qu'ils vont y rester ! Tous les jours je dois leur répondre ça ! »
L’asile vu par les acteurs sociaux.
L’humain sur papier.
Amir et Leïla, deux jeunes marocains, débarquent en France et se retrouvent plongés dans les méandres du système administratif des demandeurs d’asile. Ministère, préfecture, acteurs sociaux, tous tentent de ne pas sombrer dans cette machine infernale et cauchemardesque.
Création de plateau, tirée de rencontres d'intervenants de France Terre d’Asile, RESF, l’ASSFAM, etc., Provisoire(s) apporte un autre regard sur l’immigration et plonge le spectateur dans une réalité dissimulée.



Mon petit mot 

Un point de vue différent sur les migrants, côté travailleurs sociaux, administration, professeure de FLE ou encore centre de rétention.

 Dans un rythme très soutenu, en incarnant chacun plusieurs personnages, les jeunes comédiens nous embarquent dans leur histoire dès l'installation dans la salle.
On découvre une réalité glaçante, mais le rire n'est pas oublié non plus. L'impuissance des uns, la révolte des autres, les rêves évanouis, les rencontres aussi.

un spectacle dont on sort pensif...loin de tout pathos, c'est efficace!


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